‹ Contribution à l'étude des fractures des phalanges chez le cheval et à leur traitementChapitre 14 sur 22 · I. — Etiologie et pathologie · texte numérisé non relu

I. — Etiologie et pathologie

Les causes générales que nous avons signalées dans le paragraphe précédent peuvent être retrouvées à l’origine des fractures des os du paturon; elles sont occasionnées à la fois par des causes externes et des causes internes.

Habituellement, ces accidents sont déterminés par des efforts violents, des sauts, des traumatismes variés, Mais dans certains Cas, 1l faut bien reconnaitre que

ces facteurs sont inexistants ou peu apparents. (Parmi

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ceux-là, citons celui d'Holocauste qui, en 1899, sur le Derby d’'Epsom, se fractura la première phalange droite à 400 mètres du but, sans avoir trébuché; et celui rapporté par Lafosse père, vers le milieu de l’avantdernier siècle, et relatif à un cheval qui chien que n'ayant fait aucun effort, se fractura en vingt parties l’os coronaire, sans que l'os de la noix, l’os du pied ni les tendons fussent endommagés »).

y'autres fois, la rupture osseuse s’est produite chez des animaux dont l'innervation régionale était supprimée temporairement ou définitivement, que les sujets aient subi la cocaïnisation des nerfs plantaires ou la névrotomie (Becker, etc...). Après celle-ci, l'accident n’est généralement pas immédiat, et il est possible d’en discuter les causes, outoutau moins lemoded’action

Pourtant cette question a également retenu Leriche et Policard.

… «© IT est curieux, disent-ils, de voir que la destruction de certains nerfs est rapidement suivie d’une décalcification intense, alors que celle d’un autre nerf ne donne rien et que la section expérimentale d’un certain nombre de troncs nerveux est sans action sur la formation d’un çal

‘« Le trouble osseux est bien plus marqué après la section du médian, du cubital, du sciatique poplité interne qu'après celle du radial ou du sciatique poplité

externe. ( omme il.est établi que ces trois nerfs, médian,

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cubital et sciatique poplité interne, sont des vecteurs de fibres sympathiques, il est permis de penser que c’est à la seule section de ces fibres et aux troubles vasomoteurs qui en résultent qu'est due la raréfaction osseuse constatée. » =

Ici encore, ce serait par des conditions circulatoires que l’on devrait expliquer la raréfaction de los après certaines névrotomies, notamment celle du médian, ce qui entraînerait une plus grande fragilité de los. Cela fait entrevoir les conséquences redoutables que peut avoir la névrotomie du médian chez le cheval, opération si familière aux praticiens vétérinaires.

À la suite de l’anesthésie plantaire, la relation de cause à effet n’est pas moins douteuse; des exemples remarquables ont été rapportés par différents auteurs (Coquot, Drouin, Cadéac, etc.).

(es observations ont d’ailleurs permis de préciser les indications de cette épreuvediagnostique etlesprécautions qu'elle nécessite (éviter les efforts violents, n’exercer les sujets qu'à une allure modérée, seulement pendant le temps nécessaire à l'observation clinique et autant que possible sur un sol meuble).

Mais quelle que soit la cause invoquée, 1l est toujours possible de remarquer qu’un nombre infime de chevaux ayant fait un effort, ou subi un traumatisme, ou soumis à l’anesthésie régionale, sont atteints, par la suite, de fractures des phalanges. On pèut donc sôuvçonner, à priori que d’autres factèurs interviennent.

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Dans la recherche de ceux-ci, plusieurs tendances 5e sont manifestées.

Certains ont pensé que des causes physiques jouent le principal rôle. C’est ainsi que le professeur Barrier disait ceci à la Société Centrale de Médecine Vétéripaire (1899) : « Vous remarquerez qu'il n’est pas nécessaire d’une très grande vitesse ou de très violents chocs locomoteurs pour déterminer la fracture. Celle-ci est presque toujours la conséquence d’un ralentissement brusque et, a fortiori d’un arrêt soudain du mouvement de translation de la masse, soit dans le sens vertical, soit dans le sens horizontal, voire simplement du mouverment d’un membre.

« Cet arrêt me paraît le plus ordinairement causé par le jeu insuffisant du mécanisme d’amortissement du boulet ou de l’articulation du sabot, lesquels doivent sé fermer d’une façon efficace au moment du choc locomoteur. Ici, comme au niveau de toutes les jointures, l’amortissement a pour effet de dériver de l'appareil osseux une partie de la quantité de mouvement sur les organes ligamenteux ou tendineux qui assujettissent les os, lesquels organes se distendent, se déforment et décomposent le mouvement pour le reporter, progressivement atténué, sur un autre point du squelette mais alors sans danger pour celui-ci.

.« L’insuffisance de l’amortissement se produit cha-

que fois que le cheval, surpris par quelque cause ins0-

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lite venant troubler le cours régulier de ses mouvements, se recoit mal sur le membre appelé à prendre le contact du sol. C'est d'ordinaire un défaut de flexion articulaire qui se manifeste, soit parce que l'animal contracte brusquement ses muscles sustentateurs, soit parce que l’une des jointures préalablement altérée, se trouve limitée dans son jeu.

« Dans ces conditions, les os s’entre-choquent de proche en proche, à la facon des wagons qu’un arrêt soudain du train jettent les uns sur les autres et qui se brisent, se télescopent lorsque les tampons amortisseurs sont impuissants à éteindre la quantité de mouvement. C’est ainsi que se produisent les contusions, des surfaces articulaires, lesquelles, se répétant, peuvent causer l’inflammation plus ou moins aiguë du tissu osseux et l’amoindrissement consécutif de sa résistance; ou bien alors, c’est la fracture immédiate qui survient tantôt sur l’os altéré, tantôt sur l’os absolument sain, quand la percussion locomotrice, ine‘ficacement amortie a été assez intense pour en surmonter d'emblée la résistance. »

Cette théorie est séduisante et 1l faut bien reconnaitre qu'elle devait satisfaire les praticiens instruits à une époque où la technique histologique n’avait pas encore atteint la perfection que nous lui connaissons aujourd’hui.

“out récemment, Galamez, dans sa thèse de doc-

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