‹ Contribution à l'étude des gangrènes primitives multiples de la peauChapitre 8 sur 31 · ANDRE · texte numérisé non relu

ANDRE

M. le professeur agrégé Paviot a bien voulu examiner les pièces prises sur notre malade. Voici la note qu’il a rédigée à ce sujet :

« La lésion est caractérisée par une dermite à petites cellules, avec altérations très profondes de l'épiderme, au niveau de la plaque. Les cellules inflammatoires petites, rondes ont néanmoins toutes déjà un protoplasma granuleux un peu jaunâtre, assez fragile. Elles sont surtout abondantes dans les papilles et dans les couches superficielles du derme.

« Ces cellules n’ont aucune prédilection, ni pour les glomérules sudoripares, ni pour les bulbes pileux. Tout est envahi au centre dela plaque; mais, en examinant à Sa périphérie, on voit que les cellules rondes se placent dans tous les espaces où il y à normalement un tissu connectif plus lâche qu'ailleurs, c’est-à-dire autour des vaisseaux, autour des fascicules des arectores pilorum. Mais, en particulier à la périphérie l’atmosphère qui entoure les bulbes pileux ou les glomérules sudoripares n’est pas plus particulièrement envahie.

«En somme, la distribution de la lésion parait réglée beaucoup plus par les vaisseaux, comme le prouve la forme ronde eten coin de la pluie de cellules rondes.

« L'épiderme offre, dès la périphérie de la plaque, dessignes d’hyperplasie, de l'allongement des bourgeons interpapillaires ; au centre même de la plaque l'épiderme s’amincit, la couche des cellules cornées s’'amincit, le corps muqueux de Malpighi tend à perdre sa différenciation dans la profondeur où il

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est en contact avec l’infiltration de cellules rondes. Enfin, en surface, au voisinage du centre de la plaque apparaissent quelques petits points en foyers ovales sur les coupes où il s’est produit de la vacuolisation des cellules malpighiennes, ce que déterminent de petits disques à contenu granuleux, entre le corps muqueux et le sératum corneum. >»

ÉTIOLOGIE. PATHOGÉNIE

L’étiologie de cette affection est très difficile à établir, car la gangrène est produite par des causes aussi nombreuses que diverses.

Nous éliminons tout d'abord toutes les gangrènes pour lesquelles une diathèse quelconque peut être incriminée ; nous ne nous occuperons donc pas des gangrènes nerveuses, hystériques, diabétiques, syphilitiques, etc.

Nous ferons seulement l'étude des gangrènes qui paraissent avoir une origine spontanée, et dont l’étiologie, par ce caractère même de spontanéité, se trouve souvent très obscure. |

En parcourant nos observations, nous trouvons notées comme cause de la gangrène :

a) Cinq fois une brülure(casde Bayet, Max Joseph, Quinquaud, Hebra, Kolb). Dans ces cas, la brülure est produite, soit par un acide, soit par un liquide bouillant ;

b) Cinq fois une piqûre ou une excoriation de la peau. Dans le cas de Doutrelepont, la malade se

piqua sous l’ongle du pouce gauche, avec üne 3 V

LRO GAS aiguille qui ne fut pas extraite. Dans le cas IT de Janovski et Mourek, la malade qui fauchait de ‘herbe se piqua avec sa faux à un doigt de la main gauche. Dans le cas III des mêmes auteurs, le malade attribue sa maladie à la piqûre d’une mouche sur le dos de la main gauche.

Nous retrouvons dans l’histoire de notre premier malade, la relation d’une blessure qu'il se fit trois mois avant l’éruption; à la racine de l’annulaire avec une bague de laiton qu'il portait habituellement.

Notre deuxième malade nous raconte également que plantant un échalas, celui-ci se brisa. L'un des fragments vint violemment heurter la face postérieure du bras droit, produisant une écorchure qui se cicatrisa d’ailleurs normalement. Quinze jours après, le premier bouton apparut;

c) Trois fois la misère physiologique (3 cas d’Eichoff). |

Enfin, il est des cas (Boeck, Kopp, Demme, Rothmann, Renatu, Jauovski et Mourek, cas I), dans lesquels on ne trouve rien pour expliquer la maladie.

Il faut reconnaitre que les éléments étiologiques sont totalement insuffisants pour assigner une étiologie précise à cette affection. Nous allons donc nous aider des données cliniques et des résultats. anatomo-pathologiques, pour chercher quelle est sa pathogénie la plus probable.”

Est-ce une maladie parasitaire? Quelques auteurs sont de cet avis.

Dans trois cas d’Eichhoff, celui-ci examina le contenu de la vésicule gangréneuse au microscope

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