SANS
(chien, chat, lapin). Il a constamment vu survenir deux altérations, et cela d'autant plus vite que l’animal élait plus jeune. L'une de ces altéralions est une grande vascularité avec dilatation des pelits vaisseaux du périoste amenant une exsudation sous-périostale, laquelle s'organise bientôl en une couche osseuse de nouvelle formation. L'autre lésion est un amincissement de l'os ancien dont le canal médullaire devient plus large. Pour lui, il y a deux causes de l’allération des os produite par la section des nerfs : l’immobilité et la paralysie des nerfs vasculaires. L’immobililé des muscles qui s’y attachent produit l’amincissement des os, leur atrophie; on peut l’empêcher de se produire en imprimant au membre un mouvement arlificiel, Schiff l'a vu manquer après la résection du plexus sciatique chez une grenouille dont il galvanisait la patte une heure par jour pendant quatre mois. L'hypertrophie est au contraire l’altération de la nutrition provenant de la paralysie des nerfs vasculaires. Ces deux modifications, l’'hypertrophie et l’alrophie se contrebalancent mutuellement, aussi après la section des nerfs d’un membre faut-il attendre toujours un espace detemps plus ou moins considérable, jusqu'à ce que l’une ou l’autre se prononce ; suivant l’âge de l’animal, c’est l’hypertrophie ou l’amincissement qui l'emporte sur l’allération opposée. Comme preuve à l'appui de ce qu’il avance, Schiff émet l'hypothèse que la section du nerf maxillaire inférieur d'un côté doit s'acCOMpagner d'hypertrophie paralytique, même chez des animaux jeunes, attendu que dans ce cas il n’y a pas immobilisation de l'os, l’autre côté continuant à fonctionner, el par conséquent pas d’atrophie. Il ajoute que l'expérience confirme pleinement cette hypothèse. Ainsi donc l’atrophie osseuse est simplement sous la dépendance de l'immobilisation qui accompagne la paralysie consécutive à la section nerveuse, autrement il y aurait hypertrophie à cause de la section des vaso-moteurs ; il en résulle une vaso-dilatalion favorable à l'hypertrophie du tissu osseux. On voit qu'il n’est pas question de nerfs nutrilifs directs, de ce que
BOUGLÉ 9
Samuel devait décrire cinq ans plus tard sous le nom de nerfs trophiques.
M. Talamon rapporte que Luigi Fasce et Amato ont constaté une réduction constante de poids dans les os des membres paralysés après section des nerfs. Les os présentaient un élargissement de la cavité médullaire.
Mantegazza a trouvé de l’atrophie des muscles et une perte de poids constante des 08. ,
M. Ollier a reproduit les expériences de Schiff ; il n’a obtenu qu'une fois de l’hypertrophie et il l'attribue à un traumatisme accidentel du périoste.
En 1871, M. Fischer a conslaté que l’atrophie portait à la fois sur la longueur et l'épaisseur de l'os.
Vulpian confirme les résullats de Schiff : souvent il a obtenu une diminution de poids el une raréfaclion du tissu osseux ; parfois il a consltalé au contraire une hypertrophie des os du côté de la section nerveuse ; mais il admet que ce gonflement est un phénomène secondaire lié à l’ulcération trophique qui se produit sur la patte paralysée : il se ferait un travail inflammatoire du périoste entrainant une augmentalion de volume, masquant l’atrophie de l’os sous-jacent consécutive à la suppression de l’action nerveuse.
Celle opinion nous semble absolument exacte. Ayant répété, en effet, sur des chiens, ces seclions du sciatique et du crural nous avons conslalé du côté du pied paralysé un gonflement énorme du périoste certainement lié à une périoslite septique produite par la large ulcération que la patte présente à sa face antérieure el qui est due à ce que l'animal frotte l’extrémité de son membre paralysé en marchant. La périostite est limitée au pied, on ne retrouve rien de semblable sur le tibia, ce qui prouve bien qu’elle est d'origine traumatique,
M. H. Nasse, en 1880, a étudié l’action de ces sections nerveuses, sur le Lissu osseux : il a constaté un certain degré de friabilité avec atrophie notable. Il fait remarquer, en outre, qu'il n’a obtenu ces résultats que sur de jeunes sujets etjamais
sur des animaux adultes, même lorsque les paralysies dalaient de plus de deux ans. Il a constamment trouvé une augmentation de la graisse dans les os paralysés et, constamment aussi, une diminution du carbonate de chaux. Chez un chien de quatre mois, il a trouvé une diminution du phosphate de chaux : chez les autres, plus âgés (deux adultes et un âgé de un an), il n’y avait pas diminution de la matière terreuse. Donc : diminution du poids des os paralysés, et un certain degré d’ostéomalacie graisseuse, tels sont les résultats obtenus par M. H. Nasse.
