‹ Contribution à l'étude des gastrectomies dans le traitement de l'ulcus gastriqueChapitre 5 sur 32 · MEN ES · texte numérisé non relu

MEN ES

Du premier janvier 1906 au premier septembre 1915, ces auteurs citent, sur 285 gastro, 159 cas bons, soit 55,7 seulement. De Quervain montre que 90 % des mauvais résultats se révèlent dans la première année qui suit l'intervention. |

Dans l’ulcère calleux pénétrant avec névrite, la gastro étant insuffisante, plus qu'ailleurs la gastrectomie large est indiquée, sans parler de la dégénérescence néoplastique plus fréquente pour ces ulcères, l’ulcère caleux n’a que très peu de chance de guérir, et Roux de Lausanne a vu des récidives 22 ans après une gastro.

Les lésions de névrites, si importantes, étudiées par Hartmann et Lecène au IV° Congrès de Chirurgie de New-York en 1914, ne seront guéries que Fos les gastrectomies.

Enfin nous croyons pouvoir dire, comme dernier | argument en faveur de la gastro-pylorectomie large, que si la gastro est une opération plus bénigne de prime abord, elle n’est pas inoffensive, étant donnée la mortalité suivant les opérations itératives qu'elle oblige après elle.

A ce propos Henriquez disait dans les indications opératoires des ulcères gastro-duodénaux : « Nous sommes souvent plus désarmés en face d’un gastro-entérostomisé qui souffre, qu’en face d’un ulcéreux qui n'a pas été opéré ».

Sur 80 pièces de résections examinées par Hirschberg, Pauchet trouve : 71 ulcères simples et 9 ulcérocancers, soit 12,6 % de cancérisation.

Fréquence des ulcères multiples. — Un second point de grande importance et qui doit retenir notre

attention en faveur d’une exérèse large, est la fréquence des ulcères multiples. Nous en avons 2 exemples sur les 39 cas de notre statistique, soit 5,1 %.

Dans un premier cas (observation n° 3) il s’agit de deux ulcères pré-pyloriques ; dans le second (observation n° 34) on trouve un ulcère pylorique et un ulcère assez haut sur la petite courbure.

Plus curieux encore sont la formation et l’évolution de nouveaux ulcères après gastro-entérostomie.

Tuffier publie, à ce propos, l'observation d’un malade porteur de gastro-entéro-anastomose pour ulcère de la petite courbure. L'ulcère est réséqué 9 ans après pour une hémorragie, puis à quelque temps de là, nouveau melæa et la troisième intervention fait constater un ulcère du duodenum.

Moyniham cite le cas d’un ulcère du pylore gastroentérostomisé qui fit plus tard un ulcère de la petite courbure avec perforation. Hoffmann cite, lui aussi, plusieurs cas de nouveaux ulcères après la gastro simple.

Sans parler des complications amenées par l’ulcère laissé en place, la perforation toujours possible et l’hémorragie sur lesquelles nous ne nous étendrons pas n'ayant pas de statistique personnelle de gastro-jéjunostomie à opposer à nos gastrectomies, nous nous permettrons de faire remarquer que si le chirurgien est partisan de l'opération d’exérèse, celle-ci doit être le plus large possible. Les lésions très fréquentes de gastrites péri-ulcéreuses et la nécessité de faire des sutures en Zône saine en sont encore une preuve.

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Ulcère peptique. — Un autre avantage de la gastrectomie serait la disparition de l’ulcère peptique si redouté il y a une vingtaine d'années. C'était une complication grave, mais heureusement rare de la simple gastro. Les chirurgiens sont unanimes pour dire que l’ulcère peptique a disparu avec la gastrectomie.

Abadie d'Oran, sur 300 interventions, n’en a vu aucun cas. Dans notre modeste statistique, il nous a été donné de voir un ulcère peptique après simple gastro (observation n° 15).

