‹ Contribution à l'étude des fractures spontanéesChapitre 30 sur 40 · ARR · texte numérisé non relu

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deux os de l’avant-bras, au tiers inférieur. Il avait fait une chute légère, la main reposant sur le dos, Un petit craquement s'était fait entendre et il éprouva une légère douleur. Les mouvements cependant êtaient conservés et nullement douloureux comme dans la première fracture.

Ces différents faits semblent démontrer qu’il existe, au moins dans certains cas, une altération du squelette consécutive à l’affection cérébrale : il faudrait, pour avoir des données satisfaisantes, pratiquer systématiquement l'examen du squelette d’un certain nombre de déments, paralytiques ou non. Il est certain, en tous cas, que ces lésions sont peu accentuées car les fractures sont exceptionnelles. M. Klippel a bien voulu faire, sur notre prière, une enquête à ce sujet, dans les différents asiles d’aliénés de la Seine ; or, depuis nombre d'années, aucun fait de fracture spontanée n’a été signalé.

Pour être rares, ces fractures n’en sont pas moins intéressantes à notre point de vue car elles nous permettent de compléter notre dossier, d’accroitre le nombre des affections nerveuses qui s’accompagnent de lésions osseuses comparables entre elles. La distinction qu’on a voulu faire entre l’aliénation mentale et la paralysie générale progressive au point de vue de leur action sur le tissu osseux, la première entrainant le ramollissement, et, la seconde, la fragilité du squelette, ne nous paraît pas exacte. Nous n’en voulons pour preuve que les deux cas d'Ormerod (1) dans lesquels on trouve des fractures de côtes : l’un était un homme atteint de paralysie générale, l’autre une femme maniaque et agitée. Dans les deux cas, Ormerod constate un élargissement des canaux de Havers dont le calibre était rempli par une matière opaque contenant quelques globules huileux. Et le D' Ormerod conclut que la fragilité des côtes dépend d’un état morbide des os qui affecte tout le squelette, quoique plus marqué aux côtes ; cet état morbide est la conséquence d’une absorplion de la partie interne de l’os et de la substitution au tissu

(1) Nous empruntons ces deux cas ainsi que nombre d’autres à l'excellent

article de M. Talamon sur les lésions ostéo-articulaires dans les maladies nerveuses (Revue de médecine et de chirurgie, 1878).

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osseux normal d’un dépôt considérable fde matières grasses. L'ostéomalacie est, d’une facon générale, plus marquée dans l’aliénation que dans la paralysie générale, elle existe néanmoins dans celte dernière affection. M. Arnozan l’a décrite, le fait suivant le démontre :

En faisant l’analyse d’un os de paralytique général, Campbell Brown de Liverpool a trouvé les chiffres suivants :

Matière organique. . . . . 58,16

Acide phosphorique . . . . 16,89 \

AGE CArbonique 1 eur 1,71 | Matières inorgani- TEE M RS NE A [ ques 41.83, Magnésie et alcalins . . . . 1,05

D’après Bibra, la quantité normale de phosphate tricalcique est de 57.36 0/0.

I n’y a donc que des différences de degré entre les altérations chimiques et physiques des os des aliénés et celles des paralytiques généraux. Ici encore le terme d’ostéomalacie semble être synonyme de ramollissement et ne pas répondre à une maladie spéciale des os.

M. Talamon fait une distinction absolument tranchée entre ces lésions osseuses et celles du tabes, s'appuyant en partie sur la localisation différente des altérations ; comme nous l'avons dit, dans les maladies que nous étudions en ce moment, ce sont les côtes, le bassin, la colonne vertébrale qui sont le plus souvent atteints, dans le tabes, nous verrons que les fractures siègent surtout aux membres; en réalité la différence n’est pas absolue; nous aurons l’occasion de décrire des lésions de la colonne vertébrale et du bassin chez les tabétiques.

Nous pensons au contraire que ces altérations osseuses méritent d’être rapprochées el qu’elles sont vraisemblablement de même nature.

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