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I semble toutefois légitime de pratiquer une gastrectomie, si des examens radiologiques ou même endoscopiques répétés n’ont pu éliminer formellement lhypothèse d’une néoplasie débutante.
Dans des cas exceptionnels, le diagnostic précis de gastrite a pu être posé grâce à la gastroscopie.
Ici deux tendances s’affrontent.
KONJETZNY, FINSTERER et la plupart des chirurgiens allemands, très interventionnistes, se basant sur les données d’examens endoscopiques fort nombreux, considèrent avant tout l’aspect anatomique du problème.
S'ils constatent l’existence d’une gastrite avec hypertrophie circonscrite polypoïde, ou d’une gastrite hypérplasique, qu’ils considèrent comme étant souvent précancéreuse, ils font d'emblée une gastrectomie large qui représenterait pour eux un véritable «traitement prophylactique du cancer » et dans certains cas permettrait de faire l’exérèse extrêmement précoce d’un cancer au début.
A l'opposé, PascHouDp, de Lausanne, se base surtout sur des considérations d'ordre clinique, où entrent en ligne de compte l’intensité des douleurs, le degré d’altération de l’état général et l’état social du malade. Aussi est-il beaucoup moins interventionniste.
Pour cet auteur, l'anatomie pathologique à elle seule est insuffisante pour inspirer nos conceptions thérapeutiques. Il ne faut donc pas se laisser hanter par le spectre du cancer et se lancer dans une « gastrectomie prophylactique >» pour une gastrite chronique simple.
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Toutefois, le chirurgien peut être appelé à opérer dans des circonstances exceptionnelles. La légitimité de telles interventions est établie, mais « il faut se refuser à couvrir, par un pavillon général, une responsabilité lourdement engagée dans chaque cas particulier ».
On retrouve les mêmes arguments contre l’intervention dite prophylactique sous la plume de Gam- BERINI, qui souligne d’autre part les mauvais résultats fonctionnels des gastrectomies pour gastrite.
Enfin CoRACHAN distingue des indications chirurgicales absolues et des indications relatives : Doit-on opérer lorsque le traitement médical a échoué? Doiton admettre que toute gastrite chronique, fût-elle à tendance atrophique, donne ultérieurement naissance à un cancer?
Dans le cas particulier des gastrites pseudo-cancéreuses, ce qui semble ressortir de toutes ces discussions, c’est qu'il faut adopter une attitude éclectique et limiter les indications de la gastrectomie aux cas suivants :
Lorsqu'on n’a pas pu éliminer formellement, par des examens répétés, l'hypothèse d’un néoplasme gastrique;
Lorsqu'on opère avec le diagnostic de gastrite, et qu'il s’agit alors d’une gastrite cachectisante, résistant à toute thérapeutique, les douleurs et l’altération de l’état général interdisant au malade l’exercice de sa profession et lui rendant la vie normale impossible (MoUTIER) ;
Lorsque des examens gastroscopiques répétés ont
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