OBSERVATION XI
Implantation d'une racine dans un alévoie artificiel
Mme M. P..., sœur hospitalière, 40 ans, chez qui, le 15 mars1013, nous avons déjà pratiqué une réimplantation relatée dans l’observation n° 3, présente au maxillaire supérieur un vide entre l’incisive centrale gauche et la canine, qui répond à une extraction de l'incisive latérale gauche pratiquée il ya 7 ans environ. Nous songeons à combler ce vide dans l’arcade dentaire supérieure par une greffe d'implantation.
La malade n'offrant pas elle-même de racine utilisable, nous recourons à un tiers dont nous extrayons une racine de prémolaire du bas. Le sujet donreur présentait toutes les garanties de santé désirables et la racine fut en plus immergée pendant quelques minutes dans une solution d’eau oxygénée étendue au 1/5.
Appès avoir préparé toute noire instrumentation, la malade est anesthésiée localement à la novocaïne, à la dose de 0,05 cgr. pour 1% Nous traçons sur la crète alvéolaire au bistouri, une incision quiréunit le bord proximal de la
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canine au bord distal de l’incisive centrale gauche. Deux incisions supplémentaires sont pratiquées perpendiculairement à la précédente, au ras des deux dents précitées, de façon à ce que l’incision totale ait la forme d’un H. Nous avons de Ja sorte constitué deux volets, que la rugine nous permettra d'isoler du plan osseux, sous forme d’un lambeau antérieur et d’un lambeau postérieur.Deux pincesde Tuffier réclineront ces lambeaux en mettant l'os à nu. En un point marqué d'avance, etsitué exactement entre les deux dents sur lerebord alvéolaire comblé actuellement, nous faisons agir notre foret. Dès qu’un orifice suffisant est pratiqué, nous amorçons le couteau de Raulin, qui n’est en somme qu'un forêt en forme de vrille. En quelques tours, le maxillaire s’'évide rapidement en un trou cylindro-conique et l’on arrive de la sorte à creuser 8 millimètres d'os. À ce moment, nous entrons probablement en relation avec quelques extrémité du réseau du nerf dentaire antérieur, car la malade accuse de vives douleurs, Malgré la novocaïine,quenous ajoutons, nous ne pouvons pénétrer plus avant que péniblement. Nous arrivons enfin à créer une alvéole artificielle de 11 millimètres de profondeur et d'environ 5 millimètres de diamètre. Nous essayons la racine qui luiest destinée, et qui était préalablement plongée dans du sérum. La dent entrant trop difficilement, nous sommes obligés de parfaire Ja cavité ; un nouvel essai nous donne pleine satisfaction et la racine, dontnous avons terminé la mise en place à l'aide de quelques coups de maillet, tient parfaitement solide dans sa nouvelle loge et se trouve au niveau dela gencive.
Nous attendronsici que la racine ait fait prise complètement avec le maxillaire pour ajuster une couronne artificielle.
L'opération a duré deux heures et demi. La malade a été placée dans le décubitus dorsal, la tête légèrement tléchie en arrière.
Le troisième jour, les douleurs ont complètement disparu. Une réaction inflammatoire se produit au niveau de la zone
de l'intervention, qui cède du reste facilement aux révulsifs ordinaires. En huit jours, la racine semble solide dans sa loge. Nous avons pu suivre cette malade pendant près d'un mois, mais au moment où nous comptions pouvoir placer notre couronne artificielle, but de notre intervention, Mme P... a dû partir brusquement. Nous avons eu de ses nouvelies dans la suite, plusieurs fois, la racine était solide dans sa loge et la malade, par nous conseillée, a dû à l'heure actuelle faire sceller sa couronne