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tenses. La coïncidence de la phosphaturie avec ces altérations du squelette est à remarquer.
L'observation suivante, de M. le professeur Bouchard, esl plus intéressante :
Ors. 14 (Résumée). — X... 32 ans. Père mort diabétique. Mère diabétique, Une parente paternelle et une cousine maternelle asthmatiques. Obésité à 20 ans. A 29 ans, fracture de la rotule par action musculaire ; six mois plus tard, nouvelle fracture du même os à la suite d’une chute. À 32 ans, fracture de la rotule droite par contraction musculaire. Ces fractures se sont bien consolidées. Urines : quantité en 24 heures: 1690 centimètres cubes. Densité — 1023. Urée 36 gr. 50. Acide phosphorique total : 7 gr. 45.
Il s’agit, comme on voit, d’un cas bien net de diabète phosphatique et azoturique. La phosphaturie est particulièrement accentuée puisque l'élimination d'acide phosphorique est normalement de 2 à 3 grammes environ, par jour, avec quelques variantes suivant les auteurs. M. Bouchard donne un chiffre un peu plus fort, 8 gr. %5 en 24 heures. Winter, en 1852, donnait 4 gr. 5: ce dernier chiffre est vraisemblablement trop élevé, d’après la moyenne indiquée par Parkes, von Naxthausen, Breed, Neubauer, Bouchard, Hardy, A. Gautier, Harley, Yvon, Jolly, Teissier.
Étudiant les rapports du diabète insipide et du diabète phosphaturique avec la fragilité osseuse, M. Verchère a signalé au Congrès français de chirurgie de 1885, un certain nombre d’observations recueillies dans les services de MM. Verneuil et Terrier:
Ogs. 15. (Publiée antérieurement par VEerneuIL) (Résumée). — Un jeune garcon, âgé de 17 ans, se fracture l’'humérus dans les conditions suivantes : il portait quatre briques lorsque les sentant glisser de ses mains, il rapproche vivement pour les retenir les deux bras alors demifléchis. Le membre gauche retomba pendant le long du corps. Examinant les urines après sa fracture, qui avait paru s'être faite pour une cause légère, on peutconstater une polyurie notable : de2.500 à 3.500 centimètres cubes par jour. L'analyse démontra l'élimination de 2 gr. 10 d'acide phosphorique. Le malade affirmait que Ja polyurie et la poly-
be.
da ME 2
dipsie avaient précédé l'accident de plusieurs années, La fracture se consolide en un mois et quelques jours.
O8s. 16. — Fracture de jambe. — Cause légère. — Polyurie, — Phosphaturie. — Consolidation régulière. — Louis N.., 15 ans, vigoureux, Se fracture la jambe au niveau du tiers inférieur le 24 décembre 1884 en se tordant le pied ct est apporté à l'hôpital de la Pitié dans le service de M. Verneuil. Aucune trace de violence. Aucune déformation. Appareil plâtré, guérison en un mois et quatre jours. La facilité avec laquelle s’est faite la fracture attire l'attention du côté. des urines. Examen des urines le 26 décembre par M. Béhal, interne, médaille d'or, du service. Les urines sont légèrement troubles. Quantité émise : 1300 grammes. Densité — 1023. Urée 23 grammes par jour. Acide phosphorique anhydre — 3 grammes 47, par jour. La quantité d'urine augmente les jours suivants, elle atteint deux litres à deux litres et demi.
Nouvelle analyse le 27 janvier 4885 : Urines pâles, troubles. Densité = 1020. Traces d’albumine. Acide phosphorique anhydre 4 gr. 61.
La phosphaturie peut agir non seulement en favorisant la production de la fracture mais encore en relardanl le travail de
consolidation.
Ogs. 16. — (M. VERCHÈRE, Congres français de chirurgie recueillie dans le service de M. Terrier). — Fracture de jambe, — Cause. légère. —
Polyurie. — Phosphaturie. — Retard de consolidation. — R.... (Hippolyte), charretier, se fracture la jambe en mettant le pied dans une ornière, on l’apporte à l'hôpital Saint-Antoine dansle service de M. Terrier. Le malade est alcoolique. Appareil plâtré. Pas de déplacement. Le 19 février 1883 (quarante-six jours après l'accident), on retire l’appareil. Il y a à peine apparence de cal. ,
Urines 2.000 centimètres cubes à 2.400 par jour. Densité — 1043. Urée 10 gr. 20. Acide phosphorique 2 gr. 87.
Malgré l'opinion de M. Verchère, nous ne pouvons guere considérer celte fracture comme élant spontanée; on sait en effet combien est fréquent le mécanisme de la lorsion dans la fracture de jambe de cause indirecte, même chez les sujets sains. Nous avons reproduit l'observation uniquement à cause du retard de consolidation qu’on peut attribuer, ce nous semble, à un certain degré de diabète insipide. Nous ne parlons pas de phosphaturie, attendu que la dose éliminée par jour est
absolument normale ; nous avons vu en effet plus haut que BOUGLÉ 5
RD Ce,
l'homme sain élimine en moyenne de 2 à 3 grammes d'acide phosphorique anhydre en 24 heures.
