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PANSEMENT. — On glisse une compresse stérilisée sur la plaie d'emprunt que l’on a précédemment réparée. On cale le membre avec de l’ouate interposée entre le bras et le tronc depuis l’aisselle jusqu’au coude ; puis on recouvre le lambeau et ses pédicules ; on superpose une couche d’ouate afin d’exercer une compression douce ; on s’efforcera de laisser les doigts libres, s’ils n’ont pas été intéressés par l'intervention pour éviter leur raideur consécutive.
Afin d'empêcher la macération qui pourrait se produire lorsque des liquides suintent entre les surfaces en présence on pourra remplacer la gaze sèche par des compresses enduites de vaseline au peroxyde de zinc.
On entoure ensuite la région d’une enveloppe imperméable et on pratique la contention du membre.
APPAREIL DE CONTENTION. — [L'appareil plâtré permet une immobilisation rigoureuse des surfaces greffées. Nelaton préconise les bandes de Sayre pour maintenir l'attitude. Berger donne la préférence aux bandes de toile dont l’action se relâche moins ; il les recouvre de quelques couches de bande en tarlatane humide qui, en se séchant transforment l’appareil en appareil inamovible, ou de quelques tours de bandes en crépon qui empêchent les bandes de toile de glisser et de se déplacer et il épingle solidement le tout. En tout cas, quel que soit l’appareil immobilisateur on laissera à sa partie antérieure une fenêtre par laquelle on pourra renouveler
le pansement, et s’il y a lieu inspecter l’état de la réunion.
Monod recommande de ne renouveler les pansements, si cela est possible, que le jour de la section du pédicule afin d’assurer une immobilisation complète au lambeau.
SECTION DES PÉDICULES. — Le professeur Imbert indique comme délai minimum de la section du pédicule dix-sept jours, et recommande, si la position du biessé n’est pas trop
gênante et si le sujet est patient d'attendre vingt à vingt et
un jours; il n’y aurait aucun avantage à augmenter ce dernier
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délai. On peut commencer par sectionner indifféremment l’un ou r’autre pédicule du lambeau en pont; on glisse sous ce pédicule une sonde cannelée et on incise au bistouri suivant une ligne préalablement anesthésiée à la cocaïne ; le deuxième pédicule sera incisé deux ou trois jours plus tard.
Dans le cas où l’aspect des tissus n’est pas satisfaisant, Imbert recommande de sectionner le pédicule en deux ou trois temps séparés par trois ou quatre jours d'intervalle; l’avantage de ce procédé serait de permettre de juger de la vitalité du lambeau en privant d’abord une fraction de ce iambeau de ses anciennes connexions; s’il supportait mal cette privation, quelques jours de survie accordés à la partie du pédicule conservé pourraient aider à transformer un échec en un succès partiel. Il est préférable d’effectuer la section du pédicule en un seul temps; on assure l’hémostase par la compression ou au besoin par une ou deux sutures.
SOINS CONSÉCUTIFS. — S1 la cicatrice résultant de la fermeture de la plaie d'emprunt a des tendances à devenir chéloïdienne on la traitera utilement par la radiothérapie, comme on l’a fait dans notre première observation. Au niveau de la greffe on pourra faire quelques applications d’électricité, mais ce sera surtout une gymnastique prudente et progressive des doigts qu'il sera nécessaire d’institucr, par le masssage et la mobilisation méthodiques. Le sujet devra lui-même veiller à assouplir ses articulations et leur faire subir des mouvements réglés dont on graduera sagement la gamme ; les premiers essais devront être prudents afin d’éviter des tiraillements dangereux au niveau des points de suture du greffon.
I sera parfois nécessaire, lorsque l’infirmité contre laquelle on est intervenu par la greffe existait depuis longtemps, de procéder à une véritable rééducation fonctionnelle de la main, dont le blessé va pouvoir recommencer à se servir.