PRONOSTIC
Pendant longtemps on a considéré les fractures des métatarsiens comme étant d’un pronostic très bénin. Certains auteurs estiment que la guérison peut survenir même en l’absence de tout traitement, au bout de trois
à quatre semaines environ. « Un repos de quinze à vingt
jours, disent les classiques, permettra au cal de s’éta-
blir, et au malade de reprendre ses occupations. » Boisson et Chapotot disent dans leur mémoire, que la bénignité du pronostic se comprend facilement : il suffit de jeter les yeux sur des radiographies de fractures des métatarsiens pour voir que celles-ci sont rarement esquilleuses et toujours sans grand déplacement des fragments osseux ; dans ces conditions, les troubles fonctionnels qu’elles peuvent entraîner sont minimes.
Certes, il y a des cas, de simple rupture de quelques travées osseuses, par exemple, où la guérison est rapide et sans complications. Et dans les fractures des métatarsiens extrêmes, le pronostic est, en général, bénin, malgré la tendance à la récidive et la terminaison possible par une pseudarthrose.
Mais parfois le pronostic de ces fractures peut être
assez sérieux. En effet, il n’est pas rare qu'après un long séjour à l'hôpital et une longue convalescence, le malade ne soit pas complètement guéri ; il ne peut supporter ni la marche prolongée ni la fatigue sans voir aussitôt réapparaître la douleur et le gonflement du pied. Déjà Stechow avait signalé, dans ses observations, que quelques-uns de ses malades avaient dû être proposés pour la réforme; et Schulte nous fait savoir qu'un de ses malades dut également quitter le métier militaire parce qu’après cent vingt-quatre jours de traitement, il présentait, au dos du pied, une saillie osseuse de 3 centimètres de long,occasionnant de vives douleurs à la marche.
Sans toutefois généraliser cette conclusion, il est bon de se souvenir que des fractures méconnues ont pu donnér un cal volumineux très gènant pour la marche et qu'il faut réserver le pronostic dans les cas de fractures esquilleuses. S'il y a déplacement des fragments la réduction peut être impossible et amener une telle déformation du pied que le port de bottines spéciales est nécessaire et quelquefois la résection du cal doit être pratiquée. Il faut également savoir que même avec uné fracture reconnue et bien traitée, un cal volumineux ou difforme peut entraîner des troubles fonctionnels plus ou moins importants. Ce sont les parties molles de la plante du pied qui seront comprimées par un fragment osseux saillant provenant d’une mauvaise consolidation. Il en résultera la persistance, souvent très prolongée, de deux des symptômes principaux :
la douleur et l'œdème, lesquels peuvent condamner le