‹ Contribution à l'étude des fractures spontanéesChapitre 10 sur 40 · RE AE · texte numérisé non relu

RE AE

En conclusion, cette clavicule, desséchée à l’étuve, renfermait :

24,3 0/0 d'acide phosphorique anhydre et 53,1 0/0 de phosphate tribasique de chaux.

Nous avons raisonné comme si tous les phosphates se trouvaient à l’état de phosphate tribasique de chaux dans l'os; en réalité, une quanüité, très minime d’ailleurs, d’acide phosphorique est unie au magnésium. Berzélius donne les chiffres suivants :

Os humain débarrassé du périoste et de la graisse : Phosphate de chaux basique avec un peu de Hinorutrerde CalciutAi NME AE RE DER O7DE Phosphate de magnésium (tribasique). . . . 1.16 0/0.

Il en résulte que notre chiffre de phosphate de chaux précédemment indiqué : 53.4 0/0 est un peu trop fort, d’une facon absolue, mais, nous le répétons, ce chiffre n’a de valeur que comparativement à ceux que

- nous donnons pour différents os traités exactement de la même facon.

(Ces recherches ont été faites à la Charité, dans le laboratoire de M. Drouin, chef des travaux chimiques de la clinique médicale; nous avons souvent eu recours à son inépuisable complaisance).

Examen histologique. — Un fragment du métacarpien a été passé à l'eau et brossé pour être étudié à l’état sec: une autre portion a été décalcifiée par l'acide picrique saturé.

a) L’os sec, coupé en tranches minces, a été usé à la meule et examiné à un faible grossissement. Nous avions choisi le métacarpien pour pouvoir comparer la coupe transversale à celle du métacarpien normal figurée dans Le traité technique de M. Ranvier ef empruntée à Kolliker. Nous avons ainsi constaté que l’épaisseur de la tranche de tissu compact est moins grande que sur le métacarpien normal,n'en représentant que les deux tiers. Get amincissement porte surtout sur la portion située au voisinage du canal médullaire ; à ce niveau le système des lamelles périmédullaires a disparu presque complètement et, par places, des canaux de Havers irrégulièrement dilatés s’ouvrent dans le canal central. Le système des lamelles périphériques est également moins épais et moins régulier, néanmoins il persiste en grande partie. Les canaux de Havers sont manifestement dilatés ; cela est surtout vrai pour ceux qui sont les plus rapprochés du canal médullaire ; à mesure qu’on s'éloigne du centre et qu'on se porte vers la face périostique de l'os, les canaux de Havers reprennent leur calibre normal. Nous avons essayé de colorer cette coupe d'os sec au picrocarminate d’ammoniaque ; aucune partie de la coupe n’a pris la coloration. On sait que dans le tabes, M. Blanchard a montré que la zone de tissu osseux entourant les canaux de Havers, au voisinage du canal médullaire, prend la coloration, par suite de décalcification avancée.

b) Coupes transversales décalcifiées à l'acide picrique. — Ces coupes ont été colorées au picrocarminate d’ammoniaque. On y retrouve la même dilatation des canaux de Havers. Ceux-ci sont remplis d’hématies; on

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y voit quelques leucocytes (médullocelles de Robin) et quelques cellules plus volumineuses (érythroblastes)? La substance intermédiaire est d’aspect normal. Les cellules osseuses sont bien colorées, le noyau particulièrement. Par places on constate quelques cellules en dégénérescence graisseuse, nous pensons que ce sont là des lésions cadavériques, car la plupart des cellules sont normales : une telle lésion cellulaire serait en rapport avec des altérations profondes de tout le tissu : or les faits que nous avons notés indiquent au contraire des lésions au début.

c) Examen des cellules par le procédé de M. Zachariadès. — On sait que ce procédé consiste à traiter les coupes décalcifiées par la safranine, puis par la potasse à 40 0/0 (réactif de Moleschott) de facon à supprimer la substance intermédiaire ; celle-ci, détruite par la potasse est entrainée par l'eau dont on imbibe lentement la préparation. Les cellules apparaissent alors avec leurs prolongements, complètement isolées. Cet examen nous a montré que les cellules osseuses étaient normales. Notons que les coupes colorées à la safranine et examinées avant l'action de la potasse présentaient des différences de coloration remarquables. Par places, l'anneau de substance osseuse entourant le canal de Havers était plus fortement coloré.