M. Dufourt a repris ces expériences sur des animaux (rès jeunes (lapin, chat, chien). Il a sectionné le sciatique de ces animaux puis les a sacrifiés de cinq semaines à deux mois et demi après l’opéralion ; il a ensuite pesé comparativement les os du côté sain et ceux du côté paralysé et a constamment trouvé une diminution de poids de ce dernier côté. Enfin, il a fait une analyse comparative de l’osséine, des malières terreuses, et de l’acide phosphorique des deux côtés. Toutes ces recherches sont consciencieusement faites ; voici quelles sont ces conclusions :
4° La section des nerfs produit dans les os des membres paralysés une atrophie facilement appréciable par la pesée.
2° L’augmentation de la graisse dans ces cas est un fait constant.
3° On constale des les premières semaines une diminution de la matiere terreuse et une augmentation proportionnelle de l’osséine, et cela d'autant plus facilement que les animaux sont plus jeunes ; le fait est douteux pour les adultes, eten tous cas, n’a pas élé observé.
4 La diminution de l'acide phosphorique n'est pas constant, et parait tenir à des conditions autres que la section nerveuse.
On le voit, ces conclusions sont identiques à celles de M. H. Nasse ; la seule différence est que M. Dufourt a constamment trouvé une diminution des phosphates, tandis que M. Nasse avait trouvé une quantité de phosphates à peu près égale des deux côtés et, par contre, une diminulion de carbonate de chaux.
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M. Dufourt pense que cela tient à l’âge différent des animaux en expérience.
Ce dernier auteur fait remarquer que la section du sciatique parait agir surtout sur les os du mélalarse, les modifications de compositions du tibia sont bien moindres et celles du fémur presque nulles. Cela tient évidemment à ce que la section du scialique portail au-dessus du point où naissent cerlains fibres se rendant au libia et surtout au fémur. D'où la nécessité de pratiquer la seclion de sciatique le plus haut possible. Nous pensons, en outre, que M.Dufourt aurait dû faire en même temps la section du crural comme le recommande Schiff ; il est probable, quoique nous ne l'ayons pas contrôlé, que le crural chez les animaux en expériences (chat, lapin, chien), abandonne,comme chez l'homme, quelques filets au fémur et au tibia au voisinage du genou.
Nous avons fait des expériences analogues sur de jeunes chiens, nous efforcant de pratiquer la section du sciatique le plus haut possible, el de facon à déterminer des phénomènes de névrile, nous ne nous sommes pas contenté de faire une section nelle, nous avons réséqué un segment de nerf, puis nous avons contusionné le bout inférieur et nous avons introduit dans sa gaine un corps étranger. Dans un cas, nous avons placé un pelit fragment de verre, comme M. Hayem l'avait déjà fait avant nous ; une autre fois, nous avons injecté dans la gaine du nerf quelques gouttes d'alcool absolu ; enfin dans un troisième cas, nous avons injecté quelques gouttes d'éther, évitant de laisser de l'alcool ou de l’éther dans la plaie, et, chaque fois, malgré ces corps irritants, nous avons obtenu une réunion parfaite de la plaie. Malheureusement, nous avons été limité par le temps et nous n'avons pas pu laisser vivre nos animaux aussi longtemps que nous l’aurions désiré après la double section nerveuse.
ExPÉRIENCE : Un de nos chiens, âgé de quatorze mois,opéré le 8 juillet (section du sciatique et du crural) a été sacrifié le 18 août, #1 jours par conséquent après l'opération.
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Nous avons ruginé et pesé comparativement ses membres inférieurs :
Le tibia et le péroné pesaient le même poids, des deux côtés — 16 grammes 60.
Le pied gauche (côté paralysé) pesait 17 grammes, le pied droit côté sain ne pesait que 13 grammes 9. Cette différence de 3 grammes s'explique par l’état du périoste que nous avons signalé déjà. Du côté paralysé, en effet, il existait un gonflement très notable de la couche périostique évidemment lié à l'infection consécutive à l’ulcération que le chien présentait sur le dos de la patte paralysée.
Nous avons recueilli un fragment de tibia et un autre de métatarsien des deux côtés et nous avons fait l’examen histologique de ces os à Pétat sec. Du côté des tibias, nous n’avons pas trouvé de grandes différences d’un côté à l’autre, si ce n’est que la ‘cavité est un peu agrandie sur le tibia du côté paralysé et que, par places, on trouve les mêmes productions osseuses sous-périostiques, quoique bien moins épaisses que nous allons signaler au niveau des métatarsiens.
