CHAPITRE VI
Diagnostic
Nous voyons done que la constatalion des signes positifs de fracture de l’astragale (mobilité, crépitalion, trait de fracture) est des plus difficiles, pour ne pas dire impossible, el ne peut être perçue que dans quelques cas très particuliers. Aussi le diagnostic a-t-il été rarement fait d'une . manière précise, sans le secours de la radiographie.
Les affections avec lesquelles on pourra confondre une fracture simple de l'astragale sans déplacement sont: les fractures malléolaires, les fractures du calcanéum,les enlorses graves.
Mêmes commémoralifs dans tous les cas : chute avec torsion du pied, marche el station debout impossibles.
Mêmes signes fonctionnels : gonflement etecchymoses.
Quant aux signes physiques, nous venons de voir dans quelles mesures ils pouvaient nousrenseigner.
Le diagnostic ne pourra donc être posé que par exclusion ; l’absence de mobilité anormale et de douleur à la palpation isolée des deux malléoles fera rejeter les fractures malléolaires ; la fracture par écrasement du calcanéum aurait, pour elle, l'élargissement de l'os, la douleur nettement perceplible à la pression, l’abaissement des mal-
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léoles, l'effacement de la voûte plantaire et une légère déviation du pied en valgus.
Mais, et c’est de beaucoup le cas le plus fréquent, si une de cesaffections coexisle avec la fracture astragalienne, on conçoit qu'il devienne absolument impossible de diagnosquer celle-ci sans le secours de la radiographie.
Deuxsignes seulement permettraient de la soupçonner : la douleur à la pression au niveau du col ou de la partie antérieure de la trochlée,qui doit être systématiquement recherchée et bien différenciée de la douleur due à l'arrachement des ligaments libio-péroniers antérieurs; et l'existence des phlyctènes au niveau de l’astragale.
Mais quelle valeur diagnostique peut-on attribuer, d'une manière générale, à la présence des phlyctènes?
Caassargnacet MALGAIGNE y altachaient une grande importance; Gosserin (1) cite un malade atteint de fracture de jambe par cause indirecte avec épanchement considérable. Ce malade présente de grosses phlyctènes. « Que faut-il penser,dit-il,des phlyctènes et de l'influence qu’elles peuvent avoir sur la marche et la maladie ? Par elles-mêmes elles n’indiquent rien de mauvais; elles sont dues à une modification singulière de la nutrition qui survient aussi consécutivement aux ébranlements traumatiques. Plus fréquentes peut-être quand la fracture est de cause directe, elles surviennent aussi après l'intervention des causes indirectes. Elles accompagnent beaucoup plus fréquemment les fractures de jambe que celles des autres parties du corps. »
Brurarp(2), qui a étudié la pathogenie et la séméiologie
(1) Gosseui, Clinique chirurgicale de l'Hôpital de la Charité, t. I. (2) Brucarp. Th. Paris, 1882,
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