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he. Voici comment le professeur de Lille décrit les lésions : « On voit dans ce cas (en général après la rétraction des phalanges, la déformation des mains en griffe), se produire le phénomène suivant qui se montre sans ulcération : les phalanges, les os du métacarpe et du métatarse s’amincissent, s’effilent et le tissu cellulaire qui se trouve à leur face palmaire disparait. Si l'on palpe avec soin ces os, on constate qu'ils sont comme englobés dans un tissu fibreux qui leur adhère plus ou moins. Au milieu de ce tissu fibreux, l’os a notablement diminué d'épaisseur. Il s'est aminci au point que des phalanges et des métacarpiens ne me paraissent pas plus épais que des crayons, des plumes d’oie et même des aiguilles à tricoter ou des arêtes de poisson. De même que le corps de l'os, les extrémités articulaires se sont déformées, comme fondues. Dans certains cas, que l’os se résorbe ou non, il se produit plus particulièrement une absorption de ses éléments calcaires telle que l'on peut fléchir les doigts en tout sens. C’est une véritable osféomalacie lépreuse. Cette lésion bizarre n’a pas une marche régulière. L’absorption peut porter uniquement sur une phalange et respecter les autres. Ainsi, par exemple, la deuxième phalange peut disparaitre complètement, laissant la première et la troisième intactes, ou la première et la deuxième disparaitre, et la troisième persisler et venir s’accoler sur l'extrémité d'un métacarpien, ou la troisième se fondre et les deux autres persister ». M. Leloir ajoute en note: « L’anatomie pathologique de ces curieuses lésions n’est pas faite, je serais assez porté à en faire des troubles trophiques des os, analogues à ceux qu'a décrits Charcot chez les alaxiques et en relation par conséquent avec la névrite lépreuse ».
C.— Recherches expérimentales.On a cherché à reproduire expérimentalementcestroublestrophiques desosconsécutifsaux lésions nerveuses. Schiff, le premier, en 1854, étudia l'influence des nerfs sur la nutrition des os en sectionnant tous les nerfs d’un membre, soit antérieur, soit postérieur, sur des animaux variés