Métatarsiens. — La cavité médullaire est notablement augmentée de volume du côté paralysé; la zone des lames périmédullaires y a disparu en grande partie. Cependant l’ensemble de l'os est très épaissi du côté opéré par suite de l'addition d’une couche d’os périostique qui s’est développée sous l'influence de l'inflammation et qui double l'épaisseur de l'os. Cet os périostique se reconnaît très facilement à la direction de ses canaux de Havers disposés perpendiculairement à ceux de l'os ancien. Par places, et surtout vers la cavité médullaire, les canaux de Havers sont un peu plus larges sur l'os du côté paralysé que du côté sain.
I existait donc du côté paralysé une double lésion, atrophique au centre, hypertrophique à la périphérie. L’atrophie n’est là qu’à peine ébauchée, ce qui tient, à notre sens, à deux causes, en premier lieu, notre chien n’était pas assez jeune, ayant presque atteint l’âge adulte; en outre, comme nous l'avons déjà dit, nous n’avons pas pu laisser l’animal vivre assez longtemps après l’opération de névrotomie. Quant à l'hypertrophie périphérique elle est probablement liée à la périostite infectieuse consécutive à l’ulcération du dos de la patte. Nous ajoutons cependant qu'il reste dans notre esprit quelque doute à ce sujet : faut-il admettre que la névrite est complètement étrangère à cette production osseuse sous-périostile relativement considérable ?
Un point intéressant de la question, que M. Talamon a bien étudié dans son travail de la Revue mensuelle de médecine et de
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chirurgie paru en 1878 est la formation du cal à la suite de ces lésions nerveuses.
L'observation clinique a démontré que la consolidation est parfois absente, que, d'autres fois, elle est simplement retardée et qu'enfin, dans une troisième série de faits, le cal se fait dans les délais normaux, parfois même plus rapidement, et devient exubérant.
Ogle a réuni six observations appartenant à [a premiere «atégorie.
Van der Kolk, cité par Ogle a reproduit ces faits expérimentalement, il a coupé le sciatique et le crural à lrois lapins et brisé le tibia correspondant. Ses résultats ne sont pas démonsiratifs.
M. Ollier, après avoir fracturé le mélatarse de deux agneaux du même âge, reséqua le sciatique chez l’un de ces animaux dans une étendue de 3 centimètres: Les deux fractures furent traitées par le même appareil de contention. Au bout de 22 jours la consolidation était au moins aussi parfaite chez l'agneau dont le nerf avait été sectionné. M. Ollier conclut que le défaut d’innervation ne nuit pas directement et par lui-même au développement du processus cicatriciel. Ce fait était facile à prévoir il faut un cerlain temps pour que les altérations trophiques se manifestent : lorsqu'on sectionne lenerf d’un membre, le premier phénomène qui apparait est une congestion par vaso-dilalation les vaso-constricteurs n’ayant plus d'action et cet apport sanguin exagéré explique pourquoi. la consolidation s’est faite au moins aussi facilement du côté paralysé.
L'expérience aurait eu un résultat différent si M. Ollier avait réséqué le scialique un mois ou deux avant de produire les fractures, de façon que les troubles irophiques aient le temps de se manifester.
C’est dans ces conditions que nous avons fait l’expérience suivante, aussi avons-nous obtenu un effet absolument opposé à celui de M. Ollier.
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ExPÉRIENCE. — Le 18 août, nous fracturons le pied gauche d’un chien de # à 5 mois qui servira de témoin. Il nous a été impossible chez ce chien de briser le métatarse à la main. Nous avons donc dû, après avoir pris les précautions antiseptiques indispensables, faire une petite incision à la face externe de la peau et pratiquer la section sous-cutanée des métatarsiens avec le ciseau et le maillet. Pansement et application immédiate d’un appareil en diachylon qui immobilise le membre fracturé.
Le même jour, nous répétons exactement la même opération à un chien de cinq mois qui avait subi le 8 juillet (41 jours auparavant) la section du sciatique et du crural gauches. Même pansement, même bandage.
Nous avons été forcé de faire la même incision cutanée et la même section des os au ciseau pour nous placer dans les mêmes conditions d'expérience. Ce détail de manuel opératoire pourrait nous être objecté, cependant les résultats ont été si nets que nous croyons l’expérience valable :
Au bout de 15 jours, le chien témoin marche sur sa patte sans présenter la moindre boiterie ; le cal est solide. Il n’y a, au contraire, pas trace de consolidation chez le chien paralysé. Nous remettons un bandage à ce dernier, mais il l’enlève avec ses dents le lendemain, et il meurt 8 jours après. On ne trouve pas de pus au niveau des fractures, à l’autopsie ; la consolidation des fragments est totalement absente.