PURE
mulées dans les enfoncements, dans les golfes indiquant une perte de substance du tissu osseux et nul doute qu’elles jouent un rôle actif dans ce processus de destruction. Les lamelles osseuses les plus internes bordant les parois des canaux de Havers vues à un fort grossissement sont irrégulières, comme érodées par places, sans qu'il y ait de modifications appréciables dans les cellules osseuses.
Analyse chimique par le D' Vizce.
Os malades : 40 0/0 de phosphate de chaux.
M. Carrieu compare avec raison ces alléralions osseuses à celles des alaxiques : ce sont en somme des lésions d'ostéoporose graisseuse et d’ostéomalacie. N
Cet auteur les ratlache aux lésions des cornes antérieures de la moelle. On sait que, depuis quelques années, on a montré que beaucoup de faits jadis étiquetés sous la rubrique : « Atrophie musculaire progressive, ou maladie d’Aran-Duchenne » devaient changer de nom.
Dans le cas particulier, peu nous importe que le diagnostic soit exact ou non, l’observalion n’en est pas moins intéressante à cause des lésions osseuses d'une part et d’autre part de l’altération des cornes antérieures de la moelle.
C'est au même titre, que l'observation suivante mérite d’être rappelée :
Os. 35 (in thèse de DuBruiL) recueillie dans le service de CHarcor par M. Hazuiow, interne. — Paul G... âgé de 13 ans 1/2 entre le 18 juin 1891. (D’après les détails de l’observation il semblerait qu’il s’agit plutôt d'un cas de myopathie que d’un cas d’atrophie musculaire type Aran- Duchenne). Quoiqu'il en soit, le malade se fit une fracture spontanée de l'extrémité inférieure du fémur droit. L'accident survint insidieusement pendant la nuit, et l'enfant ne s’aperçcut du gonflement et de la douleur qu’au réveil, le lendemain matin. Consolidation vicieuse à coudure à concavité antérieure.Atrophie générale des muscles accompagnée d’une
gracilité considérable des os. Au tronc, scoliose dorso-cervicale à concavité droite avec courbure de compensation au-dessous.
B. Sclérose en plaques. — Les troubles trophiques sont rares dans la sclérose en plaques. Dans leur travail de 1869, Bourneville et Guérard cilent un cas de lésions osseuses, c’est le cas du docteur Penncoke: toute la colonne vertébrale fut
trouvée si ramollie à l'autopsie que les verlèbres pouvaient se couper au scalpel; on constata le même état de ramollissement au niveau des trochanters, des rotules, de la tête, des tibias et des os du tarse.
C. Sclérose latérale amyotrophique. M. le professeur Bouchard a rapporté un fait de sclérose latérale amy otrophique dans lequel il existait une atrophie telle de la substance compacte de la parlie antérieure de la diaphyse humérale qu'elle n’avait pas plus que l'épaisseur d’une feuille de parchemin. Le malade s’étant suspendu parle bras, le poids du corps avait suffi pour déterminer une fracture du col anatomique.
D. Paralysie infantile. — En 1884, dans sa thèse, M. Laborde décrit de la facon suivante les lésions osseuses dans la « Paralysie essentielle de l'Enfance » : « raccourcissement plus ou moins étendu des os, diminution de leur volume ; raréfaction relative de leurs éléments anatomiques primitifs; prédominance des éléments médullaires, et dépôt de cellules adipeuses.Les os longs sont amincis dans leur portion épiphysaire, leurs extrémités ou apophyses sont beaucoup moins saillantes, ce qu'il est facile d’apprécier tant par le toucher que par la mensuration. La rotule s'arrête dans son développement au point de n'être plus quelquefois que la moitié ou le liers de celle du côté sain. »
Liouville a présenté à la Société Anatomique des os d’un malade qui, atteint de paralysie infantile, avait gardé le lit pendant quarante ans. Ces os, plus petits qu'ils ne sont d'habitude à l’âge qu'avait le malade, loin d’être fragiles, étaient au contraire plus résistant que des os sains. Cette dernière description ressemble singulièrement à ce que nous avons dit plus haut du squelette des tuberculeux, au point qu'il y a lieu de se demander si le malade de Liouville n’était pas en même temps phtisique et si les lésions osseuses ne relevaient pas plutôt de cette dernière affection.
Cependant, en faveur de l'hypothèse de Liouville, nous citerons la description histologique de M. Marie; comme on le verra, elle se rapproche beaucoup de celle que nous avons donnée des os des phtisiques : « On constate à première vue quele contour de ces os, au lieu de présenter, comme à l’état normal, des arrêts et des dépressions, est régulièrement arrondi, l’os manque de modelé. En outre, l’épaisseur du tissu compact est beaucoup plus uniforme que normalement sur les divers points du contour d’une coupe transversale d’un os long (Joffroy et Achard).
Par l’examen microscopique, on observe que d’une facon générale, les systèmes de Havers ont un diamètre moindre qu'à l’état normal ; cette diminution de diamètre serait d’ailleurs plus accusée dans les couches profondes et, à ce niveaules systèmes de Havers pourraient n’atteindre que la moitié du diamètre normal ».
On a signalé quelques cas de « fracture spontanée ». En 1887, M. Berbez a publié le fait suivant :
O8s. 36. — Mlle B... 18 ans, vient le 13 janvier à la consultation de la Salpêtrière. Antécédents héréditaires nerveux. C’est à trois ans qu'est survenue la paralysie sur le bras gauche d’une facon brusque et rapide. Il y a 3 ans environ, la malade heurte son bras gauche contre un escalier. Le choc fut, paraït-il, insignifiant, cependant l'humérus fut cassé transversalement au-dessous du col chirurgical. La consolidation se fit en très peu de temps (environ trois semaines), à l’aide d’une écharpe qui immobilisa le bras contre la poitrine. Cinq mois après, nouvelle fracture de la partie moyenne, cette fois, après une chute légère. Consolidation aussi rapide. Une troisième fois en s'habillant, la malade se brisa le bras au-dessus du coude en passant la manche de sa robe, Depuis quelques mois, le bras parait assez solide mais la paralysie est toujours aussi complète et c'est pour cette infirmité que la malade vient à la Salpêtrière pour se faire électriser.
O8s. 37. — De M. Pizcor (1883). — Hôpital Cochin. Service de M. T. ANGER. — Fracture de cuisse à consolidation rapide chez un sujet paraplégique. — Louis R... 46 ans. Frappé de paralysie infantile à l’âge
de 5 ans. Il lui reste une atrophie très notable des membres inférieurs. Ni alcoolisme, ni syphilis. En 1870 R... a été soigné à Necker par Desormeaux pour une fracture de jambe à la partie supérieure. Un plâtre fut appliqué de suite ; le lendemain, il descend au jardin avec son appareil