‹ Contribution à l'étude des fractures spontanéesChapitre 8 sur 40 · TD) RE · texte numérisé non relu

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C. — Voyons maintenant queiles sont les lésions osseuses qui prédisposent à ces fractures.

Lebert dit que les os subissent une diminution générale dans leur nutrilion ; ils s’amincissent, deviennent plus flexibles, et le squelette se déforme ; en un mot, ilse produit une véritable atrophie Lant dans les parties calcaires que dans leurs parties organiques.

Follin, s'appuyant sans doute sur l’observation de Malgaigne dans laquelle il est dit que les côtes du côté correspondant à un cancer du sein furent seules trouvées lésées à l’autopsie, en conclut que c’est là un mode d'action spécial au « suc cancéreux » qui se localiserait sur certaines parties du squelette laissant le reste des os indemne, par opposition au rachitisme qui étend son action au tissu osseux tout entier. Nous pensons au contraire que l’observation de Malgaigne est absolument spéciale et que s’il y a des lésions osseuses, elles doivent être réparties à tout le squelette.

M. B. Anger caractérise ces lésions d’un mot, c’est pour lui, une atrophie graisseuse des os.

C'est également la stéatose qui domine pour M. Lancereaux, et plus tard, une raréfaction de la substance osseuse avec disparilion des cellules adipeuses et formation d'éléments semblables à ceux de la moelle fœtale. Les os particulièrement atteints seraient les côtes et la colonne vertébrale : les os se laisseraient facilement sectionner au couteau en laissant échapper une substance rougeàtre molle et pulpeuse.

La description la plus complète est donnée par M. Chibrac, dans sa thèse: « dans les fractures qui surviennent sans tumeur, sous l'influence de la diathèse cancéreuse, on trouve le plus souvent tous les caractères de la raréfaction sénile, de l’ostéite raréfiante ou de l’atrophie et du ramollissement. Les os sont alors plus légers, et plus friables. Les canaux vasculaires sont légèrement dilatés, érodés et communiquent entre eux ; de là résultent des cavités plus ou moins cloisonnées. Le tissu compact devient aussi aréolaire et cette transformation est assez

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considérable parfois pour absorber la lame superficielle de l’os. Cazalis, qui a fait de belles recherches sur le cancer, a plusieurs fois montré à la Salpêtrière une autre forme d'altération des os dans l'infection cancéreuse : ce sont des ossifications multiples qui vont quelquefois jusqu’à l’éburnation. On les rencontre dans la plupart des os, mais surtout dans le corps des vertebres ».

Celte dernière description est absolument spéciale à Cazalis ; nous n'avons rien vu d'analogue dans les auteurs qui ont traité la même question. |

Donc atrophie etramollissement, telles sont les deux lésions le plus souvent décrites. Kuhn en 1865 a cité deux beaux cas de la dernière de ces deux altérations, sous le nom d’ostéomalacie cancéreuse (nous avons déjà dit pourquoi nous préférons le terme de : ramotlissement cancéreux).

4er Cas. — Homme de 50 ans environ, porté à l’amphithéâtre de Clamart. — L'autopsie montra un vaste cancer du pylore. Toutes les pièces du squelette présentaient un certain quoique léger degré de friabilité ; mais dans quelques points et notamment dans deux points de la colonne vertébrale, vers la 3e cervicale et vers la 2e lombaire, le ramollissement beaucoup plus prononcé à permis de brusques inflexions tandis que dans les autres parties de son étendue, l'axe vertébral conservait sa direction normale. Dans aucun des points ramollis du squelette il n'y avait communication directe des foyers de ramollissement avec une tumeur cancéreuse des parties molles.

2e Cas. — Observé chez une dame anglaise, d'environ 60 ans, d’une taille colossale, d'un embonpoint proportionné, chez laquelle un squirrhe non ulcéré, très dur, ratatiné, du sein droit, datant de longues années, était la seule manifestation de la maladie sur les parties molles. Toutes les pièces du squelette offraient la consistance du fibrocartilage. L'examen post-mortem n’a pu être fait.

D. — Nous devons à l’obligeance de M. Teissier, chef de clinique, le fait suivant observé dans le service de M. le professeur Potain à la Charité.

OBs. 12 (inédite). — Femme présentant un cancer de la mamelle, de forme atrophique, morte de cachexie. Quelque temps avant sa mort,

douleurs à la hanche du côté gauche ; puis un jour, sans cause appréciable, on constate une déformation du membre du côté correspondant.

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