OBSERVATION XIV
(Vennin, Lyon médical, 1907.)
L..., soldat au 97° régiment d'infanterie, affirme n'avoir jamais été malade, n'avoir subi antérieurement aucun traumatisme. Il entre à l'hôpital le 18 janvier pour un traumatisme de la main droite. En se rendant, la nuit,aux cabinets, il fitla veille,une chute sur le bord cubital de la main fléchie.
A l'examen objectif, il présente, sous un tégument d’apparence normale, un empâtement modéré des parties molles, en même temps, qu'une saillie osseuse nettement appréciable à la vue et à la palpation. On constate de plus un léger degré de raccourcissement. Ni crépitation, ni mobilité anormale. La palpation profonde ne détermine qu'une douleur modérée et diffuse.
L'extension modérée n’a pu rendre au métacarpién ni sa forme ni sa longueur. Le quatrième jour, l’ecchymose n est pas encore apparue.
La radiographie permet de constater que le squelette est
normal à l'exception du cinquième métacarpien. Ce dernier os présente : 1° un trait de fracture transversale situé à la partie moyenne, sans déformation, ni engrènement ; 2° une virole d’os périostique englobant les deux fragments et donnant une ombre très accusée, par conséquent présentant une certaine densité.
Au lieu d’un traumatisme récent on trouve donc un processus ancien dont la nature reste à déterminer.
Rien dans les commémoratifs, dans le tableau clinique,
dans la radiographie ne semble révéler l'existence d’une inflammation ou bien d'une néoplasie osseuse. A-t-elle existé absolument latente ? Ou bien ne s'agit-il pas plutôt d’un accident ancien, antérieur à l’incorporation, dissimulé par le malade, et dont il cherche actuellement à tirer parti,
grâce à un traumatisme minime arrivé dans le service ?