‹ Contribution à l'étude des greffes autoplastiquesChapitre 5 sur 15 · TECHNIQUE OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE OPÉRATOIRE

Nous passerons en revue dans ce chapitre le manuel opératoire des principaux auteurs qui ont écrit sur ce sujet, en suivant leur ordre de succession d’après les dates.

Nous nous occuperons exclusivement du manuel opératoire de la greffe à grands lambsaux ou greffe dermoépidermique ou autoplastique.

SI. — Nous commencerons par le procédé de M, le professeur Ollier que nous prenons dans le Lyon Médical de 1871 : :

« Le lambeau peut être pris sur un point quelconque de la peau ; on le prendra toutefois de préférence sur les membres, dans les parties dépourvues de poils, là où la peau peut être tendue facilement.

« En tenant compte de la plaie, la question d’étendue de

! Poncet, Des greffes dermo-épidermiques et en particulier des larges lambeaux dermo-épidermiques (Lyon Médical, 1871).

la grefle n’est point indifférente ; jusqu'a présent, on à grefté des lambeaux de 1 à 3 millimètres carrés. Ges lambeaux ont moins de chances d’être dermo-épidermiques, surtout si on les fait avec la pointe d’unelancette; on les maintient avec plus de peine à la surface de la plaie : on risque de les enlever avec le premier pansement. Ils offrent un nombre plus restreint de points d'union avec les bourgeons, par conséquent moius de chances de succes.

« Quant aux greffes plus longues et plus larges, de 2 à 3 centimètres carrés, telles que nous les avons vu faire à l'Hôtel- Dieu, dans le service de M. le professeur Ollier, l'union avec la plaie est plus étendue; elles risquent moins d’être entraînées par la suppuration, et, en supposant qu’une fois transplantées, elles ne jouent plus aucun rôle, qu'elles continuent de vivre sans s'étendre, elles diminuent d'autant la surface ulcérée. La plaie que l’on produit est tout à fait superficielle : elle ne peut entraîner aucun accident, le malade gardant, du reste, le repos ; on a prétendu cependant que lorsque la plaie saigne, on prend un lambeau contenant des capillaires et ouvrant une porte à l’érysipèle. On se demande pourquoi, si un érysipèle doit survenir, il n'aurait pas autant de raison de sièger sur la plaie dont on se propose de hâter la cicatrisation. Toutefois, si érysipèle sévissait d’une façon épidémique, il serait bon des’abstenir.

« On évitera de faire saigner les bourgeons charnus, le sang épanché entre la greffe de la plaie jouant le rôle de couche séparatrice, et s’opposant à leur réunion.

« On doit mettre cette plaie superficielle que l’on vient de produire à labri de l'air, en faisant un pansement par occlusion ; on l’entoure de bandelettes de diachylon, qu'on

OU jaisse longtemps en place, ou bien encore on la recouvre: d’un morceau de taffetas gommé.

« Si la suppuration est abondante, on laisse entre les bandelettes de petits intervalles, de facon à ménager une libre issue au pus.

« Pour tailler un lambeau épidermique, on peut, à la rigueur, se servir d’un instrument tranchant quelconque ; mais aux ciseaux et au bistouri ordinaire, M. le professeur Ollier prétère les anciens couteaux à cataracte (couteaux de Beer, de Richter) à large lame plate.

« La peau est tendue avec les doigts et le couteau appliqué parallèlement à la surface. Une fois la lame introduite au-dessous de l’épiderme dans la portion superficielle du derme, M. le professeur Ollier imprime à l'instrument un mouvement rapide de va-et-vient (mouvement de scie),

« De cette façon, avec un peu d’habitude, on enlève rapidement de longues bandelettes, mesurant habituellement de 10 à 15 millimètres de largeur. On comprend dès lors l'utilité d’un couteau à lame large et mince.

« Il offre, en outre, cetavantage de soutenir la greffe et l'empêche ainsi de se replier, de se recroqueviller sur ellemême.

« Le lambeau séparé, on l’applique immédiatement sur la plaie par sa face profonde ; on a soin auparavant d’enlever les quelques poils qui y sont parfois fixés, puis on le fait glisser avec le doigt ou un instrument mousse quelconque, et onl’étale avec beaucoup de précaution.

« Gomme il doit exister entre lui et la surface bourgeonnante un contact intime, on peut, ainsi que la chose a été faite, le maintenir avec des bandelettes de diachylon; mais

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