Gastro insuffisante. —— Dans deux cas enfin (observations n° 3 et n° 25) la gastro a été nettement insuffisante pour arrêter l’évolution de l’ulcère. Dans le premier cas, la gastrectomie a permis de classer le résultat parmi les bons. Dans le second cas, une résection en selle ayant été pratiquée, après trois ans de guérison apparente, le malade se remet à souffrir et à vomir de nouveau.

Témoin trouve, lui aussi, sur 56 cas, trois malades déjà gastro-entérostomisés à qui la gastro n'avait apporté aucun soulagement. Walton cite 13,7 % de récidives après gastro.

Mais n'’entrons pas dans ce débat brûlant qui nous entraînerait peut-être loin de l’impartialité que nous nous sommes imposée. N'oublions pas que nous nous bornons à l'exposé d’une statistique, sans vouloir discuter quelle est l'opération préférable, de la gastro simple ou de la gastrectomie.

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Awesrnésie. — Pour être complet dans le dépouillement de cette statistique, nous devons dire un mot du mode d’anesthésie employé.

Sur 60 anesthésies pratiquées, soit au cours des premiers où des seconds temps, il a été fait 16 rachi-

anesthésies, une anesthésie locale seulement et 48 anesthésies au kélène-éther.

Depuis deux ans, M. le Docteur Bonniot emploie indifféremment pour ses anesthésies générales le balsoforme ou le simple éther avec l'appareil d'Ombredanne, le plus souvent d’une façon discontinue au milieu de l’intervention.

Les rachi-anesthésies ont été pratiquées en général à la scurocaïne à 8 %. De 8 à 12 centimètres cubes d’anesthésique ont été injectés avec ou sans soustraction préalable de liquide céphalo-rachidien. Sur ces 16 cas, 11 anesthésies ont été parfaites avec silence abdominai complet. On a noté un échec avec anesthésie nulle, deux anesthésies incomplètes où le kélène éther a été nécessaire à la fin de l’intervention, une lipothymie dans un cas à la vingtième minute sans suite grave. Enfin, dans un cas l’anesthésie rachidienne a donné lieu à de petits accidents légers pendant une quinzaine de jours, avec, entre autres : parésie du membre inférieur gauche, incontinence incomplète des matières, céphalée et rachialgie. Ces accidents se sont d’ailleurs amendés rapidement,

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Observations

OBSERVATION I Mme R..., 27 ans, Grenoble. Entrée le 19 janvier 1923.

RÉSUMÉ DE L’OBSERVATION. — Début des accidents à 26 ans; crise de vomissements, dure deux mois. Un an après, au début d’une grossesse, reprise des accidents, puis cessation et reprise après l’accouchement.

Depuis, crises fréquentes.

Premier séjour en médecine : octobre, novembre 1922. Ce qui domine, c'est l’anémie. *

Obscurité des sommets, avec expiration prolongée sans signes adventices.

Diagnostic porté : Chloro-anémie avec troubles dyspeptiques.

Deuxième séjour en médecine : décembre 1922.

Réapparition des mêmes symptômes, amaigrissement de 10 kilogrammes. Examen négatif de l’estomac, sauf point douloureux épigastrique.

Sang dans les selles à deux reprises.

Diagnostic : Ulcus probable, passe en chirurgie.

Intervention. — Premier temps : 20 janvier 1923. A. G.

Kélène, éther. Gros ulcère calleux de la petite courbure perforé et bouché dans le foie.

Gastro-postérieure transmésocolique à la suture en trois plans au catgut.

Suites simples, mais malade peu soulagée,

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Deuxième temps : 17 février 1923. À. rachidienne, 2 centigrammes de scurocaïne, XII D., 1” L.

Gastro-pylorectomie : Suture de la tranche gastrique et du moignon duodénal en trois plans au caigut.

Suites très simples. Quitte le service le 3 mars 1923 pour repasser en médecine.

A la radio : Evacuation normale de l’estomac.

Dans le courant des mois de mars-avril, évolution rapide des lésions bacillaires du sommet et décès fin avril 1923 de pneumonie caséeuse.

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