‹ Contribution à l'étude des greffes dentairesChapitre 13 sur 21 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Carie du 4° degré. — Abcès aigu. — Grandes douleurs. — Forte inflammation. — Tuméfaction de la région sousmaxilliare. — Point d'ostéite maxillaire. — Extraction. Résection apicale. Réimplantation. — Guérison.

Mre M:.: E., religieuse, 25 ans, nous présente'un état général excellent; sa dentition est relativement

y bonne. Elle se plaint de souffrir depuis huit jours de sa deuxième prémolaire gauche inférieure. La dent est coincée entre la première molaire et la première prémolaire. Elle a une carie étendue du quatrième degré ; la gencive est très tuméfiée. L'on perçoit à la partie inférieure du maxillaire une grosseur dure, adhérente, que nous qualifions d'abcès sous-périostique d'origine dentaire. Une premiere incision au bistouri ne nous permit pas d'atteindre la poche purulente située très probablement trop profondément. La malade, souffrant beaucoup et n'etant que de passage, désire absolument se faire débarasser de sa dent. Nous en pratiquons l'avulsion sous anesthésie locale et nous donnons issue par la voie alvéolaire à un jet de pus d'odeur infecte. La dent, à l'examen, nous parut suffisamment bonne pour nous permettre de tenter une réimplantation. Désinfectant soigneusement l'alvéole à l'aide de jets d’eau oxygénée lancée sous pression, nous pratiquons un drainage méticuleux à l’aide de mèches de gaze et nous laissons tomber une goutte de teinture d’iode. La dent est nettoyée, trempée dans l’eau oxygénée étendue, puis son canal et sa cariesont ruginés soigneusement et préparés pour recevoir une pâte obturante ; nous la réintégrons dans son alvéole avec une ligature.

L'opération a eu lieu le 29 mars, elle a duré deux heures environ. Le jour même, les douleurs persistent, s'irradiant dans toute la joue; mais dès le lendemain, nous constatons une grosse amélioration. Les jours suivants, les douleurs vont décroissant et le jeuai maun, 3 avril, la malade ne souffre plus du tout. Nous enlevons la ligature, la dent est solide dans son alvéole. Au huitième jour, elle peut subir les pressions de la mastication. Nous ne revoyons plus la malade jusqu’au 8 juillet 1913, elle est toujours très contente de sa dent, et s’en sert comme des autres.

Cette observation est intéressante à un nouveau point de vue, elle nous laisse entrevoir un nouveau traitement très efficace et surtout très rapide de ces cas souvent longs et

EN Ten

rebelles que sont les abcès aigus de l'articulation alvéolo-

dentaire.

OBSERVATION V Carie 4° degré. — Abcès chronique. — Rebelle à plusieurs tentalive de drainage par le canal. — Extraction. — Résection apicale. — Réimplantation. — Guérison.

Le 30 mars 1913, nous revoyons une de nos anciennes malades, Mme Marguerite C..., chez laquelle nous avons pratiqué une greffe par restitution, le 23 février 1913. Elle revient pour que nous opérions de la même façon son incisive latérale gauche du haut qui semble se trouver dans les mêmes conditions que son incisive centrale droite précédemment traitée par nous.

C'est une carie du quatrième degré, douloureuse, avec abcès chronique de la région alvéolo-dentaire, depuis deux ans environ. L’abcès est redevenu subitement douloureux après une longue période d'accalmie. Nous essayons au préalable de faire un drainage en utilisant la voie naturelle du canal; mais la dent nous parait trop endommagée pour permettre d'utiliser avec succès cette thérapeutique, nous décidons de pratiquer une greffe.

Nous extrayons alors la dent qui mous présente une carie de la face externe du côté gauche sur sa courbure. Cette dernière peut néanmoins être conservée. La racine est par contre plus endommagée ; elle présente également un kyste volumineux et est dépériostée sur un tiers de sa hauteur en partant de l’apex.

Nous lavons tout l'organe à l’eau oxygénée puis au sérum physiologique et commenconsle traitement habituel. Le nettoyage et le curettage des parties malades sont effectués à la fraise et à la curette. On obture la cavité avec du

cément de Harward que nous avons employé jusqu'ici heureusement.

La dent est remise en place une heure après environ sans douleur. Nous l’attachons à l’incisive centrale gauche et à la canine à l’aide d’un fil de soie. |

Le 2 avril, la dent nous semble déjà légèrement consolidée, elle est parfaitement indolore, mais les régions périalvéolaires de la gencive sont le siège d’une légère inflammation. Le dimanche 6, la dent est beaucoup plus solide et presque indolore au choc. Le 10, nous enlevons les ligatures et le 13avril. la malade peut manger sur sa dent.

Nous avons revu la malade le 3 octobre, elle est toujours très contente de ses deux dents dont elle ne souffre plus du tout et qui, sous le double point de vue esthétique et pratique, semblent ne rien laisser à désirer.

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