PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Le pronostic des fractures des métatarsiens, est plus sérieux que ne l’ont cru jusqu’à présent les auteurs. Si nous nous en rapportons aux cas que nous avons observé, nous voyons que, après un long séjour à l’hôpital, et après une longue convalescence, le maladen’est pas toujours complètement guéri et qu'il ne peut supporter ni la marche prolongée, ni la fatigue sans voir aussitôt réapparaître douleur et gonflement. Il ne faut pas, néanmoins, étendre à tous les cas cette conclusion. Il faut d'abord se souvenir que des fractures méconnues ont pu donner un cal volumineux très gênant pour la marche, que dans les cas de fractures esquilleuses, le pronostic doit être réservé. S’ily a déplacement des fragments, la réduction peut-être impossible etamener une déformation du pied, telle que le port de bottines spéciales est nécessaire. Il faut savoir aussi, que même avec une fracture reconnue et bien traitée, un cal volumineux ou difforme peut entrainer des troubles fonctionnels plus ou moins importants. Pour reconnaitre si le malade est guéri, Schulte donne un signe qui nous paraît excellent : c’est de faire marcher le blessé
is
sur la pointe des pieds, s’il ne souffre pas il est complétement et parfaitement guéri,
Dans les cas où il y a simple rupture de quelques travées osseuses, la guérison est rapide et sans complications.
L’affection que nous venons d'étudier est, bien que peu grave en général, justiciable d'un traitement sérieux, étant données les déformations qui peuvent survenir. Nous ne ferons que citer le traitement indiqué dans les cas de fractures directes avec plaie, c’est celui de toute fracture du même genre : désinfection de la plaie, réduction des fragments avec incision ou résection à la pince coupante s’il est nécessaire. Pour maintenir les os en bonne position, on a proposé de faire la traction sur les orteils à l’aide de bandelettes de diachylon. Un pansement antiseptique, ouaté et légèrement compressif complètera le traitement.
Pour les fractures indirectes et sans plaie, c’est à
l’immobilisation qu’il faudra recourir. Contre le gonflement on appliquera un traitement résolutif, une
compression ouatée élastique. Au besoin, lorsque l’ædème aura disparu, on pourra placer le pied dans une semelle platrée, mais une simple gouttière en fil de fer ou en zinc, sera le plus souvent largement suffisante. Contre le déplacement possible ou existant des fragments, des tampons de ouate ou des compresses graduées suffiront amplement. On pourra placer un tampon dorsal et un DER: repoussant les fragments en sens inverse, |
Le massage précoce, les bains locaux, les douches, les applications de teinture d’iode, seront d’un bon effet lorsque le maladecommencera àmarcher, d’abord dans un appareil immobilisateur, puis le pied libre.
Au moment où nous publions cette étude, Monsieur le médecin inspecteur Kelsch, communique à l’Académie de Médecine, un travail de M. le médecin major de 1" classe Boisson répétiteur à l'Ecole du service de santé militaire et de M. le docteur Chapotot, sur le Pred forcé. Ils constatent une osteo periostite caractérisée par un épaississement modéré des diaphyses métatarsiennes et des fractures avec chevauchement variable de ces mêmes os. production d’un cal au bout de quelque temps. Ils se sont basés sur seize cas qui se sont présentés en septembre 1898, à l'Hôpital militaire Desgenettes chez des « éclopés » des 52° et 09° régiments d'infanterie. Le mécanisme invoqué est celui du levier du deuxième genre. Les lésions portent presque toutes sur le deuxième métatarsien.
Ces auteurs n’ont eu en vue que les lésions de la marche, ils ont neuf cas de fracture et sept d’entorses métatarsiennes. Leur symptomatologie est sembla-
ble à la nôtre. leur pronostic bénin. Voici d’ailleurs leurs conclusions :
Ce que l'on entend en pathologie militaire sous le nom de pied forcé répond à deux ordres de lésions, savoir :
1° Des fractures de la diaphyse des métatarsiéns, généralement du deuxième.
2° Des entorses des articulations métatarsiennes, plus particulièrement de celles du 2° et du >° métatarstens sur le tarse.
La marche seule dans les conditions où l’exécutent les soldats, c'est-à-dire d'une façon prolongée et avec la charge de l'équipement suffit pour les déterminer.
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