III. — Symptomatologie
Les symptômes qui accompagnent les fractures
complètes sont généralement faciles à percevoir
a) Signes physiques. — Ce sont : la déformation, la mobilité et la crépitation osseuse.
La déformalion est la conséquence de divers phénomènes qui se produisent au niveau de la lésion. Elle résulte à la fois du déplacement des abouts osseux, de l’épanchement sanguin, et de l’inflammation qui se développe rapidement dans ce territoire.
La mobilité anormale est parfois très apparente, notamment lorsque la fracture a son siège sur les rayons inférieurs des membres. *u contraire, quand l'os atteint est entouré d’épaisses masses musculaires, on ne peut reconnaître la rupture qu’en procédant de la facon suivante
«L'une des mains étant appliquée au-dessus du point où l’on présume que la fracture a pu se produire, et
l’autre en-dessous, le chirurgien imprime aux parties
qu'il à saisies des mouvements en sens inverse, et si la continuité de l'os est réellement rompue, il peut en faire jouer les fragments l’un sur l’autre » (Bouley). . La crépilalion osseuse est une sorte de craquement déterminé par le frottement des abouts cassés l’un contre lPautre. (e bruit, parfois nettement perceptible, ne peut être découvert, dans certains cas, qu’en appliquant la main sur la région atteinte pendant que l’autre main ou un aide mobilise doucement l’un des fragments osseux. Il faut savoir distinguer la crépitation osseuse, à sensation dure et sèche, de la crépitation emphysémateuse, avec bulles gazeuses s’écrasant sous le doigt, de la crépitation sanguine, à timbre plus humide, et de la crépitation amidonnée comparable à l’'écrasement de neige, observée lors de synovite concomitante dans les gaines articulaires ou tendineuses
voisines.
b) Signes rationnels. — (e sont : la douleur et l’impolence fonclionnelle des organes lésés. La première est toujours très vive au début et se trouve exagérée par les oscillations des abouts fracturés; elle s’atténue progressivement.
Quant à la seconde, elle est généralement très apparente et d'autant plus marquée qu’il s’agit de fractures diaphysaires.
Lorsque la lésion siège sur un membre, elle se tra-
duit par une boiterie très intense, ou plutôt par limpo -
sibilité de l'appui.