‹ Contribution à l'Étude des Fractures et Luxations Simultanées de la ClaviculeChapitre 16 sur 22 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

MORESTIN.

Le malade dont il s’agit est un cordonnier de 25 ans, entré, le S février 1900, à l'Hôpital Saint-Louis.

|| SA tÉEN DE A Te

Au commencement de novembre, il est tombé dans la rue en glissant. L'épaule droite a heurté contre le pavé, c’est la partie pos'érieure du moignon qui à subi le choc.

Une douleur très vive, un gonflement très rapide et l'impossibilité de mouvoir le membre alteint furent les conséquences immédiates de l'accident. Le malade fut soigné pour une forte contusion, on lui mit une écharpe, et quelques compresses dites résolutives cohstituèrent le traitement local. La douleur, sans disparaître complètement, s'atténua vite, la tuméfaction subit une régression parallèle et bientôt le bras put récupérer la plupart de ses mouvements. Toutefois, le retour des fonctions a été incomplet.

Si les mouvements de projection en avant eten arrière d’adduction et de rotation s’exécutent dans des conditions normales, l’adduction est limitée, l'élévation du moignon de l'épaule l’est encore davantage et le malade doit renoncer à mettre la main sur ou derrière sa tête.

D'ailleurs, ces dernières tentatives ne vont point sans déterminer, sinon de vives souffrances, du moins une gène très pénible, si bien que spontanément le jeune homme se déclare préparé d'avance à toute opération qui pourrait lui rendre le libre usage de son membre.

L'examen de la région malade fait découvrir immédiatement une saillie anormale au-dessus de l’épine de l’omoplate, à un travers de doigt en arrière de la base de l’acromion. Au niveau, les téguments soulevés sont sains. La palpation montre que cette saillie est formée ‘par une extrémité osseuse qui parait superficielle.

On peut facilement établir qu'il s'agit de la clavicule déplacée, car. on suit aisément cet os jusqu'à cette saillie qui, d’ailleurs, se déplace avec lui et l’on sent en dedans de l’acromion une dépressibilité anormale au point où la clavicule peut former dans l’état sain un plan très résistant. La mensuration donne pour la clavicule déplacée la même longueur que pour celle du côté gauche. Le diagnostic de luxation sus-épineuse de la elavicule fut donc adopté sans discussion. La lésion datant de trois mois, on pouvait, a priori, penser que la réduction serait difficile.

Et, en effet, la clavicule avait bien conservé quelque mobilité, mais la pression, même forte et prolongée, était impuissante à lui rendre sa direction et ses connexions primitives. L’os se laissait refouler

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