Par les amarres des cartilages latéraux
Il est au contraire assez mobilisable sur l'articulation spino-chondrale et en avant entre les branches internes des cartilages de l’aile du nez.
Si le sillon voméfrien et les amarres latérales résistent, il se fait : :
19 Une fracture selon une ligne légèrement oblique allant de l'extrémité inférieure des attaches des cartilages latéraux, à l'extrémité antérieure du sillon vomérien ;
20 Une luxation du bord antéro-inférieur :
a) Sur l’épine nasale ;
b) Sur la branche interne du cartilage alaire de la narine opposée au trauma, dont il chevauche le bord supérieur en faisant saillie au-dessus de lui sous la muqueuse du vestibule narinaire correspondant et entraînant dans le même sens la sous-cloison (fig. 8, obs. 2).
En effet, si on trace une incision dans la narine correspondant à la plicature, incision parallèle à cette plicature et au-dessus de la sous-cloison, on parvient à décoller la muqueuse du même côté et en passant sous le bord inférieur saillant dans la narine opposée du cartilage, la muqueuse du côté opposé, et on isole un fragment cartilagineux que le couteau de Ballenger sectionne facilement, et qui a la forme ci-contre (fig. 8, obs. 3).
On constate alors qu'il n’y a pas chevauchement du cartilage restant sur le vomer, mais que le fragment antérieur avait pivoté sur l’épine nasale par son extrémité postérieure, et s'était couché transversalement sur la sous-cloison par sa face narinaire, tandis que son bord antéro-inférieur regardait en dehors, soulevant la muqueuse de l’autre côté, et entraînant par ce fait même la sous-cloison, de sorte que la saillie de la plicature dans la narine correspondante était due, non à une crête de cartilage développée vers cette narine, mais au déplacement vers l’aile opposée de la souscloison. D'ailleurs, accentuant la saillie de la plicature cartilagineuse, une épine osseuse irrégulière se développe au niveau de l'articulation spino-chondrale luxée.
En somme, il faut dans les fractures du cartilage quadrangulaire schématiser deux types (fig. 9) :
1. Le cartilage latéral cède : il se produit une fracture verticale allant du bord inférieur de l’os nasal à l’épine nasale. Il y a en même temps diatasis de l'articulation chondro-nasale de l'os propre et du cartilage ou fracture marginale de los propre.
LEON) a b, attaches supérieure et inférieure du cartilage triangulaire. a c, fracture verticale.
b c, fracture parallèle à la sous-cloison.
2. Le cartilage latéral ne cède pas : il se produit une fracture parallèle à la sous-cloison, allant du bord inférieur du cartilage latéral à l’épine.
2. La fracture horizontale considérée comme plus Îfréquente par Zuckerkand! est tenue pour très rare par Jacques et Sollier ; elle est, en réalité, oblique en baset en avant, le trait s'étendant de l’épine nasale à la lame perpendiculire parallèlement au bord vomérien et à un ou deux millimètres. Le fragment supérieur se luxe le plus souvent sur l’inférieur, et Jacques et Sollier considèrent ces cas comme des fractures marginales accompagnant une luxation plus ou moins complète de la cloison sur le vomer.
3. Sieur et Jacob rapportèrent un cas avec deux traits de fracture parallèles, l’un à l'articulation ethmoïdo-chondrale, l’autre à l'articulation chondro-vomérienne.
Quoi qu’il en soit, ou bien la muqueuse se déchire : epistaxis ou bien elle ne cède pas : hémalome en bissae, le sang du trait-de fracture s’épanchant dans la zone décollable : c’est la fracture compliquée de Jarjavay.
2% La luxalion du cartilage quadrangulaire sur le vomer (üg. 7).
C'est une disjonction chondro-vomérienne avec luxation . du cartilage sur le vomer sans disjonction chondro-ethmoïdale : c’est la fracture de Jarjavay, qui l’a décrite le premier et a montré qu’elle s’accompagnait de rupture des adhérences fibreuses unissant les cartilages latéraux, au bord inférieur des os nasaux. Ces cartilages sont, en effet, entraînés avec le dos du nez dont ils sont solidaires, dans sa chute vers le plancher nasal. %
Cette même lésion est décrite et étudiée par Mollière (1888) comme une luxation ou disjonction de la symphyse chondro-vomérienne, et il en reproduit la déformation typique sur le cadavre, soit en donnant un coup sur le nez, soit mieux en pénétrant sur une tête coupée ras l’atlas par la partie postérieure des fosses nasales, séparant au bistouri le vomer du cartilage, et tirant sur la cloison d’avant en arrière. Cette expérience est reprise par Chevallet qui obtient une « dépression continue sur le dos de l’organe, allant des os propres.à la pointe du nez, avec un sillon plus accentué au-dessus du lobule, juste au point qui sépare les cartilages latéraux des cartilages des ailes ». L’étage du lobule est, en effet, intact dans cette lésion. Cette luxation ne s’accompagne, en général, d'aucun hématome et Jarjavay l’appelle pour cette raison fracture simple, tandis que la fracture de Chevallet qui s'accompagne d’hématome est pour lui la fracture compliquée.
On a beaucoup discuté pour savoir quel terme convient le mieux à cette lésion : fracture, luxation ? Ceci nous semble avoir peu d'intérêt, et là, comme ailleurs, il est logique d’être éclectique et d'admettre pour les mêmes effets cliniques :
a) Des fractures horizontales de Zuckerkandl, intéressant le cartilage quadrangulaire parallèlement au bord vomérien.
ie
b) Des luxations pures telles que Mollière les a reproduites expérimentalement.
c) Des luxations avec fracture marginale des cartilages de Jacques et Sollier.
d) Les luxations avec fracture des lèvres vomériennes que Sieur et Jacob considèrent comme devant accompagner nécessairement la luxation.
Quelles sont les conditions qui président au déterminisme de ces lésions ? Quand aurons-nous la lésion type Chevallet ou la lésion type Jarjavay-Mollière ?
Sollier a très judicieusement montré dans sa thèse (fig. 7) l'importance prépondérante, d’une part des courbures des cartilages quadrangulaires, d’autre part des rapports voméro-chondraux, préexistant au trauma. Il est facile de comprendre que la plicature ou la courbure du cartilage prédispose à sa rupture, qu’au contraire, un cartilage plan, épais, obliquement uni au vomer, dont une lèvre est déficiente, prédispose à la luxation, d'autant plus que le trauma présente lui-même une légère obliquité dans le sens latéral, dans le plan même du cartilage.