CHAPITRE II
Fractures spontanées chez les syphilitiques.
La question de la fragilité des os chez les syphilitiques est particulièrement obscure : nous éliminerons bien entendu, pour le moment, les fractures d’origine nerveuse telles que les fractures des ataxiques qui relèvent en somme de la syphilis puisque les statistiques les plus récentes, celles de MM. les professeurs Fournier et Raymond en France, d’Erb en Allemagne, ont montré que le tabes a pour origine la syphilis dans la très grande majorité des cas, malgré l'opinion contraire de certains auteurs, de M. Lancereaux en particulier. Nous voulons étudier . dans ce chapitre les fractures spontanées liées à la diathèse syphilitique. J. L. Pelit, Duverney, M. Donatus, B. Bell, Meckren ont incriminé la vérole comme cause prédisposante des fractures à côté du scorbut, et du levain cancéreux. Les auteurs du Compendium de chirurgie ajoutent: « personne aujourd'hui ne partage l'opinion de ces auteurs ; les chirurgiens ne sont pas d’ailleurs plus disposés à mettre cette friabilité des os sur le compte du mercure administré aux malades ».
En 1789, Manne signala le « vice vérolique » parmi les causes prédisposantes des fractures spontanées. |
En 1804, Double, à propos de ces fractures, parla des causes internes parmi lesquelles il insiste sur la vérole.
En 1806, Roux n'admet guère les fractures par action musculaire sauf pour les os rendus d’une fragilité extraordinaire par l'effet de La syphilis constitutionnelle, de la diathèse cancéreuse, du scorbut à sa dernière période.
Cependant la plupart des chirurgiens se rangent à l’opinion des auteurs du Compendium ; c’est l'opinion de A. Nélaton, de