‹ Contribution à l'étude des fractures spontanéesChapitre 4 sur 40 · APTE · texte numérisé non relu

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été singulièrement délaissée par ceux qui nous ont devancé dans celte voie, on lâchera ensuite d'expliquer comment la maladie a déterminé ces lésions ; nous en dirons un mot, et, à défaut d'explication précisereposant sur des données scientifiques, nous nous efforcerons d'apporter notre faible part de documents pour faciliter celte solution dans l'avenir.

Le présent travail n’est forcément qu'une ébauche ; nous n'avons eu ni le temps suffisant ni les matériaux nécessaires pour jeter une lumière complète sur la question encore si obscure de la pathogénie des « fractures spontanées ».

Chaque auteur, pour ainsi dire, qui traite de la question, propose une classification nouvelle basée sur des observations presque toujours incomplètes ; cela est vrai surtout pour les auteurs anciens qui font rarement suivre leur description symptomatologique de l’examen direct des pièces, et encore celui-ci est-il habituellement vague et insuffisant. Il est à remarquer que les observations récentes sont relativement plus rares; cela tient sans doute à ce que bon nombre des observations anciennes n'étaient pas à proprement parler des faits de « fractures spontanées » mais se rapportaient à des cas de fractures par infection locale néoplasique ou autre, et l’on peut en conclure que les véritables « fractures spontanées » sont rares.

La plupart des auteurs qui ont écrit sur les « fractures spontanées » ont longuement décrit les fractures consécutives à l'envahissement des os par le cancer. Lorsqu'une portion du squelette, et surtout du squelette des membres est atteinte par une tumeur, le néoplasme en se développant ronge progressivement toute la substance osseuse et la fracture se produit quand le levier osseux a perdu la plus grande partie de sa résistance ; c’est là, en somme, un phénomène banal, purement mécanique, et il nous semble qu'il n’y a pas lieu de nous étendre sur ce mécanisme de fractures. Contentons-nous de noter en passant que ces sortes de lésions sont fréquentes, plus même qu'on ne le croyait autrefois ; depuis une vingtaine d'années de

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bons travaux ont été faits sur cette question des tumeurs des os ; on a insisté notamment sur la fréquence des fractures spontanées dans l’ostéosarcome.

On a montré aussi que très souvent, toujours disent certains auteurs, les fractures dans la svphilis sont précédées d’une ostéite spécifique.

Les fractures survenant dans les affections inflammatoires des os, en particulier, dans l'ostéomyélite, ne nous arrêteront pas davantage, ce sont là des lésions-bien connues aujourd’hui et le mécanisme des fractures se concoit aisément.

Nous éliminerons également le rachilisme et l’ostéomalacie. Les altérations osseuses du rachilisme sont parfaitement décrites dans les traités d'anatomie pathologique, elles sont d’ailleurs caractéristiques, spécifiques pour ainsi dire, et constituent un chapitre à part dans la pathologie osseuse, et, bien que celle question du rachilisme soit encore très obscure au point de vue pathogénique, étant forcé de nous limiter, nous avons dû la laisser complètement de côté.

Le terme d’ostéomalacie prête à confusion : si on se borne à son sens strict, il signifie simplement : ramollissement des os, et à ce compte, nous aurons souvent l’occasion de l’employer attendu que cet état du tissu osseux se rencontre dans la plupart des maladies des os. Mais les traités classiques décrivent généralement l’ostéomalacie comme une maladie spéciale du squelette, évoluant plus ou moins rapidement, atteignant la presque totalité des os sans qu’on puisse le rattacher à une affection générale quelconque. Nous ne dirons rien de l’ostéomalacie ainsi comprise ; nous pensons seulement que cette affection ne tient actuellement cette place dans la pathologie osseuse qu’à cause de l'ignorance dans laquelle nous nous trouvons au sujet de sa véritable cause : beaucoup de faits étiquetés sous la rubrique : « ostéomalacie » relèvent sans doute d’affections générales diverses, quelques-unes ont très probablement pour origine une altération primitive du système nerveux el nous revenons ainsi à l’ancienne opinion de Frank, Boyer, Stanski, Trous-

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seau, qui considéraient le ramollissement des os comme un état résultant de diathèses très diverses. Cependant l'ostéomalacie existe; nous en avons publié un cas l’an dernier, avec notre ami le docteur Pilliet, à la Société Anatomique ; à côté d’une raréfaction cor sidérable du tissu osseux on pouvait constater sur les coupes histologiques des lames irrégulières d’un tissu de nouvelle formation d'apparence sarcomateuse entre les travées de l’os ancien. Rapprochant ce cas d’un fait antérieur publié par MM. Péron et Meslay et dont il avait pratiqué l’examen histologique, M. Pilliet (4) serait tenté de voir dans cette altération osseuse une sorte de dégénérescence sarcomateuse. Peut-être cet envahissement de l'os par des travées de tissu embryonnaire ne représente-t-il que la phase ultime du processus que nous étudions spécialement dans ce travail sous le nom de raréfaction et de ramollissement des os ; peut-être ces cellules myxomateuses ne sont-elles que le retour à l’état embryonnaire des cellules médullaires et même des cellules fixes de ce tissu osseux profondément altéré. Quoi qu’il en soit, il existe dans ces cas d’ostéomalacie vraie un tissu caractéristique qui les différencie nettement des lésions histologiques que nous décrirons plus loin. L'examen microscopique est donc nécessaire pour séparer l’ostéomalacie vraie du simple ramollissement des os. Combien sont rares les observations publiées en France qui fournissent cette donnée indispensable ! A l'étranger des faits d’ostéomalacie sont plus souvent relalés ; parmi eux, nous pensons d’après la description des coupes histologiques, que bon nombre sont des cas de raréfaction osseuse accompagnée de ramollissement et non d’ostéomalacie vraie.

Après avoir ainsi écarté de notre sujet et pour des raisons variées une notable portion des affections que l’on décrit habituellement comme pouvant donner naissance à des fractures spontanées, nous voyons la question se circonscrire, nous arrivons aux fractures dont la cause première et le mécanisme sont

(1) Communication orale,

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