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On porte le diagnostic de fracture spontanée du col du fémur. — Autopsie: on trouve, en effet, une fracture intra-articulaire du col du fémur gauche, pas trace de consolidation. L’articulation est d’ailleurs remplie de pus, les fragments baignent dans ce pus. Pas de cancer local. :
Malheureusement aucune pièce n’a été conservée.
Les suppurations consécutives aux traumatismes des membres sans plaie extérieure ne sont pas rares chez les dyscrasiques, nous aurons l’occasion, plus loin, d’en signaler d’autres cas.
A défaut de fracture spontanée, nous avons eu l’occasion de recueillir des os chez trois sujets morts cancéreux.
Suyer I. — Observation résumée (due à l’obligeance de M. Bernarp, externe des hôpitaux). Auguste L..... 52 ans, emballeur. Entré le 9 juillet 1894 dans le service de M. le professeur Bouchard, à la Charité. — Pleurésie séro-fibrineuse en 1887. Bronchite en 1891. Début des douleurs abdominales en mai 1894. Etat cachectique à son entrée à l'hôpital, Douleurs vives à l’épigastre, sensation d’une tumeur à ce niveau, On porte le diagnostic de cancer de l’estomac. Foie, poumons, cœur normaux. Urines peu abondantes, 1 litre en moyenne en 24 heu-
res, — Nous avons fait faire deux dosages de l’urée et des phosphates qui ont donné les résultats suivants :
1 dosage (en 24 heures) : Urée totale . . , . . . . 8 gr..75 — — Acide phosphorique . . 2 er. 25 2Idosase fenaéheures) aUréettotales ae mo PET 06 — — Acide phosphorique . . . 0 gr. 99
Ce malade présentait donc de l’hypoazoturie et de l'hypophosphaturie qu’on peut rattacher à sa nutrition très ralentie.
Mort le 24 août. — Autopsie : cancer nodulaire de la face antérieure de l'estomac. Noyaux secondaires dans le foie et sur le péritoine pariétal.
Les côtes étaient fragiles, leur tissu spongieux fortement injecté.
Ne pouvant étudier le squelette entier de ce sujet, nous avons dû nous contenter de recueillir la clavicule droite et le troisième métacarpien du même côté, la clavicule étant destinée à être examinée au point de vue chimique et le métacarpien au point de vue histologique.
Examen chimique. — Voici les manipulations exactes que nous avons fait subir à la clavicule qui pesait 42 grammes à l’état frais, après avoir été débarrassée de la plus grande portion des parties molles. Nous avons tenu à faire l'analyse chimique de cet os: n'ayant ni la science ni le temps suffisants pour faire une analyse complète, nous avons seulement dosé les phosphates que renfermait cette clavicule: On
ones
sait que les phosphates représentent à eux seuls la presque totalité des matières inorganiques des os. Ayant fait exactement les mêmes manipulations pour différents autres os, en particulier pour une clavicule de tuberculeux, pour une de tabétique et pour une d’hémiplégique, nos recherches ont du moins le mérite de fournir des chiffres comparatifs.
Après avoir fait macérer la clavicule pendant plusieurs jours dans Peau pour la débarrasser des débris de parties molles, nous l'avons ruginée puis laissée sécher à l’air. Pour achever la dessiccation la clavicule a été sciée en deux parties égales et soumise à l'étuve sèche à 145° pendant sept heures, (On pouvait déjà remarquer sur la coupe de l’os que le canal médullaire était plus large que sur une clavicule normale, moins que sur une clavicule de tabétique).
La clavicule retirée de l’étuve fut pesée, 19 grammes 146 milligram-
mes. Elle fut alors traitée par l'acide chlorhydrique et, pour agir plus
vite, on fit un mélange à parties égales d'eau et d’acide jaune, impur, du commerce. Au bout de deux jours, la clavicule était complètement dissoute dans le liquide, il ne restait à la surface qu’un peu de mousse brunâtre, constituée par de la matière organique. Ge liquide fut filtré et additionné d’eau distillée de facon à constituer un volume connu.
Le quart de la liqueur fut prélevé et rendu légèrement alcalin par l'addition d'ammoniaque. On fit alors la précipitation des phosphates sous forme de phosphates ammoniaco-magnésiens à l’aide de la mixture magnésienne.
On laissa la précipitation s’opérer lentement (pendant 24 heures), et on s’assura qu'il ne restait plus de phosphates en solution dans la liqueur, Liqueur et précipité furent ensuite filtrés sur un filtre sans plis ; la filtration étant favorisée en faisant le vide à l’aide de la trompe à eau. Le filtre fut alors lavé à l’eau acidulée et tout le précipité redissous dans l’eau distillée additionnée d’une petite quantité d'acide chlorhydrique.
On avait ainsi séparé la matière organique des phosphates et ceux-ci étaient de nouveau dissous dans une liqueur de volume connu (600 centimètres cubes).
On préleva le dixième de cette nouvelle liqueur, soit 60 centimètres cubes, et, après y avoir ajouté 5 centimètres cubes d’acétate d'ammoniaque, on fit le dosage de ces 60 centimètres cubes à l’aide de l’azotate d’urane, en solution titrée, comme pour le dosage des phosphates dans l'urine, en cherchant la limite de saturation à l’aide du ferro-cyanure de potassium.
Le chiffre ainsi obtenu multiplié par 40 nous donna la quantité totale d'acide phosphorique contenu dans la clavicule.
Nous avons trouvé le chiffre suivant :
4 gr. 66 d'acide phosphorique anhydre (PhOÿ).
Or ces : 4 gr. 66 correspondent à 10 gr. 17 de phosphate tribasique de chaux (3Ca0.PhOï).
BOUGLÉ 4