‹ Contribution à l'étude des fractures spontanéesChapitre 29 sur 40 · CHASSE CR TER SO · texte numérisé non relu

CHASSE CR TER SO

Osséine. . . . . . . … . . ., 45.04 Ÿ Matières inorganiques. 15.54. Phosphate tricalcique . . . . 11.72

(Carbonatedechat eee ET 0 — — — Die CO Mu CCR ET RRSE NAT SAT)) — — —

Mac Intosh, Clouston de l'asile de Carlisle constatent eux aussi l’ostéomalacie des aliénés.

Hearder note 9 cas de fractures sur 19 autopsies d'aliénés.

Gudden, William insistent sur la fréquence des fractures de côtes chez les déments.

Il résulte des faits précédents que c'est le ramollissement des os, par diminution de la matière calcaire,qui semble constituer l’altération prédominante du squelette chez les aliénés. Les phénomènes de raréfaction et de friabilité osseuse pour être relégués au second plan n’en existent pas moins. Wylesworth

a rencontré le plus souvent chez les aliénés un amincissement de la couche compacte et un agrandissement des canaux de Havers. Dans un certain nombre de cas, dit-il (environ 10 pour cent), on trouve des lésions très manifestes ; il se fait une résorption très marquée et l'os devient cassant.

Remarquons en outre la fréquence des fractures des côtes ; ce fait semble spécial aux aliénés et aux paralytiques généraux ; il est, au contraire, tout à fait exceptionnel chez les tabétiques, comme nous le verrons plus loin.

3° Paralysie générale progressive. — En 1876 Verneuil publia le cas suivant à la Société de Chirurgie :

OBs. 47. — Paralysie générale. Fracture spontanée. — Un ancien no-

taire, d’une cinquantaine d'années, d’une constitution robuste, avait été obligé de renoncer à ses occupations à la suite de troubles cérébraux accompagnés d'une glycosurie prononcée.

. Un jour, en descendant de son lit, il se fit une légère contusion à la partie postérieure de la cuisse. [Il continua à marcher, mais quelques jours après, survenait un gonflement énorme du membre. Vaste abcès qu'il fallut ouvrir malgré la contre-indication qui résultait de l’état diabétique du malade. La plaie se cicatrisa cependant. La santé générale se rétablit ; l’état mental s'améliora même sensiblement.

Le 18 août, douleurs vagues dans le dos: cinq jours après, survint une gibbosité au niveau de la huitième vertèbre dorsale.

Au mois de septembre, la déformation s'était accrue au point de correspondre au moins à l’écrasement de trois ou quatre corps vertébraux. Pas de traces d’abcès ossifluents d'ailleurs. Amaigrissement rapide et mort de pneumonie double.

L’autopsie ne put être faite.

Verneuil ne pense pas que ce soit un mal de Pott. I incline à admettre une fracture spontanée de la colonne verlébrale liée à la paralysie générale. En réalité l'observation n’est pas absolument concluante : la psychose n’est pas nettement caractérisée, sans compter que le diabète a pu jouer un rôle important dans la production de la lésion vertébrale. Notre hypothèse est d’autant plus admissible que les troubles mentaux étaient en décroissance tandis que l’amaigrissement rapide, et la pneumonie double terminale indiquent une forme grave de diabète. De fait,

beaucoup d'auteurs, à la suite de Deguise, nient la prédisposition des paralytiques généraux aux fractures, surtout actuellement qu’on sait les relations qui existent entre le tabes et certaines formes de paralysie générale et l'association possible de ces deux maladies. Au congrès de Phéniâätrie et de Neuropathologie d'Anvers, en 1885, M. Christian s’est, dans un long mémoire, prononcé énergiquement contre l'existence de cette prélendue fragilité des os chez les paralytiques généraux.

Cependant, M. Biaute, interne de M. Bonnet, à l'asile d'Aliénés de la Roche-Gaudon publia, en 1876, deux cas de fractures chez

des paralytiques généraux dont un, suivi de l'examen des os, est particulièrement intéressant.

