‹ Contribution à l'étude des grands kystes séreux du reinChapitre 10 sur 15 · Mort · texte numérisé non relu

Mort

Aulopsie pratiqué 28 heures après la mort. — Au niveau de la ponction le kyste adhère intimement à la paroi abdominale. La poche kystique a contracté des adhérences celluleuses avec le bord antérieur et la face inférieure du foie, avec les intestins et le grand épiploon. Ces adhérences sont faibles, elles cèdent devant le doigt qui les presse. La poche kystique est revenue sur elle-même, elle à une capacité d’un peu moins d’un litre. Elle fait corps avec Le rein et proémine, surtout du côté du bord convexe de cet organe. Le rein est allongé, la distance entre les deux extrémités est de 15 centimètres. La surface externe de la poche kystique est lisse, se continue manifestement avec la surface externe du rein; en d’autres termes, la couche la plus externe de la paroi kystique se continue avec la capsule du rein, ce qui démontre que le kyste s’est développé dans l'épaisseur même de cette glande.

En incisant la tumeur, on trouve une seule loge contenant un liquide d'une coloration bleuâtre, d'une odeur excessivement infecte : il y a en outre des sortes de débris de fausses membranes granuleuses, altérées, adhérant facilement aux parois.

La paroi du kyste constituée par des feuillets fibreux stratifiés a, dans

teece

certains points, 5 millimètres d'épaisseur, dans d’autres points la paroi a plus de 1 centimètre. En incisant l'organe de son bord concave à son bord convexe, 1l est facile de s'assurer qu'il est pour ainsi dire séparé en deux moitiés par la poche kystique, au niveau de laquelle la couche corticale et les pyramides sont presque complètement détruites, du moins considérablement atrophiées. Cette atrophie porte particulièrement sur la couche corticale qui forme une partie de la paroi du kyste. La cavité de la tumeur est séparée du bassinet par une partie de la substance tubuleuse et une partie de la substance mamelonnée qui, comprimées, condensées, forment en ce point la partie kystique; en sorte que l'uretère communique avec les mamelons correspondants aux portions du rein restées à peu près saines et qui sont séparées et éloignées l’une de l’autre par la tumeur, mais l'uretère ne paraît nullement communiquer avec la poche kystique.

Les 2 moitiés du rein séparées par le kyste sont aplaties, un peu amincies. Il n'y a aucune autre production kystique dans le reste du parenchyme rénal.

Le rein du côté gauche ainsi que les capsules surrénales ne présentent rien d’anormal. La rate est tuméfiée d'une manière notable. Dans le sommet des 2 poumons on trouve des abcès métastatiques du volume

d’une grosse noisette,

Observation V. — Kyste énorme du rein droit. — Ipem, /bid., p. 31. — B..., Jean, journalier, 48 ans. Entré le 6 décembre 1864 dans le service de M. Gallard, salle St-Augustin, à l'hôpital St-Antoine. Passé le 45 dans le service de M. Béraud.

Voici le résultat de Fexamen du malade :

Pas d’antécédent de famille, constitution assez robuste ; 1l a séjourné en Afrique comme militaire et y a contracté la dysenterie et la fièvre intermittente. Fait remonter à cette époque le début des accidents, qui sont : marche pénible, douleurs dans l'hypochondre droit, frissons irréguliers, douleurs scrotales, perte de l'appétit, digestions troublées.

Etat actuel (45 décembre). — Dans le flane droit, tumeur volumineuse, s'étendant vers l’'ombilie en dedans, jusqu’au rebord costal en haut, dans la fosse iliaque en bas, et en arrière jusqu'à la colonne vertébrale. La matité existe dans tous ces points, seulement, au niveau du rebord costal, on a un peu de sonorité, due au colon transverse et sépa-

rant la matité du foie de celle due à la tumeur. Empâtement œdéma-

teux des téguments au niveau de la tumeur, pas de douleur à la pres-

sion, gargouillement au niveau du colon transverse, entre la matité du foie et celle de la tumeur, permet de croire que la tumeur est indépendante du foie et qu’elle a son siège dans le rein.

16. — Membres inférieurs œdématiés, fièvre continue, appétit et force diminués, sommeil agité, cauchemar.

17 au 23. — Cinq applications successives de caustique de Vienne dans le flanc droit, à 4 travers de doigt au-dessous du rebord costal et un peu en arrière, de manière à laisser le colon ascendant en avant. L’eschare tombée, on fait une ponction avec le trocart explorateur, 1l s'écoule 125 grammes d’un liquide visqueux, rougeàtre, ayant une odeur urineuse, et ammoniacale. En traitant par l'acide nitrique, il se forme un dépôt considérable d’albumine. On introduit par l'orifice une soude en

gomme élastique qu'on laisse à demeure

24. — En enlevant le fausset de la soude on voit s’écouler quelques gouttes d’un liquide purulent et épais.

25. — La nuit a été mauvaise, agitation, délire, prostration nécessi-

tant l’emploi des toniques qu’on administre dès ce jour sous toutes les formes. On fait une injection avec la teinture d'iode.

26. — La nuit a été meilleure, les forces et l'appétit sont revenus. L'œdème des membres inférieurs persiste. On retire, par la soude, 300 grammes d’un liquide purulent, Nouvelle injection 1odée.

27 au 31. — On extrait en moyenne tous les jours 200 grammes d’un liquide grisàtre, épais, très fétide. On fait tous les jours une injection chlorure.

Du eau 5 janvier 1865. — Les bronches s'engorgent, on entend dans toute la poitrine des râles sibilants et ronflants. La respiration est gênée, le faciès est cyanosé et couvert de sueur, l’infiltration des membres inférieurs augmente.

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