Ogs. 17. — Fracture compliquée de jambe, Pluie quérie sans suppuration. — Polyurie. — Pas de consolidation au bout de 3 mois (M. VercnÈRrE). — X.., charretier, alcoolique, entre au mois de novembre 1883 à la Pitié, salle Michon n° 52. Fracture compliquée de jambe. Polyurie. 3, 4, 5, jusqu'à 7 litres d'urines par jour. Pas de polydipsie. Au bout de 3 mois, il n’y a pas encore de consolidation : Le cal est mou, nullement résistant.
Ogs. 148. — Absence de consolidation due à la phosphalurie seule, — Cas de M. Terrier, rapporté dans son Traité de Pathologie générale et cité par M. Verneuiz dans sa communication à l’Académie de Médecine en 1879. — Une dame était atteinte de fracture du col chirurgical de l’humérus et la consolidation ne se faisait pas; analyse des urines: on trouve une proportion exagérée des phosphates.
M. Léoty, dans sa thèse, signale le cas suivant ;
Ogs. 19. — Diabète. — Retard de consolidation. — X..., 35 ans. Employé au chemin de fer du Nord, entre à l'hôpital Lariboisière le 23 janvier 4872. Diabète depuis au moins quatre ans. En 1868, on constata du sucre dans ses urines. Amélioration puis rechute en 1871, après le siège. Entre pour fracture du tibia gauche. Pansement avec baudruche et collodion sur la plaie et appareil ouaté. La plaie suppure.
Le 21 février les fragments sont encore très mobiles.
Le 28 avril: la cicatrisation de la peau est complète, les fragments sont encore mobiles.
Le 17 mai la consolidation est à peu près complète.
Le travail de consolidation a donc duré quatre mois ; mais il ne faut pas oublier qu'il s’agit d’une fracture compliquée, c’està-dire d’une fracture qui se consolide toujours plus lentement, même chez un sujet indemne de toute affection dyscrasique.
Le cal n’est pas toujours osseux chez les diabétiques ainsi qu’en témoigne le fait suivant, observé dans le service de Verneuil et publié dans la thèse de M. Laversin :
O8s. 20. — Un sujet diabétique se fracture l'humérus à la partie supérieure. La coaptation des fragments est faite d’une manière irréprochable et l’immobilisation ne laisse rien à désirer. A l'expiration du temps régulièrement nécessaire pour la consolidation, le malade sort du ser-
re
vice. Quelque temps après, deux mois environ, ce malade se présente de nouveau à la consultation et rentre dans le service ; il y meurt quelques semaines après. L’autopsie est faite et permet de constater la coaptation parfaite des fragments de la fracture ancienne et aussi labs sence complète du cal osseux, la ligne de solution de continuilé était occupée par du tissu fibreux.
D’autres fois, l’'apparilion de la phosphalurie peut ramollir un cal déjà formé.
Nous trouvons dans la thèse de M. Simon l’observation suivante due à M. Verchère et intéressante à ce sujet:
OBs. 21, — (Résumée). — Fracture ilérative de l’humérus. Phosphaturie. — Mme X..., 58 ans : excellente santé. Fracture du tiers inférieur de l’humérus il y a deux mois. Consolidation au bout de deux mois. La malade pouvait se servir de son bras comme auparavant. Depuis plusieurs mois, Mme X... se fatigue beaucoup à veiller sa fille malade ; il y a deux mois {en mai 4885), en se relevant le coude appuyé sur un meuble, elle ressentit une douleur assez vive au niveau de la fracture ; cette douleur, du reste, se dissipa rapidement et le fonctionnement du membre ne fut pas troublé. Quelques jours plus tard, quelques douleurs spontanées survinrent au niveau du cal; elles étaient peu marquées et constituaient une gène plutôt qu'une douleur véritable. Il y à 45 jours, quand le bras était soulevé, la malade remarqua une « bosse » qui se formait au niveau de sa fracture et faisait saillie à la région externe du membre. Depuis quelques jours seulement, les mouvements étaient devenus impossibles ; la malade était forcée de prendre l’'avant-bras avec la main saine pour l’élever ; aucune douleur ni spontanée, ni provoquée. On constate une mobilité anormale très prononcée, Les extrémités osseuses étaient augmentées de volume ; il n'existait pas de crépitation, mais un frottement doux. En outre un chevauchement se manifeste au moment de la contraction des muscles du bras, le fragment supérieur faisant saillie en avant et en dehors. Application d’un appareil silicaté.
Examen des urines : 1500 grammes en 24 heures, Densité — 1027. Urée 27 grammes #1. Acide phosphorique anhydre 4 grammes 26. — Ni sucre. Ni albumine. — Examen microscopique : acide urique et urate de soude.
La malade est envoyée à la campagne ; on lui recommande l'exercice et on la soumet à un régime surtout végétal (13 juillet).
Le 30 juillet elle est de retour. Moins de mobilité anormale. M. Verneuil fait appliquer un appareil en cuir moulé. Revue en novembre, la malade a gardé appareil pendant trois mois. Lesurines sont de nouveau examinées ; elles ne renferment plus que trois grammes d'acide phos-