‹ Contribution à l'étude des gangrènes primitives multiples de la peauChapitre 5 sur 31 · EN PU · texte numérisé non relu

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jours après cela. une infiltration rouge, bien délimitée, et plus souvent une cicatrice blanchâtre, atrophique, plus où moins profonde — suivant la durée — etsurtout suivant le traitement.

Enfin, l’efflorescence primitive peut se gangréner d'emblée.

Dés la constitution de la croûte, celle-ci prend une teinte grisâtre, puis noirâtre, s'étend excentriquement et en profondeur, refoulant peu à peu l’aréole érythémateuse infiltrée, au milieu de laquelle elle a pris naissance. Solidement encerclée dans les tissus pendant les premiers jours, la croûte noire devient escharotique, se mobilise peu à peu et se détache, laissant à sa place une ulcération toujours profonde, à bords déchiquetés et taillés à pie, donnant une sanie odorante et jaunâtre. La croûte ne se renouvelle pas,et la réparation est assez rapide, quand la plaie est nettoyée et les pansements fréquemment renouvelés.

Abandonnées à elles mêmes, ces ulcérations, ecthymateuses ou gangréneuses n’ont aucune tendance à s'arrêter. Elles s'étendent excentriquement, précédées,.à la périphérie,par un bourrelet d’infiltration rougeâtre et croûteux,limitant en arrière de lui une zone d’ulcérations putrilagineuses ou déjà bourgeonnantes, tandis que le centre est recouvert d'un mauvais tissu de cicatrice, instable et trop pigmenté. Certaines ulcérations, mal soignées, peuvent ainsi acquérir la surface d’une assiette, envahir toute la fesse, franchir le sillon et s'étendre plus ou moins loin du côté opposé.

Re Si étendues que soient les pertes de substance, les phénomènes subjectifs peuvent être nuls; la constatation en est des plus nettes, dans les trois observations publiées. Nous n'avons observé de douleurs quelorsque l’ulcération envahissaitun orifice(oreille, anus)ouune partie du corps exposée aux frottements (pli génito-crural). En général, ni douleurs, ni prurit. Le plus souvent localisée au revêtement cutané, l'affection peut atteindre la muqueuse buccale. Le malade de Hallopeau, le nôtre, ont été atteints, à diverses reprises,d’ulcérations déchiquetées et blanchâtres, siégeant sur les joues, les lèvres ou les amygdales.

Les phénomènes infectieux concomitants sont des plus intéressants et des plus nombreux. Une élévation de température quelquefois intense,accompagnée de céphalée et de fatigue précède ou accompagne les éruptions. Dans l’un des cas de Janovski et Mourek, la malade était arrivée à l'hôpital avec 4e; le malade de Hallopeau eut, au début, une poussée fébrile d’une huitaine dejours(3904 comme maximum) ; le nôtre fut atteint d'une série de poussées analogues, avec température, oscillant entre 880 et 39%, d'une durée de cinq à six jours chacune.

Les adénites sont fréquentes, inflammatoires ou ‘suppurées. Le malade de M. Hallopeau fut successivement atteint de suppurations sous-maxillaires et sus-claviculaires. Le nôtre présentait à chaque poussée une hypertrophie très douloureuse des ganglions sous-maxillaires et axillaires.

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