‹ Contribution à l'étude des gelures des piedsChapitre 10 sur 33 · HI. ÉVOLUTION ET COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

HI. ÉVOLUTION ET COMPLICATIONS

Il faut signaler d’abord des lésions d'infection en apparence secondaires, mais qui évoluent presque simultanément et qui sont presque toujours la règle dans les cas de gangrène. Des fusées purulentes se font fréquemment dans les gaines, remontant souvent très haut dans la jambe. Les articulations elles-mêmes peuvent être alteintes, elles suppurent, des fistules s’établissent ; les os mêmes peuvent être détruits, mais surtout au-dessous d’un ulcère perforant dont le processus destructif gagne de proche en proche et s'étend jusqu’au squelette.

Le malade peut mourir de septicémie lorsqu'on n’est pas intervenu à temps.

L'évolution est très longue et la guérison des plus lentes. La cicatrisation s'arrête au moindre prétexte et le derme de formation nouvelle s’ulcère à tous propos. Des bulles, des phlyctènes, toutes les manifestations des troubles trophiques cutanés s’y montrent facilement. On a noté des ulcères rebelles, des cicatrisations incomplètes et souvent compromises, une atrophie des membres.

On a signalé des phlyctènes par poussée qui apparaissent sans molif ou que provoque une pression

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légère. Parfois, à leur suite, les téguments restent noirs, bronzés; le pigment s’accumule sur la couche cornée; la sécrélion sudorale s’exagère ou diminue; l'épiderme est rugueux ; les poils épais, rudes, sont plus cassants ; les ongles sont modifiés dans leur forme et dans leur nutrition.

On a observé aussi des paraplégies et des troubles trophiques sur le membre opposé à la gelure qui ne s’expliquent que par une névrite ascendante et une myélite consécutive.

Duplay et Morot ont signalé, jadis, du mal perforant plantaire.

Dans la convalescence et même longtemps après la guérison, les malades seront surveillés au point de vue des névrites ascendantes (douleurs excessives el prolongées, amyotrophies locales et à distance, troubles trophiques divers). Ces névrites sont quelquefois graves.

Enfin, il est une complication qui a une importance capitale, c’est le tétanos ; elle est d'autant plus à noter que ces malades, n'étant pas des blessés, on ne songe guère à leur injecter du sérum anütélanique. Dans la plupart des cas, 1l y a eu mortification parcellaire des tissus, précédée de phlyctènes; le tégument des pieds s’est trouvé imprégné de terre directement ou par l'intermédiaire des chaussettes, soit avant l’action du froid, soit au moment même de l’enlèvement des chaussures.

Cependant, le tétanos a pu se développer parfois à la suite de gelures qui ne s'accompagnaient, au début, d'aucune ulcération, ni morüfication. Nous donnons ci-dessous une observation très intéressante, qui nous a été communiquée à ce sujet par le D' Rousseau.

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