‹ Contribution à l'étude des greffes cutanées: dans la réparation des pertes de substance de la main et du poignet A propos des greffes en pontChapitre 8 sur 27 · PR LD · texte numérisé non relu

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le 23 mars de la même année, l’auteur pose 19 lambeaux empruntés à la peau du ventre de grenouille; pansement ouaté à l’aristol et au salol; le 25 mars on renouvelle le pansement les greïfes ont bon aspect, mais sont encore à peine adhérentes. Le 27 et le 30 mars on transplante 9 nouveaux greffons animaux. L'amélioration est rapide et évidente; cependant on est forcé de faire deux nouvelles séances de greffe fin avril et commencement de mai pour obtenir finalement une cicatrisation complète vers le milieu de juin. Tous les tissus animaux ont été employés mais ce sont principalement les fragments de peau de grenouille qui ont eu les faveurs; le cobaye aurait donné aussi d'excellents résultats. Les greffes adhéraient en général le premier jour; dès le second jour leur couleur changeait et elles subissaient des transformations variables suivant l'animal employé; final:m=nt le tissu de nouvelle formation se présente avec des caractères presque identiques, peut-être plus blanc et plus rosé, que la peau normale, avec un aspect légèrement gaufré dû, d’après les auteurs, à l'absence de poils et de glandes ; à partir du moment de la formation du nouvel épiderme, celui-ci est dans les greffes animales le siège de phénomènes de desquamation de la couche cornée; les greffes de cobaye seraient plus exposées que les autres à cette élimination des couches superficicHles de la peau. Lartail explorant la sensibilité de ces greïfes sur divers sujets et à des intervalles variant entre le moment exact de la cicatrisation et trois mois après, a toujours trouvé des résultats négatifs aussi bien pour la sensibilité tactile que pour la sensibilité à la douleur et à la température. C'est seulement en appuyant fortement au mveau de la cicatrice, que les malades accusaient une sensation de contact qui était due, dans ces conditions, aux modifications éprouvées par les tissus sous-jacents à la peau. Mais, à côté de ces cas heureux, les échecs ont été nombreux : attaquée dès le début, la méthode semble actuellement tombée dans l'oubli et ne plus présenter pour les auteurs qui l’emploient qu'un intérêt expérimental. Déjà dans sa

thèse en 1876, d’Armagnac déclarait : « Il y à peu à attendre des greffes animales, et le chirurgien devra toutes les fois qu’il le pourra employer la peau humaine ».

Dans sa thèse soutenue en 1896, Le Coq dit : « C’est à regret que pour nous conformer à l’usage, nous conservons le nom de greffes animales aux applications sur les plaies humaines de lambeaux cutanés empruntés aux animaux; cette dénomination est défectueuse. Le mot « greffe » implique l’idée de la persistance et du développement de la partie transplantée ; or les membranes tégumentaires appliquées sur les plaies de l’homme, au lieu de proliférer et de s’accroître se résorbent et disparaissent en quelques jours, quelles qu’elles soient ». Peut-être ce dernier jugement est-il trop sévère; dans les observations que nous avons relatées, le résultat fut satisfaisant ; il est vrai que les suites éloignées de l’opération ne nous sont pas connues. On a essayé d’expliquer ces échecs des greffes animales par le fait qu’il ne s'établit en général aucun lien vasculaire entre elles et les bourgeons charnus de la plaie à recouvrir d’où le précepte d’aviver préalablement la surface de la plaie à traiter; il semble, par contre, que l’on ne doive pas tenir compte du manque d’affinité entre les tissus humains et animaux dû à la spécificité particulière aux cellules, sur laquelle Bard a attiré l’attention; si ce manque d’affinité existait comme le veut Bard, les résultats des greffes animales seraient constamment négatifs, ce qui n’a pas lieu, comme nous l’avons vu.

À partir de 1900, nous ne relevons que de très rares applications de cette méthode et nous ne la voyons pas employée pour plaies de la main. Il est évident qu’en cette région la méthode ne saurait obéir qu’à des indications bien précises, tirées : d’abord du siège de la perte de substance : applicables à la face antérieure du poignet, à la face dorsale de la main ou des doigts, les greffes animales doivent être rejetées à la paume de la main où elles ne sauraient constituer un tégument suffisamment épais et résistant pour résister aux incessants frottements dont cette région est le siège : il faut ensuite

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considérer la nature de la plaie à réparer : c’est surtout dans les plaies superficielles résultant par exemple de brûlures que la méthode donnera les meilleurs résultats; elle agira alors en favorisant la régénération épidermique et en créant aussi peut-être des centres, des îlots de cicatrisation, comme les greffes de Reverdin; par contre dans les délabrements profonds avec lésions tendineuses ou osseuses, ou déformations cicatricielles considérables, ces greffes constitueraient un tégument bien fragile et seraient sans doute sans aucune utilité; 11 semble que, comme les greffes de Reverdin, elles agissent surtout en activant, en dirigeant un processus de cicatrisation qui, par ailleurs se poursuit normalement et se réaliserait probablement sans elles quoique plus lentement. Aussi dans ces cas de plaies récentes, superficielles, on s’adressera de préférence aux greffes épidermiques de Reverdin et seules les contre-indications de cette. dernière méthode légitimeraient l’emploi des greffes animales; ces contre-indications sont : l'impossibilité du patient à fournir lui-même des lambeaux pour recouvrir ses plaies (sujet diathésique, artérioscléreux, présentant des ulcères) ou son refus par crainte de la douleur, de l’anesthésie; le fait que l’on ne trouve aucun donneur complaisant dans l’entourage du malade pour fournir les lambeaux nécessaires; enfin la crainte de l’inoculation par les greïfes interhumaines.

En tout cas la greffe animale demeurera toujours, surtout à la main, une méthode d'exception; lorsqu'on se résoudra à l’appliquer, on emploiera de préférence la peau du ventre de grenouille : dans toutes les observations que nous avons compulsées, c’est cet animal qui a donné les meilleurs résultats. Le cobaye aensuite été employé (observation de Folet) avec moins de succès.

Greffes hétéroplastiques

Nous comprendrons sous ce terme tous les cas dans lesquels on emprunte le lambeau à greffer à une personne autre que le blessé lui-même, c’est-à-dire aussi bien les greffes épidermiques de Reverdin que les greïffes de Thiersch.

A Ja main, comme en toute autre région, ces greffes présentent des inconvénients tels que la méthode est de plus en plus délaissée : difficulté de trouver un donneur, danger de contamination interhumaine ; la transmission possible de la syphilis ou de la tuberculose en particulier, est à redouter. Déjà, en 1881, Deubel communiquait à la Société médicale des hôpitaux de Paris une observation de syphilis consécutive à ces greffes et Czerny, en 1886, publiait plusieurs cas de tuberculose pulmonaire transmise de la même façon. Mais à la main plus qu'ailleurs ka méthode doit être abandonnée: à cause de Ia mauvaise qualité des lambeaux ainsi transplantés; en effet, ces lambeaux mal nourris, transportés sur un terrain étranger, c’est-à-dire dans des conditions peu propres à une évolution favorable, adhèrent tardivement et forment finalement sur les régions où ils ont été transplantés des saillies disgracieuses, saillantes, parfois douloureuses : or à la main et surtout aux doigts où le résultat fonctionnel importe tellement, ce sont là des conditions fâcheuses.

Une communication intéressante de Descarpentries à la Société de Chirurgie de Paris en 1914 nous renseigne utilement sur le sort de ces greffes hébéroplastiques; ce qui fait l'intérêt de ce travail c’est que l’auteur a pratiqué simulta-

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