OBs. 48. — Un paralytique général fait un faux pas dans la cour de l'asile et ne peut se relever de sa chute. Il avait une fracture transversale du tibia gauche, à la réunion du tiers supérieur avec le tiers moyen, et rien au péroné.

La consolidation se fit après deux mois de traitement.

Le siège de cette fracture indique, ce nous semble, qu’on a affaire à une fracture pathologique : on sait en effet que la véritable fracture de jambe par cause indirecte est la fracture par torsion siégeant au tiers inférieur de la jambe. La fracture du tiers supérieur ne se rencontre guère chez les sujets sains qu’à

la suile d'un traumatisme direct portant sur cette région du squelette de la jambe.

O8s. 49. — A... René, 50 ans, laboureur. Début de la paralysie générale en 1875. Entre à l'asile le 30 janvier 1876. Le 1er février, à 4 heures du soir, par suite de la difficulté de la marche, et, par suite de son agitation, R... tombe dans Ja cour du quartier. Un gardien le relève et il est ramené dans la salle commune.

À la contre-visite, vers cinq heures, le sous-surveillant prévient que l’aliéné semble souffrir d’un bras et qu'il est tombé sur son épaule une heure auparavant. — On l’examine et on lui trouve une fracture du corps de l’humérus avec fort déplacement. C’est une fracture oblique très allongée. (M. Biaute insiste sur la complexité de la fracture bien en rapport avec l'idée d’une fracture pathologique), — On applique un appareil à attelles et une écharpe. Le malade meurt cinq jours après, le 6 février.

Ne —

AurTopsi£: Examen de plusieurs os de ce sujet. Au microscope, on constate dans les substances médullaire, spongieuse et compacte une altération se traduisant par une prolifération du tissu adipeux et des gouttelettes du même genre suintant de toutes parts.

Le tissu compacte, en certains points, est aminci outre mesure et, comparé avec celui des mêmes os d’un autre sujet, présente des différences considérables. |

C’est, suivant l'expression de MM. Bonnet et Poincarré, « un travail lent de destruction sans pouvoir réparateur et formation d'éléments né-

crobiotiques : dénutrition progressive se reliant intimement aux troubles centraux des vaso-moteurs ». :

Cette dernière hypothèse pathogénique est discutable ; retenons seulement pour le moment la description des lésions osseuses. C’est bien là la raréfaction que nous avons déjà rencontrée dans les autres affections nerveuses.

Dans sa thèse d’agrégation, M. Simon relate le cas inédit sui- Cap) ;

vant recueilli par M. Bezancon dans le service de M. Voisin à la Salpêtrière :

Paralysie générale à forme de démence paralytique. Fracture du radius à la suite d’une chute insignifiante, Rapidité insolite de la consolidation.

Le fait suivant a élé publié par M. Frœlich.

Ogs. 50 (résumée). — Pierre B... 43 ans, entre dans le service du professeur Heydenreich. Bras gauche gonflé, fracture des deux os de l’avant-bras au tiers moyen. En l’interrogeant, le malade étonné qu’on lui trouve une fracture raconte que, il y à trois jours, il avait bien éprouvé, en soulevant une pelletée de terre, une légère douleur dans son bras et qu'il avait percu en même temps un petit craquement ; mais il avait continué son travail. Le bras avait gonflé le lendemain.

L’examen attentif du malade révéla les symptômes suivants : Inégalité pupillaire, rétrécissement de la pupille droite. Embarras de la parole. Sensibilité et motilité intactes. Sa mémoire avait beaucoup diminué depuis six mois.

En outre, son caractère a changé, il est devenu irritable, autoritaire, il bat ses enfants et est par moments, comme perdu (renseignements fournis par sa femme).

Cinq semaines après le jour où on lui mit sa gouttière plâtrée, le malade revint au service pour qu'on la lui enlevât. La consolidation était complète. Mais, en même temps, le malade montra son bras droit qui était gonflé. A l’examen, on constata là encore une fracture des

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