SYMPTOMES
Les grands kystes séreux du rein se développent d’une façon insidieuse. Les symptômes de ces tumeurs sont négalifs pour ne pas dire nuls. Quand les kystes sont petits ils passent généralement inaperçus, car 1l ne faut compter pour les découvrir que sur les symptômes fonctionnels ; encore ces symptômes ne sontils pas constants, et quand ils existent ils sont tellement vagues, que le diagnostic précis est souvent impossible. Lorsque la tumeur a acquis un certain développement, alors seulement les signes physiques entrent en scène, et viennent corroborer Îles symplômes fonctionnels.
La douleur est un des signes les plus constants ; mais la caractéristique même de cette douleur est extrèmement variable. Parfois simple sensation de pesanteur, douleurs vagues dans le flanc malade, avec irradiation vers la fosse iliaque, la cuisse, oule serotum. Parfois aussi ces douleurs revêtent les caractères de véritables crises de coliques néphrétiques. D'autre fois, c’est à la suite d’un effort que le malade ressentira un point de côté subit qui le meltra en éveil.
Des signes de compression se font aussi sentir quand la (tumeur a acquis un volume suffisant pour gêner les organes voisins. Une constipalion opiniâtre, résallat de la compression de Pintestin, est de règle. De même que le diaphragme refoulé en haut amène de la dyspnée. On note aussi de l’œdème des membres inférieurs, de l’anormie, des vomissements.
Généralement l'urine reste normal, sauf parfois de légères traces d’albumine. Dans certains cas assez rares cependant on
remarque de l’hématurie : hématurie survenant sans traumatismes, sans causes appréciables, et disparaissant de même, pour reparaître à des intervalles plus ou moins éloignés. Quelquefois tendance à la polakiurie.
Il faut ajouter que dans bien des circonstances la tumeur même considérable est très bien supportée, el évolue sans amener aucun retentissement du côté de l'organisme ; c’est alors le volume du kyste quiattirera le premier l'attention du malade.
La tumeur ne proémine guère dans la région lombaire et se développe de suite vers l'abdomen qui ne tarde pas à être déformé. On recherchera la tumeur soil par la palpation simple, en appliquant les deux mains sur la région rénale et en déprimant la paroi abdominale progressivement en suivant les mouvements de la respiration ; soit en cherchant le ballottement rénal par le procédé de Guyon : le chirurgien se place du côté du rein malade et glisse la main correspondant à la tête du malade dans l'angle formé par la dernière côte avec la masse sacro-lombaire. La main antérieure est placée à plat sur la paroi abdominale, vers le bord externe du muscle droit, la pointe des doigts au-dessous de la dernière côte. Cette main suit les mouvements respiratoires et déprime doucement la paroi. La main postérieure imprime une série de peliles secousses et la main antérieure se borne à recueillir les sensations que peut donner le rein déplacé par ces secousses. À l’état normal, le ballottement n'existe pas. Si on le sent, c’est que le rein est mobile et déplacé ou augmenté de volume. «C'est, dit Albarran, le procédé le plus apte à découvrir les tumeurs rénales et à percevoir leur augmentation d’une façon précise ».
Le procédé de Glénard peut aussi rendre de grands services : Ce procédé comprend trois temps : l'affut, la capture, l’échappement. La main gauche si c’est le rein droit, lamain droite si c’est le rein gauche saisit la région sous-costale, le pouce en avant et les doigts en arrière. L'autre main est appliquée sur la paroi abdominale dans le prolongement du pouce. On fait respirer profondément le malade, et quand, à la suite d’une profonde inspiration le rein est dans la position la plus basse, la main disposée en
pince le saisit, tandis que l’autre main l'empêche de s'échapper. Enfin on le laisse échapper en le serrant, de sorte qu'on peut sentr les inégalités de la surface.
Ces deux procédés combinés permettent de reconnaître l’existence d'une tumeur fluctuante ou résistante si c'est un kyste séreux, élastique et résistante dans le cas de kyste hématique. Le plus souvent cette tumeur est entièrement lisse, parfois cependant on y rencontre quelques bosselures. Le kyste du rein est mobile dans le sens transversal et immobile dans le sens vertical ; il ne suit pas les mouvements de la respiration. On essaiera d’insinuer les doigts entre le foie et la tumeur. Terrier, Revue de chirurgie 1830, remarque que souvent dans les cas de kystes, le rein est déplacé. Et il ajoute que toutes les fois qu’un rein flotlant plus ou moins douloureux présentera un volume anormal, une bosselure plus ou moins accusée, il sera permis de penser à un grand kyste du rein. On devra vérifier le diagnostic en pratiquant une ponction exploratrice.
La percussion dénoncera la maté du rein augmenté de volume. En avant, au devant du rebord costal, il existe une petite zone de sonorité. Plus bas la face antérieure de la tumeur est mate, sauf quelquefois des points sonores dus à l'interposition de l’intestin. Mais souvent ces points sonores seront absents, car le kyste
en se développant rejette l'intestin à droite ou à gauche, ou le
maintient aplati entre lui et la paroi abdominale.
Le phonendoscope peut être très utile pour délimiter les contours du rein et du kyste y attenant. Cet appareil, placé sur le rein, permet lorsque le doigt exerce de légers frottements sur la peau voisine d'entendre des vibrations intenses, qui cessent dès que le doigt a dépassé les limites de la tumeur.
Les symptômes de laboratoire : analyse de l’urine, cathétérisme de l’uretère, division des urines, sont négalifs dans le cas de kyÿstes séreux. Ils serviront surtout à faire, par exclusion, Île diagnostic différentiel avec les autres tumeurs liquides du rein; aussi en reparlerons-nous à ce propos.