C..., Roger, 9 ans
Le 3 octobre 1921, cet enfant a eu la main droite prise entre les deux rouleaux d’une machine à faire les briques; la moitié gauche de la main est broyée; le blessé est soigné durant cinq jours à la maison, mais devant les phénomènes d'infection (fièvre élevée, mauvais état général) qu’il présente, il est envoyé à l’hôpital de Mônt-de-Marsan.
Opération le 8 octobre à 9 heures du soir : résection des deux derniers doists et suture. Suites opératoires normales -.
Le petit blessé entre à l'Hôpital des Enfants assistés de Bordeaux e 13 octobre 1921 parce qu'il ne peut plus se servir de sa main; il est admis dans le service de M. le PT Denucé.
Le 14 octobre, on constate l'absence des deux derniers doigts de la main droite. L'index et le médius sont en demi-flexion sur la maïn, leurs phalanges étant également demi-fléchies entre elles. Les éminences thénar et hypothénar sont atrophiées (au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce, la largeur de la paume est à droite de 7 cm. et à gauche de 10 cm).
L’atrophie des interosseux est également marquée à droite. Enfin, une cicatrice fibreuse traverse en diagonale la paume de la main; partie du bord externe de l'éminence hypothénar, elle va se bifurquer sur les faces palmaires de l'index et du médius pour se terminer au niveau de l'extrémité supérieure de leurs deuxièmes phalanges: Cette cicatrice non douloureuse est adhérente aux plans profonds et plisse légèrement la peau alentour. La face dorsale de la main ne présente qu’une atrophie marquée dans le sens latéral. L’avant-bras droit est aplati. Palpation non douloureuse. Mouvements actifs normaux pour le pouce, mais gênés par l’immobilité des autres doigts : l'index en effet ne peut quitter sa position demi-fléchie; le médius peut se fléchir complètement, mais ne peut se redresser. Pour saisir un objet, le malade le prend entre l’articulation interphalangienne du pouce et la face externe de la troisième phalange du médius. Il y a une diminution notable de la force de la pince.
Mouvements de la main sur l’avant-bras normaux. Mouvements passifs. On peut faire fléchir l'index, mais en provoquant une douleur le long de la cicatrice. On peut, aux deux doigts redresser les phalangettes sur les phalangines. Mais on ne peut redresser les premières phalanges entre elles ni sur le métacarpe : la cicatrice se tend comme une corde et la peau est tiraillée. Sensibilité normale.
Le 22 février 1922, intervention sous anesthésie générale (éther). Excision de la cicatrice; on trace un lambeau au niveau de la paroi antéro-latérale de l'abdomen, en forme de pont à double pédicule. La main est passée sous ce pont cutané et l’on suture les bords dé la greffe cutanée aux bords cruentés de la plaie palmaire.
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1er mars 1922. Suites opératdires normales; on renouvelle le pansement au troisième jour. Attouchement à la teinture d’iode. Pansement au péroxyde de zinc. Un pédicule est sectionné au dix-septième jour.
18 mars. Section du deuxième pédicule, Régularisation du lambeau palmaire qui est complètement adhérent à la pertede substance. Fermemeture de la paie d'emprunt abdominale,
Examen le 6 novembre.Onconstateà lamain droitel’absence de l’annulaire et du petit doigt. La phalangine et la phalangette du médius sont légèrement fléchies sur la phalange et la phalangette de l'index en demi-flexion sur la phalangine. Le pouce ne présente rien d’anormal. Le greffon revêt la forme d’un losange occupant la moitié supérieure de la paume de la main et recouvrant la phalange du médius ainsi que le montre la photographie; une cicatrice linéaire, blanchâtre traverse en diagonale Ia phalange de l'index. Au niveau les téguments ont une coloration rosée analogue à celle des tissus voisins. Le greffon ne forme pas de saillie exubérante et se trouve sur le même plan que les téguments d’alentour; sa consistance est molle, élastique. Les téguments à son niveau sont parfaitement mobiles et souples. La palpation ne révèle aucune douleur. La flexion de l'index se fait à peu près complètement, mais celle du médius est gênée par la présence de la greffe. Les mouvements de préhension sont possibles grâce aux deux doigts et au pouce formant pince, car les mouvements d'opposition du pouce s’opèrent normalement.
L'extension de l'index se fait à peu près complètement, mais le re-
-dressement de la dernière phalange du médius est impossible.
AS
Eva