‹ Contribution à l'étude des fractures spontanéesChapitre 14 sur 40 · LE TS RER · texte numérisé non relu

LE TS RER

phorique anhydre. Le cal est volumineux et encore mou. Lorsque la malade lè ve le bras, il ne se forme plus un angle mais seulement une saillie marquée. La mobilité persiste encore mais à un degré moindre. Il n'y a plus de frottement. Etat général excellent.

Celle observalion vient à l'appui des expériences pratiquées par M.Teissier. Il fit résorber un cal de fracture sous l’influence d’une phosphaturie provoquée chez un lapin par l’administration d'acide lactique à haute dose.

L. Tripier a lu au Congrès de l'Association Française pour l’avancement des sciences, tenu à Lille en 1874, une observation

analogue.

ExPéRIENce. — Lapin de 4 mois, Le 5 mai 1874, on fait une fracture d’une patte de derrière à droite Intéressant les deux os du segment inférieur. Réduction de la fracture et bandage silicaté. Le 22 mai, la fracture est consolidée. Le 31, on sent un cal volumineux, parfaitement solide. Le lapin élimine par 24 heures : 350 centimètres cubes d'urine avec excrétion de 0 gr. 25 d’acide phosphorique. Le 1% juin, il est soumis au régime lactique : on lui donne l'acide lactique à l’état de solution très concentrée et mélangée avec une poignée ou deux de son.On commence par cinq grammes et on arrive rapidement à 20 grammes. Au début, un peu de diarrhée. Au bout de 12 jours, on détache le bandage et on constate que le cal s’est effacé notablement. Le lendemain (13 juin) en explorant avec soin le point fracturé, on sent de la mobilité anormale et un peu de crépitation. Le 14, on reconnait que le fragment supérieur a basculé, il a perforé la peau. On continue toujours l’administration de l'acide lactique. Le 16 : 650 grammes d'urine, 2 gr. 10 d'acide phosphorique.

Le 17, l'animal est sacrifié. Les deux fragments osseux sont libres. À ce niveau l'os est dénudé dans une longueur de cinq millimètres, puis du tissu osseux de nouvelle formation fait saillie. Les deux fragments après la rupture du cal ont glissé l’un sur l’autre et se sont usés par frottement réciproque. Geci indique que la consolidation a dù se faire par production d’une virole osseuse qui a immobilisé les fragments : puis cette virole de formation s'est décalcifiée, et le cal s’est rompu.

B. — L’allération osseuse qui, dans le diabète, prédispose aux fractures à élé fort peu éludiée.

M. Lancereaux admet-que les o$ des diabétiques peuvent être atteints de sléalose comme dans la scrofulose et la carci-

nose.

rt

A l’autopsie d’un sujet atteint de diabète sucré, mort de phtisie au bout de deux mois, M. Dufourt a recueilli le péroné et une côte dont il a fait l'examen chimique, voici les chiffres

trouvés :

Osséine. Matière terreuse. Acide phosphorique Péroné. 33,19 66.81, 38.15 Côte = — 37.53

Le mème examen pratiqué sur des os que M. Dufourt considère comme normaux a donné les résultats suivants :

Osséine. Matière lerreuse. Acide phosphorique Côte — ee 40.93 Péroné 33.09 66.91 42.10

Il y avait donc dans les os du diabétique une diminution notable de l'acide phosphorique.

Sur des chiens rendus diabétiques par l’extirpalion du pancréas, M. Thiroloix a rencontré deux fois une altération notable du squelette se caractérisant par une « atrophie et une friabilité extrême des os se brisant à la moindre pression».Dansle premier cas, la mort survint quinze jours, dans le second cas quatrevingt jours, après l’extirpation totale de la glande pancréatique.

C. — Nous avons voulu nous-même répéter ces expériences dans le laboratoire de M. Pilliet à la Charité. Nous n'avons pu malheureusement disposer que de quatre chiens. Malgré une anlisepsie minutieuse et bien que nous ayons, sur le bienveillant conseil de M. le professeur Hédon, de Montpellier, pratiqué l’extirpation du pancréas en deux temps, nous n'avons pas obtenu une survie suffisante pour pouvoir étudier les altérations du squelelle.

