‹ Contribution à l'Étude des Fractures du NezChapitre 42 sur 56 · C. — Tardives · texte numérisé non relu

C. — Tardives

19 Esthéliques

Une fracture du nez avec déformation se consolide rapidement, même en malposition. Elles se réunissent, dit Malgaigne, «comme par première intention, sans interposition de cal cartilagineux ». Duchange, avec tous les auteurs, insistent sur la rapidité de consolidation des fractures du nez et la nécessité d’agir rapidement si l’on veut éviter la déformation; «nous pensons, dit-il, que la réparation osseuse est particulière, parce que l’histogénèse des os propres est particulière. À savoir : les os nasaux se forment non aux dépens de moules cartilagineux qui s’ossifient, mais se forment de substance conjonctive et à côté de moules cartilagineux

qui les soutiennent. Ce qui ajoute à la facilité de réparation des os nasäux, c’est qu'ils sont très minces et que le périoste des deux faces de leurs lamelles comble facilement la fracture et sous l’irritation des épines osseuses, prolifère d’autant plus vite. Aussi en cinq à dix jours, une fracture du nez est consolidée ».

Claude Martin à montré que la déformation pouvait s’accentuer on survenir secondairement par suite de rétractions cicatricielles, cutanées ou muqueuses (brides, synéchies, rétractiles).

D'où les deux corollaires thérapeutiques :

Réduction précoce ; Surveillance consécutive.

2 Fonctionnelles :

Les déformations, outre le préjudice moral qu’elles entraînent pour l'individu porteur d’un nez difforme, provoquent des modifications de la statique des fosses nasales dont les conséquences fonctionnelles d’ordre mécanique ou nerveux réflexe sont souvent beaucoup plus graves dans les malformations acquises que dans les malformations congénitales, toutes choses égales d’ailleurs, de l’endo-nez. Ceci s'explique aisément pour deux raisons :

a). Dans la malformation congénitale, l’organisme s’est adapté aux conditions particulières anatomo-physiologiques offertes par les fosses nasales mal formées, et a modifié son développement selon les possibilités fonctionnelles de l’organe frappé d’anomalie. Ainsi, une fracture du nez survenant chez l’enfant entraîne des perturbations dans le développement, soumises aux mêmes lois. Chez l’adulte, l’organisme subit le brusque contre-coup de l'insuffisance fonctionnelle instantanée de l’organe déficient, et les conséquences de l’obstruction nasale, les troubles respiratoires post-traumatiques (Sieur), peuvent revêtir l’allure d’un syndrôme pseudo-tuberculeux alarmant.

a) Les troubles nerveux réflexes dus à l’épine irritative (éperon, crête de cloison traumatiques) se voient amplifier du fait de leur origine traumatique (sinistrose ?) hyper-sensibilité de la pituitaire et du nez : coryza chronique, névralgies, sinusalgie frontale, hémicrânie ophtalmique, troubles de la vue, aproséxie, crises épileptoïdes, asthme ré-

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flexe, anomalies olfactives (anosmie définitive par section ou arrachement des filets olfactifs, ou curable par obstruction mécanique de la fente olfactive, ou réflexe, parosmies, pollutions nocturnes), constituent les séquelles possibles des fractures du nez, qu'un traitement précoce et bien conduit eût évitées à coup sûr.

30 Signalons, à titre de complication tardive, rare : la possibilité d’une hernie cérébrale à travers le labyrinthe ethmoïdal disloqué, ou pseudo-méningocèle cérébrale, après chute d’un fragment (G. Ferreri).

49 Enfin, dans les fractures irradiées au massif facial supérieur : névralgies faciales, hémiatrophie de la face, quand la fracture survient chez des enfants n'ayant pas atteint leur complet développement (Panas); à longue échéance il peut se produire une atrophie osseuse. du côté lésé par action réflexe ou déséquilibre physiologique avec perte de toutes les dents dévitalisées (Duchange). Plus rarement peut se déclarer (K. de Hippelsheim, 1854) une anesthséie de la zone sous-orbitaire (œil, partie du nez et lèvre supérieure) par atrophie nerveuse se manifestant deux ans après. Il peut enfin persister des points jugaux hypersensibles par cicatrice vicieuse ou irritation de contact, et des névralgies dentaires réflexes par lésion chronique pulpaire (Inglis).

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