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le plus obscurs ; il nous semble qu’elles sont aussi les plus intéressantes et qu'elles répondent plus spécialement au terme de « fractures spontanées ». Nous étudierons les fractures se produisant sous l'influence d’une maladie générale, d’une diathèse, sur des os sains en apparence, nous verrons ce qu'il faut penser de cette soi-disant intégrité du tissu osseux.
Nous aurons l’occasion, dans le cours de notre étude, de citer les auteurs qui ont écrit sur les « fraclures spontanées » avant nous : nous ne consacrerons donc pas de chapitre spécial à l'historique de la question, dans la crainte de faire double emploi. Faisons remarquer toutefois qu’en lisant les opinions émises sur le sujet qui nous occupe, on est frappé de leurs divergences ; suivant une loi générale de l'esprit humain, les auteurs qui ont envisagé cette étude ont tour à tour affirmé et nié l’existence des « fractures spontanées ». M. Donatus, B. Bell, Meckren ont été des premiers à signaler ces sortes de fractures se produisant sous l'influence la plus légère; notons également les traités des maladies des os de J. L. Petit, de Duverney, puis les travaux de Desault et Louis, de Pouteau, Morand et Le Dran, A. Cooper. Peu à peu, lorsque l’étude de l'anatomie pathologique fit des progrès, on constata que les fractures se produisaient souvent sur des os préalablement altérés par une inflammation chronique ou par la pénétration d’une tumeur cancéreuse et ce ne fut que grâce aux travaux de Verneuil et de ses élèves qu'on revint aux idées anciennes sous le couvert des diathèses ; on admit la possibilité des altérations osseuses de cause générale, sans lésion locale importante. Une nouvelle pathogénie fut créée lorsque Charcot, en 1878, vint signaler la première fracture spontanée dans le tabes. Les recherches se portèrent dès lors de ce côté et les diathèses furent abandonnées pour l'étude des maladies nerveuses. Il nous semble cependant que les fractures diathésiques ne doivent pas être absolument délaissées et, tout en réservant la plus grande part aux lésions osseuses conséculives aux affections nerveuses, nous étudierons d’abord quelques maladies
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générales, en particulier, le cancer, le diabète, la syphilis et la tuberculose.
En 1833,dans son‘7raité d'Analomie Pathologique, Lobstein a décrit une variété spéciale de fragilité osseuse à laquelle il a donné le nom « d'Ostéopsathyrose » : ce serait pour lui une raréfaction de tout le tissu osseux survenant sans cause appréciable ; l’affection serait héréditaire, familiale. [1 signale, à ce propos, l’observation d’une famille dans laquelle trois enfants se fracturèrent huit fois les bras et les jambes dans l’espace de cinq ans. Goodwin rapporte le cas d’une femme qui, dans l’espace de deux ans et demi, se fit vingt-trois fractures. Nous pensons que cette fragilité osseuse idiopathique n'a d’autre raison d'être que notre ignorance. Un fait seul est frappant dans la description de Lobstein, c’est le caractère héréditaire et familial de l'affection ; mais, même en admettant que la raréfaction osseuse relève d’une maladie générale, ne peut-on pas expliquer celle particularitéen disant que la diathèse et plusgénéralement, la cause originelle, s’est transmise des parents aux enfants? Certains des individus atteints de fragilité osseuse dite idiopathique, de l’ostéopsathyrose de Lobstein, ont des antécédents intéressants, témoin ce sujet qui fait l’objet de l’observation de Pagei dans laquelle nous relevons : un père mort d'affection des bronches, un frère mort phlisique, une sœur rachitique. Il est probable que si les observations rapportées par Lobstein et par Gurlt avaient été recueillies d’une facon plus complète au point de vue des antécédents, beaucoup d’entre elles devraient disparaitre de leur classification pour rentrer dans un des groupes que nous allons étudier. On sait que Charcot a montré que dans le travail de Gurlt sur le même sujet un certain nombre de ces soi-disant fragilités osseuses idiopathiques devait être rattaché à l’ataxie locomotrice progressive.
Tout récemment dans sa dissertation inaugurale, M. Moreau a repris cette question de l’ostéopsathyrose. Il cite une observation personnelle dans laquelle, une femme en parfaile santé, après avoir eu deux enfants d’un premier mari mort phtisique,
a trois enfants d’un second mariage et son deuxième mari meurt fou paralytique. De ces trois derniers enfants, l’un vient au monde avant terme et meurt en naissant, les deux autres, deux filles, ont dans leur enfance, toute une série de fractures : l’ainée âgée de douze ans, se fait sept fractures, dont six aux jambes ; la seconde, âgée de neuf ans, n’a pas eu moins de dix fractures dont huit également aux jambes. Tout en acceptant le terme de Lobstein, l’auteur n’y attache pas le même sens; ce n’est pas pour lui une affection idiopathique ; il note dans son observation l'hérédité nerveuse et propose de faire rentrer l'ostéopsathyrose dans le-groupe des fragilités osseuses d’origine nerveuse, la comparant aux divers groupes d’atrophies musculaires et en particulier à la dystrophie musculaire progressive.
Lobstein signale dans son traité que la cavité médullaire des osatteints del’affection qu'il décrit s’est considérablement agrandie aux dépens de la substance compacte. Gurlt, Linck, de leur côté, n’ont pas trouvé d’altérations osseuses, el Gurlt compare l'ostéopsathyrose à l'hémophilie. |
Tous ces renseignements sont trop vagues pour que nous conservions dans notre classification une place à la maladie de Lobstein.