VI. — Complication des fractures fermées
11 ne faut pas oublier que « fractures compliquées » et « complications des fractures » ne sont pas synonymes. Classiquement, on appelle fractures compliquées les fractures ouvertes, parce qu'avant lantisepsie les fractures communiquant avec l’air extérieur étaient menacées de, complications infectieuses ; il est plus logique de les appeler maintenant fractures exposées.
. Une fracture fermée peut se transformer en frac-
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Lure ouverte, lors de traumatisme grave, par mortification secondaire de la peau; mais elle peut également suppurer tout en ne communiquant pas avec l’air extérieur (la suppuration s’établissant surtout par voie sanguine).
Il peut survenir des complications locales résultant du traumatisme concomitant : sur.les muscles,
les nerfs, les vaisseaux.
a) Complications musculaires. — On peut observer de l’atrophie, des spasmes, (favorisant les déplacements), et, ce qui est plus dangereux, l’interposition entre les abouts osseux d’un lambeau musculaire qui, plus tard, subit la transformation fibreuse s’opposant
à la réunion des fragments d’où pseudarthrose.
b) Complicalions nerveuses. — (e sont : les contusions du tronc nerveux par l’agent traumatique luimême ou un des fragments osseux, l’interposition du nerf et son inclusion dans le cal, d’où névrite
aseptique.
c) Complicalions vasculaires. — Elles sontirares.
Sur les artères, il faut signaler les contusions ou la section. Lorsqu'une artère importante a été ouverte par un fragment il en résulte un anévrysme diffus. Les compressions par un about ou une volumiieuse collection sanguine peuvent provoquer une throm-
bose oblitérante du vaisseau et une gangrène consé-
cutive à cette oblhtération (ne pas confondre ces gangrènes d’origine vasculaire avec la gangrène septique ou avec la gangrène mécanique par compression exagérée de l’appareil).
Sur les veines, il faut signaler la Ehrombose par endophlébite, Il peut en résulter une embolie, mais ceci est fort rare. Il peut exister également des embolies graisseuses. La graisse provenant de la moelle osseuse est mise en liberté par le traumatisme, pénètre dans les veines et est transportée jusque dans les capillaires du poumon. Mais elle ne se produit en général qu’en proportion infinitésimale et est éliminée par le rein.
A côté de ces formes légères et inoffensives, il faut signaler des cas moyens dans lesquels 1l y a un œdème limité et passager du poumon, avec légers infarctus, dyspnée brusque et progressive, et quelques quintes de toux. Dans les cas graves, la graisse étant accumulée en grande abondante dans le poumon, elle ne s’élimine point, et le malade succombe en quatre ou cinq jours, en hypothermie au milieu d’accidents
asphyxiques.
VII — Influence de l’état général sur la réparation des fractures.
L'état général du sujet a une influence considérable sur l’évolution du cal. Fujinami a très bien montré
l'influence de l’alimentation, En soumettant un triton à une nourriture abondante ou au jeûne, il y a formation ou résorption du cal.
L'influence de l’âge pourrait se ramener à une question de nutrition. Il est possible aussi que les propriétés spéciales du tissu conjonctif chez les jeunes jouent un grand rôle.
La proportion du Calcium et du Phosphore dans le régime et dans le sang est également très importante. Quand ce rapport est troublé il y a absence, retard, ou -anomaälie de la réparation. Petersen l’a montré chez le chien; en amenant des modifications du rapport phosphore-calcium du sang, il a empêché toute réparation des fractures qui, normalement, se soudent en un mois. #
Tout récemment, Ponnelle a montré l’action des matières grasses sur l'assimilation du ( alcium et du
Phosphore. (Il faut, dit-il, que dans la ration on trouve :
Phosphore ae 5) . Anhydride phosphorique calcium VOISIN de 1 2 et matières grasses
environ 1/8 ou 1/10 ». Kassowitz, du reste, dans la Revue de Méderine, n° 7, montre que : «...l’administration de doses élevées de phosphore produit des effets inflammatoires caractérisés par de la résorption des sels calcaires de la substance osseuse ».
Il ne faut pas non plus oublier l'influence de la lu-
mière, Percy avait, dit-on, remarqué que « au cours
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des guerres napoléoniennes, les fracturés hospitalisés dans les églises se consolidaient normalement quand ils étaient du côté ensoleillé et ne se consolidaient pas quand ils étaient du côté de l'ombre». L'action manifeste de l’héliothérapie sur la réparation des fractures a été notée depuis; elle produirait une forte hyperémie qui aide ainsi la formation du milieu ossifiable et la raréfaction osseuse.
Les glandes génitales ne paraissent pas avoir d'action . sur l’évolution osseuse. ( hez les animaux castrés, comme - du reste chez les eunuques, les fractures se réparent. normalement.
Il en est de même de toutes les autres glandes endo
crines (Marsiglia).