‹ Contribution à l'étude des fractures des phalanges chez le cheval et à leur traitementChapitre 8 sur 22 · I. — Anatomie pathologique · texte numérisé non relu

I. — Anatomie pathologique

Les fractures peuvent être incomplèles (courbures, inflexions, fêlures, enfoncements, sillons, gouttières perforations) ou complèles. Les secondes seules retiendront notre attention.

En ce qui concerne leurs caractères macroscopiques, ces lésions sont extrêmement variées. Klles peuvent être simples, s’il n’existe qu’un trait de fracture et deux fragments seulement; doubles, triples, quadruples, si l’os est brisé en trois, quatre ou cinq fragments; comminulives quand l’os est rompu en de multiples, morceaux. On donne alors à ces pièces osseuses le nom -d’esquilles lorsqu'elles ne comprennent pas toute l’épaisseur et toute la largeur de l'os.

Les fractures sont dites closes, lorsqu'il n'y a pas de

solution de continuité des tissus mous entourant le

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foyer traumatique et exposées lorsqu'elles communiquent avec l'air extérieur, d’où complications infec-

tieuses possibles.

Considérées au point de vue de leur siège, elles peuvent être distinguées en diaphysaires, épiphysaires ou intra-arliculaires. Enfin, selon la direction et la forme de la surface de rupture on reconnaît des fractures transversales, obliques et longiludinales, et d'autre part. elles peuvent être dentelées, en bec de flâte, en coin, en bec de plume, en V.

Après la rupture, les fragments osseux occupent une position variable entre eux. Ils peuvent rester en contact sans chevauchement prononcé; mais le plus souvent leurs rapports réciproques sont modifiés : 19 suivant la direclion, les fragments se disposant alors angulairement; 2° suivant l'épaisseur, les abouts ne se répondant que par une partie de leur surface; 30 suivant la circonférence, l’un des fragments exécu- tant par rapport à l’autre, un mouvement de rotation; 49 suivant la longueur, soit que les deux bouts osseux se chevauchent ou se pénètrent mutuellement (enfoncements). |

Il est évident que si la fracture est double ou triple, chaque fragment peut également se déplacer, suivant

la direction, l'épaisseur, la circonférence ou la longueur.

1O II. — Etiologie.

Ces accidents peuvent reconnaître des causes pré-

disposantes et des causes efficientes.

a) Causes prédisposantes. — Parmi elles 1l faut citer la situation des os, leurs fonctions, le genre de service des animaux et certains états pathologiques anté- ‘rieurs du tissu osseux.

Depuis longtemps on à remarqué que les os placés immédiatement sous la peau sont plus souvent lésés que d’autres situés plus profondément. De même les ruptures sont plus fréquentes au niveau des membres et en particulier sur les rayons inférieurs qu’en tout autre point. D’après Barthe (cité par Cadiot et Almy) dans l’ensemble des fractures chez le cheval, 60 Sont leur siège au niveau des membres. Quant au service, les chevaux de gros trait, surtout les limoniers, sont particulièrement exposés. De même les chevaux de vitesse (chevaux de course, chevaux de l’armée) ofrent souvent des exemples de fractures des membres. Au contraire, les animaux de luxe sont rarement atteints.

A côté de ces causes, dont on ne peut nier l'influence, il en est d’autres cependant dont l’action est beaucoup plus importante. Nous voulons parler des lésions an-

térièeures du tissu osseux. Parmi elles, l’ostéomalacie

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est connue de vieille date depuis les travaux de Paul Bouley; c’est probablement la moins fréquente, tout au moins dans nos régions. Bien plus souvent, on a incriminé l’ostéite, évoluant par exemple à la suite d’un traumatisme, On ne compte plus les fractures survenues trois semaines Où un mois après un coup de pied qui avait paru d’abord peu grave. Enfin, depuis les recherches de Joly et de ses élèves on sait l'importance capitale du trouble de nutrition que l’on a appelé ostéite de fatigue, puis ostéitisme, ostéisme. Tout récemment encore { oudere soulignait l'influence de la diathèse ostéitique, des lésions dégénératrices de l’ostéisme aboutissant à l’ostéite raréfiante, de l’ostéite aseptique d’origine alimentaire due à I4 carence calcique, dans la production non seulement des exos-

toses., mais encore des fractures chez le cheval de course.

b) Causes efficientes. — Elles peuvent être externes ou internes, directes ou indirectes. Elles sont directes quand la fracture se manifeste au lieu même où l’action de la force s’est fait sentir. ( hez nos animaux ce sont des heurts, des chocs, des contusions, des coups de pied de cheval, des blessures par projectiles de toutes sortes, des allures trop vives, des foulées trop violentes comme cela se produit après anesthésie des nerfs plantaires ou névrotomie. Au contraire, les causes

indirectes agissent à distance, par une sorte de contre-

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coup. Enfin, les causes internes se résument habituellement dans une contraction musculaire d’une extrême violence, se produisant soit au cours des violents efforts de tirage, soit encore pendant la contention des

animaux en position décubitale.

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