LAS ER
larisée se sphacèle, tandis que le derme,toujours alimenté par le réseau profond du tissu cellulaire sous-cutané que l'on a prélevé avec lui,continue à demeurer vivace et apte à recevoir un épiderme de nouvelie formation. Donc on intéressera dans l’épaisseur du lambeau non seulement la partie profonde du derme qui contient le réseau profond sous-dermique mais aussi le tissu cellulaire sous-cutané qui fournit les vaisseaux nourriciers de ce réseau.
On doit mobiliser la plus grande partie des vaisseaux de l’hypoderme : plus on ira profondément et plus on conservera d’anastomoses ; le lambeau devra donc être aussi étoffé que possible.
Nulrilion du lambeau par son pédicule. — On doit admettre que la circulation du lambeau sera d'autant mieux assurée que son pédicule sera plus large.
La situation du pédicule aura son importacne ; on devra le tailler dans une région bien vascularisée ; si on le choisit sur un membre, ilsera préférable qu'il siège à la racine de ce membre; afin qu'il continue la direction présumée des artères profondes, on lui donnera une direction en concordance avec la circulation générale du membre; si on prend le lambeau à l'abdomen il faudra lui donner un pédicule supérieur pour la zone susombilicale et un pédicule inférieur pour la zone sous-ombilicale. Par conséquent dans la greffe en portefeuille, on devra veiller à ce que le grand axe du pont cutané coïncide avec la direction générale des gros troncs vasculaires de la région dans laquelle on le découpera. Imbert admet toutefois que cette condition n’est pas essentielle et que le courant nutritif peut s'établir de droite à gauche et inversement,.de haut en bas et inversement : il rappelle que la vitalité du lambeau ne dépend pas uniquement des conditions mécaniques de la circulation et qu’il faut tenir un grand compte de l’infection qui, à son avis, constitue dans 1es autopiasties italiennes la principale cause d'échec; d’où la grande importance des examens qui doivent porter
sur la recherche du microbisme latent de la surface à greffer
et dont nous avons parlé plus haut. Enfin, en dehors de toute considération de vascularisation des téguments on tiendra compte dans le choix de la région où on taillera le lambeau du siège de la perte de substance à recouvrir : c’est ainsi que pour une perte de substance de la face palmaire de la main on taillera le lambeau sur la région dorsale du tronc et inversement on le taillera sur la face antérieure du corps pour une perte de substance de la face dorsale de la main; on devra toujours être guidé dans ce choix par la nécessité de donner à la main la position la moins pénible à conserver. Pour recouvrir une perte de substance de la main et du poignet on pourrait utilement tailler le lambeau sur le membre supérieur du côté opposé ou sur le membre inféricur homoiogue, mais aiors en plus du membre siège de la lésion à greffer il faudrait immobiliser le membre sur lequel on détache le lambeau; pour cette raison, c’est plutôt sur le tronc que l’on taillera un pont cutané. Les Léguments de la région à laquelle on emprunte le lambeau devront être suffisamment souples et élastiques pour que les lèvres de la plaie d'emprunt puissent être réunies par première intention grâce à une autoplastie par glissement; de plus ces téguments devront offrir une peau se rapprochant comme coloration ct souplesse à celle de la partie sur laquelle on es transplante et en particulier qu'ils ne soient pas trop abondamment recouverts de poils. Enfin on devra tenir compte dans le choix de la région où sera taillé le lambeau, qu'il est indispensable que les pédicules de ce lambeau, une fois les surfaces opératoires en présence, ne soient ni comprimés, ni tiraillés ni tordus.