A défaut de faits expérimentaux, nous possédons une observation absolument démonstlralive, au point de vue de la fragilité osseuse chez les diabétiques. Nous la devons à la générosilé de notre vénéré maître M. le professeur Tillaux.

O8s. 22 (inédite). — M. B... grand, robuste, présente des symptômes

Len re

diabétiques depuis 1884. On commença à le traiter à cette époque. Il alla faire une saison à Vichy. Au départ, ses urines contenaient 87 grammes de sucre par litre. Au retour elles n’en contenaient plus que 4 grammes. — Après avoir ressenti des douleurs dans le bras droit pendant trois semaines, le 7 août 4889, voulant monter sur la plate-forme d’un omnihus et saisissant la rampe avec le bras droit. M. B... éprouva une douleur frès violente et en même temps le bras retombait inerte. Appelé auprès de lui, M. Tillaux constala une fracture au tiers moyen de l’humérus. Un appareil est'appliqué. Ausbout de quelques jours, la région se tuméfie, une circulation veineuse très notable se manifeste à la surface du bras, et le malade ressent des douleurs lancinantes, En présence de ces nouveaux symptômes, en raison également de la facilité avec laquelle s’est produite la fracture, M. Tillaux pense à l'existence d’un cancer du canal central de l’humérus ayant rompu ses limites intra-osseuses et gagnant les plans superficiels. Cependant, peu de jours après en examinant le membre à nouveau, M. Tillaux constate que le gonflement a augmenté ; la peau est rouge et chaude, il y a de l’æœdème ; fluctuation vague et profonde. Il s'était produit un abcès au niveau de la fracture. La collection fut ouverte le 15 septembre. Les suites furent très simples, la consolidation se fit complète et le fonctionnement du membre fut rétabli.

Au moment de l'accident, les urines du malade contenaient 54 grammes de sucre. Complètement examiné, le malade ne présentait aucune autre affection pouvant expliquer cette fracture produite par action musculaire et dans des conditions où un os sain ne se brise pas.

Notons la suppuralion du foyer de la fracture, nous l'avons déjà signalée dans un cas de fraclure spontanée chez un cancéreux.

Nous avons recueilli la clavicule droite d’un sujet mort du diabète sucré à l'âge de soixante-deux ans.

Cette clavicule présentait un volume normal ef sur sa coupe transversale une épaisseur de la lame de lissu compact sensiblement égale à celle de clavicules saines examinées par comparaison. Nous avons eu soin de toujours pratiquer nos sections transversales à la partie moyenne de La clavicule, de façon à obtenir des (termes de comparaison. La clavicule présente en effet une structure un peu spéciale intermédiaire entre un os long et un os court; au centre se trouve un canal médullaire incomplet constitué par du tissu spongieux raréfié et qui ne s'étend pas à toute la longueur de l'os.

-Nous reconnaissons comme nous l’avons dit plus haut, à propos de

nr SOS

la clavicule d’une cancéreuse, que cet os n’est pas d’un heureux choix pour l'étude que nous avions à faire et si nous l’avons pris, c’est à cause de la difficulté qu’il y a à se procurer l'os d’un membre quelconque, dans les salles d’autopsie.

Faible grossissement. — Cet os a été décalcifié par l'acide picrique saturé mélangé d'acide azotique (à 2 p. 100 en volume). Durcissement à la gomme et à l'alcool. Coupes colorées au picrocarminate d’ammoniaque.

Ces coupes multipliées et comparées à des coupes de clavicule normale ne présentaient aucune différence nettement appréciable.

Il nous a semblé que le système de lamelles bordant le canal de Havers prenait un peu plus facilement le réactif colorant, présentant ainsi un anneau d’un rose plus vif.

Fort grossissement. — Cellules normales : prolongements réguliers et nombreux obtenus avec le procédé de M. Zachariadès.

La moelle renferme peu de cellules adipeuses, mais de nombreuses cellules lymphatiques et quelques cellules à noyau bourgeonnant.

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