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ment cicatrisée, mais qui avait laissé sur la face antérieure du cou une cicatrice exubérante et rétractile, formant une sorte de bride qui se tendait fortement dans l'extension de la tête, et, au niveau de l’aisselle gauche, une large adhérence entre le bras et le thorax quine permettait pas au bras de s’écarter du tronc d'un angle plus grand qu'environ 45 degrés. On pratiqua l’opération suivante, qui n'eut pour objet, de par la volonté des parents, de n'enlever que la bride cicatricielle axillaire. Une incision faite sur la crête saillante de la bride, permit de le dédoubler en deux feuillets.
Chacun d'eux fut divisé en son milieu par une incision partant perpendiculairement du milieu de la première incision et disséqué aussi loin que cela fut nécessaire pour trouver des tissus souples et placer le bras dans la position verticale. Cette dissection dut être poursuivie, notamment en arrière, très loin, si bien que lorsqu’elle fut achevée il y avait, en raison de la rétraction des lambeaux, une grande perte de substance qui occupait tout le creux de l’aisselle. On tailla alors dans la région du dos un grand lambeau qui demeura adhérent à sa partie supérieure par un pédicule large d'environ 4 centimètres. Ce lambeau fut basculé de manière à reconstituer la peau du creux de l’aisselle, Son bord inférieur devenu antérieur fut suturé au niveau du bord antérieur de l’aisselle avec les restes de la cicatrice ; on plaça alors un appareil plâtré, maintenant le bras dans l'élévation complète et on fit le pansement.
Au bout de huit jours on vit que le lambeau était parfaitement vivant et que la cavité axillaire était ainsi reconstituée; il restait alors à combler : 1° deux petites pertes de substance longues de 5 à 6 centimètres, larges de 2 à 3 existant l’une un peu en dessous de la clavicule, l’autre au niveau de l’épine de l’omoplate; 2° une large perte de substance dorsale résultant de la taille du lambeau.
On entreprit alors de combler ces pertes de substance par des greffes autoplastiques : une seule application suffit à combler les deux petites pertes de substance supérieure, On obtint un tissu ressemblant à du tissu de cicatrice, mais ne paraissant avoir aucune tendance à se rétracter. Quant à la grande perte de substance
on ne put la combler en une fois; les premiers lambeaux appliqués prirent bien, mais par la suitel’enfant devenant indocile, il fut impossible de l’immobiliser d’une façon convenable et l’on dut répéter cinq ou six fois les greffes pour obtenir une guérison à peu près complète. Le tissu qui résultait de ces applications de greffes avait la coloration et l’aspect d’un tissu cicatriciel ; il présentait une notable tendance à la rétraction, mais il est à remarquer qu'il se laissa toujours facilement assouplir, d'abord par les mouvements imprimés au membre, plus tard par les mouvements volontaires de l’enfant. Si bien que le résullat définitif fut bon, l'élévation du bras atteignant 130 à 140 degrés. Nous avons eu récemment des nouvelles de ce malade et on nous a appris que la cicatrisation était demeurée complète et que le résultat fonctionnel était très satisfaisant.
Voici donc encore un bon résultat, mais qui a été laborieusement acquis. Nous n’avons pasobservé,dans ce cas comme danslesautres, la persistance des greffes à l’état de tissu distinct. Ilne nous semble pas pourtant que la guérison spontanée ait pu se faire aussi vite, et nous insistons surtout sur la souplesse de ce tissu cicatriciel qui nous a permis de le distendre ultérieurement, en quelque sorte à volonté, Quant aux difficultés que nous avons eues à faire tenir en place les dernières greffes, il faut les attribuer, croyons-nous, surtout à l'indocilité de l'enfant et aux mouvements respiratoires qui déterminaient un frottement incessant du pansement contre la surface greflée.
OBSERVATION IX
(Due à l’obligeance de M. Nové-Josserand)
Un enfant de douze ans présentait à la suite d’une brûlure un ectropion cicatriciel de la paupière supérieure de l'œil gauche, il fut opéré au mois d'octobre 1895 par M. le D' Adenot, qui, après avoir libéré sa paupière supérieure fit descendre par glissement un lambeau pris dans la région frontale et laissa la place de ce lambeau se cicatriser par bourgeonnement, Au bout d'environ trois semaines l'ectropion s'était en grande partie reproduit et la
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rétraction de la surface granuleuse frontale menaçait de s'exagérer encore. M. Nové-Josserand fit alors l'opération suivante : dans un premier temps, il recouvrit de greffe autoplastique Ja surface bourgeonnante qui présentait une longueur d’environ 8 centimètres sur une largeur de 5 centimètres.
Toute la surface fut recouverte par des greffes dont les bords chevauchaient. La prise fut remarquable, au bout de huit jours la guérison était complète. Dans un deuxième temps opératoire, il pratiqua alors une incision curviligne au-dessus de la paupière supérieure permettant de libérer celle ci, de l’abaisser et de pratiquer après avivement des bords des paupières, la suture des paupières; il restait alors une perte de substance longue de 4 à 5 centimètres, large d'environ 2 centimètres, qui fut séance tenante recouverte avec une greffe autoplastique. Les paupières furent séparées environ trois semaines après par M. le D' Coronat. Cet enfant a été revu environ trois mois après par M.Nové- Josserand, L’ectropion peut être considéré comme guéri. Cependant la paupière ne recouvre que difficilement et seulement pendant l'ocelusion forcée l’angle interne de l'œil. La greffe faite immédiatement au-dessus de la paupière a subi une rétraction considérable, de 2 centimètres de large, elle s’est rétrécie jusqu’à ne présenter qu’une largeur de 5 millimètres environ. La greffe faite sur la surface granuleuse du front est beaucoup plus intéressante, elle ne s’est à peu près pas rétractée, sa couleur encore un peu foncée tend, au dire des parents, à s’éclaircir tous les jours davantage et à prendre la coloration de la peau normale, On voit nettement les greffes avec une coloration plus jaunâtre que le tissu ambiant, leur surface est lisse et présente le velouté de la peau normale. Elles sont séparées les unes des autres par de minces traînées cicatricielles de coloration un peu plus rouge. La sensibilité des greftes paraît normale. Les deux pointes du compas de Webre sont perçues avec un écartement de 5 millimètres; on voit un ou deux poils se dresser à la surface d’une greffe, Nous n'avons pas pu avoir de renseignements précis au sujet de la secrétion sudorale.
OBSERVATION X
(Due à l’obligeance de M. Nové-Josserand.)
Un enfant de quatre ans est amené à la Charité au mois de décembre 1895, pour les suites d’une brûlure qui a occasionné antérieurement l’amputation de la main et qui laisse persister une bride cicatricielle du coude maintenant celui-ci en flexion à angle aigu.
On pratique la dissection de cette bride de manière à permettre l'extension complète de l’avant-bras et on pratique des greffes sur la grande perte de substance qui en résulte. Celle-ci s'étend sur toute la demi-circonférence antérieure du membre, depuis le tiers supérieur du bras jusqu’au voisinage du poignet. Plusieurs des greffes appliquées ont pris, mais quelques-unes se sont résorhées, ce qui laisse une perte de substance étroite, mais assez longue, qu’on laisse se combler spontanément.