CHAPITRE II
Fractures spontanées dans le diabète.
L'étude des fractures spontanées dans le diabète est de date récente.
Les anciens auteurs sont muets sur ce sujet par la raison que cette question du diabète encore si mal connue actuellement était presque complètement ignorée avant le XIX® siècle. Bien que la découverte des urines sucrées remonte à Thomas Willis (4674), il faut arriver aux mémorables lecons de physiologie expérimentale de Claude Bernard (1855) pour trouver des notions exactes sur la question. Le nombre des observations est encore fort restreint, nous pensons qu’il augmentera le jour où l’on fera systématiquement l'examen des urines de tous les individus atteints de fracture.
Nous comprendrons dans ce chapitre toutes les variétés de diabète, non seulement le diabète sucré, mais l’azoturie, la phosphaturie quisont souvent, comme l’onsait, symptomatiques d’affections générales, telles que la tuberculose, et même la polyurie simple.
A. — C'est dans la thèse de M. Teissier, sur le diabète phosphaturique, que nous trouvons signalée pour la première fois la relation qui existe entre la phosphaturie et les lésions du squelette et encore l’observation est-elle fort incomplète :
OBs. 13. — Phtisie -tuberculeuse : douleurs épiphysaires généralisées. Phosphaturie.—Phosphates terreux : 9 grammes par litre,1800 grammes d'urine par 24 heures, le malade présentait sur le trajet des os longs ‘principalement, des points excessivement douloureux. Ces douleurs parfois spontanées étaient réveillées aussi par la moindre pression, C’est au niveau des clavicules et des tibias qu’elles étaient le plus in-