III. — Traumatismes très violents
Ils provoquent :
A.— Soit de véritables écrasements naso-faciaux quiécha ppent à toute description, en raison de la multiplicité des traits, du grand nombre des fragments (cas de Marchetti, où les seuls os propres étaient réduits à une quantité innombrable de petites aiguilles, grosses comme des grains de millet) et s’accompagnent de délabrements considérables des parties molles.
B. — Soit des lésions plus systématisées de tout le massif facial supérieur ou mâchoire supérieure des anatomistes chirurgicaux qui, en effet, divisent la face en deux mâchoires :
L'inférieure qui ne comprend que le maxillaire inférieur.
La supérieure qui forme une masse unique dans laquelle entrent « avec les deux maxillaires supérieurs, les apophyses ptérygoïdes du spénoïde, les masses latérales et la lame perpendiculaire de l’ethmoïde et tous les petits os de la face :
Æ - — 35 — palatins, malaires, unguis, os du nez, cornets inférieurs et vomer » (Lenormant).
massif séparé du crâne et du malaire, pièce accessoire qui l’y rattache, a la forme d’une maisonnette avec (HoslONE Un soubassement solide : le bord alvéolaire, la base canine, les massifs incisifs et l'épine nasale.
Fig. 10, montrant une coupe du massif facial réparé du crâne 4 et du malaire.
Un toit avec : un faîte, la lame criblée et la face supérieure des masses latérales de l’ethmoïde, et deux versants : unguis et os planum et plancher de l’orbite.
Elle ne contient qu’un rez-de-chaussée, divisé en deux appartements par une cloison : les fosses nasales, communiquant latéralement avec deux chambres mansardées : les sinus maxillaires ; et tandis que par le plafond, l’appartement est directement en rapport avec la cavité crânienne et les sinus frontaux, le plancher répond au sous-sol : la cavité buccale.
Il est évident qu’un traumatisme violent appliqué sur la pyramide nasale et surtout en son point le plus résistant : la racine du nez, partie supérieure des os propres, s'il ne s’épuise pas sur la voûte nasale, se propagera :
Soit vers le toit (lame criblée, fracture de l'étage antérieur de la base du crâne) ;
Soit vers les parties latérales (corps du maxillaire supérieur) ;
Soit vers les sous-sols (voûte palatine) ;
Et ceci en vertu de deux mécanismes : irradiation du trait de fracture vers les points faibles, et contre-coup.
ln AVers leo
a) Fraclures du sinus frontal.
Elles sont généralement concomittantes, provoquées par le traumatisme qui a fracturé la racine du nez, car Hamilton a montré qu’il fallait pour fracturer les os propres, à leur tiers supérieur autant de force que pour fracturer le frontal. On observe le plus souvent l’enfoncement de la table externe ; exceptionnellement la table interne est aussi lésée.
b) Fracture de la lame criblée.
Elle est rare, niée absolument par Hamilton, qui ne l’a jamais observée, ni sur le vivant, ni dans ses expériences cadavériques. Il faut bien remarquer que la lame criblée, toute fragile qu’elle soit, se défend d’une part, grâce à sa situation très profonde : il faut à une fracture longitudinale de l’os propre pour s’y propager, traverser d’abord le frontal dans sa partie la plus épaisse et la plus large ; d’autre part, grâce à son élasticité et à la fragilité bien plus grande de la lame perpendiculaire sur laquelle le trauma s’épuise en la brisant comme verre, avant d’avoir atteint la lame criblée. Néanmoins, Nélaton en a rapporté deux exemples. Félizet a insisté sur la fragilité pour l’étage antérieur de la base de l’irradiation des traits de fracture. Enfin, plus récemment, la guerre a permis au Professeur Gherardo Ferreri d’en observer plusieurs cas au cours de grands traumas : de la racine du nez, avec, dans certains cas, prolongation du trait de fracture de la lame criblée en arrière, au-delà de la selle turcique qu'il contourne. Dans de rares cas, il cite des fractures des os nasaux et de la lame criblée, par contrecoup, à la suite d’une chute violente sur l’occiput, par l’intermédiaire d’une fracture antéro-postérieure paramédiane de Quénu : trait contournant le trou occipital, respectant