TRAITEMENT DES FRACTURES DE LA PREMIÈRE ET DEUXIÈME PHALANGES
I — Historique.
Les fractures des membres sont accidents trop fréquents pour que les anciens vétérinaires ne les aient pas souvent observées. Et pourtant l'Antiquité ne nous a laissé que bien peu de chose les concernant. (.ela se conçoit d’ailleurs, car les connaissances anatomiques étaient trop vagues pour permettre des interventions d'ordre chirurgical comme la réduction des fractures.
Columelle, parlant des fractures des brebis, recommande d’entourer la région atteinte de bandages et d’attelles comme pour les hommes. D'ailleurs il n’avait probablement aucune expérience à ce sujet, et il paraît surtout s'être inspiré de (else qui venait de donner son traité de médecine.
ie même, Apsyrte entretient ses correspondants de Fapplication de bandages à la suite de fractures; mais là encore, nous ne trouvons aucun développe-
ment digne d’être rapporté.
Dubois 5
er (
Aüù Moyen-âge, et même plus tard, lignorance était trop grande pour que nous puissions espérer quelque renseignement intéressant de la part des auteurs de l’époque.
Chez les Arabes (d’après Moulé), il est souvent question des bandages, d’attelles ou éclisses pour consolider les fractures; mais nulle part il n’est question du manuel opératoire.
Plus près de nous, Markhan dit que, dans le cas de fracture des os, « le commun des maréchaux anglais ne savent que faire ou sont encore occup's à chercher des remèdes contre ce mal ». Il conseille de mettre le cheval dans un travail, de le soutenir avec un drap passé sous le ventre, de remettre les os en place, d'appliquer un bandage avec attelles et d’attendre la consolidation de la fracture qui sera complète au bout de quarante jours.
Les grands hippiâtres qui illustrèreut la médecine vétérinaire avant la fondation des icoles, connaissaient les fractures des membres du cheval et donnaient des conseils relativement éclairés. Solleysel cite deux cas qu’il a observés, chez un cheval. et chez un mulet « qui avaient la jambe cassée », que l’on traite en conséquence, et qui ensuite fournirent un service pendant plusieurs années. Garsault est encore plus précis. « Pour la cure de cet accident, dit-il, il
y a deux intentions à remplir, dont la première est
set (y
de remettre l'os à sa place, et la seconde de l'y maintenir jusqu’à ce que le calus provenant du suc de Vos se soit endurci et ossifié de façon que par son moyen les deux parties de l'os cassé soient rejointes sohdement ensemble ». Et il décrit la technique pour faire l'extension, la contre-extension et l’application d'un pansement avec des compresses, des bandes et des éclisses de bois.
A partir de la fondation des Ecoles Vétérinaires, de multiples recherches furent entreprises dans l’espoir de trouver "n traitement rationnel des fractures chez les animaux.
Ces travaux, étayés par de solides connaissances anatomiques ont été commencés par Bourgelat luimême, et continués par les vétérinaires des autres générations. Ils furent toujours conduits dans un 2sprit scientifique mais, comme nous le verrons plus loin, on ne peut dire que les méthodes imaginées aient
toujours donné satisfaction.