CHAPITRE II
Fractures spontanées et lésions osseuses dans les maladies de la moelle (sauf le Tabes).
L’ataxie locomotrice propressive est de toutes les maladies de la moelle celle qui s'accompagne le plus souvent de fractures spontanées et de lésions profondes du Lissu osseux, aussi réserverons-nous à son étude un chapitre spécial. En attendant nous devons citer un certain nombre d’autres affections médullaires dans lesquelles on a cité des lésions du côté des os.
Les auteurs sont muets sur les altérations osseuses consécutives aux Traumalismes de la moelle; nous n'avons trouvé que l'observation de M. Waillich, recueillie dans le service de M. Blum et encore est-elle fort peu explicite. Il y est dit que le nommé Pierre M... âgé de 47 ans, ayant fait une chute de quinze mètres dans un puits vide, présenta à la suite de cet accident toute une série de troubles trophiques des deux membres inférieurs et notamment de la jambe gauche, au point qu’on dutlui amputer cette jambe au lieu d'élection. A l'examen du membre amputé, on constata une certaine atrophie du tibia.
À. Atrophie musculaire progressive.
Os. 34. — (De M, Carrie, relatée en partie dans la thèse de M, Car- ZERGUES). Atrophie musculaire progressive : contractures douloureuses. Pied bot varus équin,. Disparition de certains groupes cellulaires des cornes antérieures de la moelle. Ramollissement et lésions des os.
Ag...garcon de café.Syphilis vers 28 ans.Deux ans après en 1875,le malade entre à l'hôpital Saint-Eloi dans le service de M.Combal.Traitement tonique et antisyphilitique. Malgré cela la gêne dans les mouvements des membres inférieurs augmente. L’étendue,la précision,la force de contraction musculaire sont diminuées.Envoyé sans résultat aux eaux de Balarue.ll rentre dans le service de M,Combal qui fait le diagnostic d'atrophie
Eh, CUT
musculaire et l’envoie aux Incurables. L’atrophie a débuté par les membres inférieurs, puis elle a gagné les membres supérieurs. Douleurs dans les membres, d’abord nocturnes, deviennent nocturnes et diurnes, Contractilités galvanique et faradique conservées. Pas de troubles du côté des réservoirs sauf des pertes séminales. Le diaphragme est atrophié à son tour et le malade meurt d'asphyxie après plus de cinq ans de maladie.
Autopsie.—Atrophie musculaire considérable surtout du membre inférieur gauche.
On est frappé, en ouvrant la cavité cränienne et le canal rachidien du peu de résistance des os. Cette altération se montra à un degré bien plus marqué quand on voulut examiner les articulations des pieds et des genoux. Les os du pied et du genou se laissent traverser par le bistouri comme des fragments de pomme de terre. Toutes les épiphyses et les os courts présentent un ramollissement notable mais à un degré plus ou moins marqué. Les diaphyses sont plus résistantes mais se laissent cependant couper avec un peu d'effort par un solide scalpel. La substance osseuse compacte est excessivement mince et présente de larges vacuoles qui lui donnent l’aspect du tissu spongieux. Le canal médullaire démesurément élargi est rempli d’une graisse jaunâtre qui s’insinue presque jusqu’à la périphérie de l’os au milieu de lamelles osseuses frêles et friables.
Examen histologique : Lésions des cornes antérieures de la moelle surtout au niveau du renflement lombaire: elles sont atrophiées, surtout le gauche. Beaucoup de cellules ont disparu, notamment au niveau des groupes antéro-internes. Lésions des racines antérieures. Nerfs périphériques sclérosés, surtout le poplité externe, le médian, le sciatique, et le radial. Les muscles présentent le type complet de l’atrophie classique.
Tissu osseux: Les coupes faites sur l’os frais montrent dans le tissu spongieux de l’épiphyse de grêles lamelles osseuses se colorant par le carmin, ce qui indique qu’elles ne sont plus calcifiées. Les cavités limitées par ces lamelles osseuses sont démesurément agrandies et remplies par des vésicules adipeuses jaunâtres, volumineuses et si nombreuses qu’elles encombrent la préparation au point que pour voir les corpuscules osseux et les vaisseaux on est obligé de les traiter par l'éther ou avec le pinceau.
Vers le centre, les lamelles n'existent même plus. L'espace vide entre les parois du canal osseux et les vaisseaux est comblé par une accumulation plus ou moins considérable des vésicules adipeuses soutenues par quelques fibres conjonctives très grêles mêlées à de rares cellules arrondies, leucocytes ou médullocelles, prenant énergiquement le carmin et l'hématoxyline. Ces éléments ayant l’aspect et les réactions des cellules jeunes et actives sont en plus grand nombre contre les
travées osseuses auxquelles elles semblent adhérer. On les voit accu- BoUGLÉ 10