Les lésions d’ostéite raréfiante étaient donc au début dans ce cas que nous venons d'étudier ; l’âge du sujet n’était pas suffisamment avancé pour l'expliquer, croyons-nous; mais son état cachectique pourrait en rendre compte, si nous n’avions pour confirmer l’action directe du cancer sur les os une des deux observations suivantes dans laquelle les altérations sont beaucoup plus marquées,

SUJET II. — Femme de 54 ans morte cachectique dans le service de M. Rendu, hôpital Necker. Cancer colloïde de l'estomac, au voisinage du pylore ayant envahi le foie secondairement.

Nous n'avons pu sur ce cadavre recueillir que la clavicule. Get os présentait un volume un peu inférieur à celui d’une clavicule de femme saine du même âge. À la coupe transversale pratiquée sur le milieu du corps de l'os, la lame de tissu compact avait une épaisseur normale.

Examen sur l'os sec. — Lamelle usée à la meule, étudiée à un faible grossissement. Nous avons fait cet examen comparativement avec celui d’une clavicule normale préparée de la même facon. Nous n’avons pas trouvé de différence appréciable. Mais, comme nous le dirons plus loin, la clavicule ne se prête guère à une analyse minutieuse de lésions de raréfaction peu accentuées,

Examen sur l'os décalcifié. — Décalcification rapide à l’aide de l'acide picrique en solution saturée additionnée de 2 à 3 pour 100, en volume d'acide azotique. Durcissement dans une solution gommeuse évaporée: à consistance sirupeuse et passage dans l'alcool.

Coupes colorées au picrocarminate d'ammoniaque et à la safranine.

Faible grossissement. — (Ocul. n° 1, object. n° 0 Verick).

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Quelques systèmes de Havers présentent une coloration plus marquée au niveau de la lamelle la plus interne, bordant la lamière du canal.

L'examen répété sur une série de coupes (ce qui est nécessaire car la portion raréfiée de l'os n’est pas exactement centrée), et comparé à une clavicule normale n’a révélé aucune différence appréciable.

Fort grossissement. — (Ocul. n° 1, object. n° 7, de Verick).

Le tissu médullaire renferme peu de cellules graisseuses : hématies, cellules lymphatiques en proportion normale.

Les cellules osseuses ont un aspect normal.

Examinées par le procédé de M. Zachariadès, leurs prolongements sont nets et aussi développés que sur un os sain,

Suser II. — Il s’agit d’une femme dont MM. Claude et Pilliet ont publié l’observation à la Société Anatomique, à un autre point de vue ; voici l’observation (résumée) :

Auto-inoculalion cancéreuse. Epithélioma de l'avant-bras, ablation. Autoplastie à lambeau, greffe de l’épithélioma sur le lambeau.

La nommée Sophie R... âgée de 57 ans, journalière, entre le 27 avril à l'hôpital Beaujon, service de M. Tuffier pour une ulcération de lPavant-bras gauche. Cette lésion s’est développée sur une cicatrice assez étendue de la partie inférieure de l’avant-bras. Celle-ci serait consécutive à une brûlure datant de la première enfance. La malade ne présente pas d’autres antécédents pathologiques importants.

La maladie actuelle aurait débuté il y a huit mois par une sorte de gerçure qui apparut sur le tissu blanc, gaufré de la cicatrice. — Elle entre le 28 avril dans le service de M. Tuffier ; la lésion a alors la largeur d’une pièce de cinq francs. Elle réclame une intervention. On songe à cause de l'étendue de la lésion à tenter une greffe. On prend un lambeau sur l’abdomen. Opération le 2 mai. Le 11 mai on libère les pédicules. Sortie le 28 mai.

6 juin. En faisant le pansement, on remarque sur le bord de la plaie de l’avant-bras, contigu à la greffe, un petit bourgeon rouge violacé, saignant. Bientôt récidive nette du néoplasme primitif. On fait alors la désarticulation du coude (9 juillet), sortie quinze jours après. — Diagnostic : épithélioma lobulé corné, Au commencement d'août, on constate au niveau de la cicatrice d’une des incisions abdominales un petit bourgeon violacé légèrement suintant, non douloureux. Peu de temps après on constate une ulcération cancéreuse de l’abdomen.

La malade, en mauvais état général, entre dans le service de M. Tillaux en octobre 1894. Etat de dyspnée, de cyanose faisant chercher une complication pulmonaire. Mort rapide à la fin d'octobre.

AUTOPSIE : Le corps présente au-dessous des fausses côtes gauches une ulcération de la longueur et de la largeur de la main. Le bras gauche amputé présente un moignon régulier. L’ulcération est à bords à peine

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