BRUT
au préalable faire un répère à l'aide d'un coup de foret ou d’un trait de meule porté sur l’une des faces. Enfin, uneautre méthode, et nous la croyons apte à rendre de grands services, consisterait à obturer la racine provisoirement à la gutta-percha, à la réimplanter et à n’y sceller la couronne à pivot qu'après la reprise. De la sorte, on éviterait encore d’augmenter le poids de la dent réimplantée, (ce qui est appréciable pour une dent du haut,}et l'onsupprimerait du même coup les dangers de contact avec les dents antagonistes.
c). Le troisième temps est la réimplantation.— La dent ainsi préparée et reconstituée soit par une obturation soit par une couronne artificielle est prête à être réimplantée. Pour cela nous retournons à l’alvéole que nous détamponnons soigneusement et que nous lävons une fois encore au sérum. Nous pratiquons une nouvelle anesthésie par la novocaïne en injection et nous introduisons la dent dans sa loge alvéolaire. Quelquefois les lésions sont telles qu'il faut pratiquer un léger curetage du fond alvéolaire ou faire quelques attouchements à la teinture d'iode. Mais on a rarement l’occasion d'intervenir sur l'os même. Le plus souvent,le traitement de la racine par lavage antiseptique et résection de l'apex, qui, comme nous le verrons, est le siège habituel du mal, sufit largement. Après l’anesthésie, la dent est remise en place doucement et sans forte pression. On a soin de bien vérifier son orientation et de l'enfoncer jusqu’à ce qu'elle atteigne sa hauteur häbituelle. Le scul
-—! 42 — contact des parois même pour une dent du haut suffit tout d'abord à la maintenirenplace et nous pouvons citer plusieurscasde dents qui ont tenu delasorte sans autre moyen de contention. Quelquefois elle est plus ou moins coincée entre les voisines et peut également tenir sans ligature. Cependant, on peut ligaturer le plus souvent à l'aide d’un fil de soie stérilisé qui entoure également les dents voisines en forme deS. On évite autant que possible que la ligature puisse être dérangée ou qu'elle luxe la dent d’un côté ou d'un autre. L'idéal serait évidemment de laisser cette ligature en place jusqu'à la reprise, malheureusement les souillures obligent le plus souvent à la chanver et on est dès lors obligé de provoquer des mouvements qui nuisent à la consolidation de l'organe. Nous avons vu que les dents non ligaturées, et nous en avons plusieurs de la sorte dans nos observations, reprenaient plus rapidement. Quelques auteurs ont également essayé de faire un appareil contentif métallique qui s’épaulerait sur les dents voisines, mais c'est une grosse complication de plus et nous n'avons jamais été à même de réaliser cette méthode dans notre pratique.Touteslesfois qu’on peutsansinconvénient supprimer les moyens de contention, il est bondele faire. [ls agitsouvent de racine qui,ne dépassant pas les bords alvéolaires, ne sont pas exposées au choc, de dents qui tiennent en place par coincement, de dents du bas qui tiennent par le seul effet de la pesanteur; dans tous ces cas les ligatures sont inutiles, le malade n'aura qu'à prendre quelques précautions supplémentaires. La durée d'une inter-
vention de ce genre, même quand on doit sceller une couronne artificielle excède rarement deux heures. +
Le soir même de l'intervention, et dès que l'effet anesthésique de la novocaïne a cessé, il est de règle que le malade éprouve des névralgies d'intensité variable et qui s'irradient dans tout le domaine du trijumeau. Ces douleurs qui peuvent persister deux à trois jours, cèdent assez facilement aux analgésiques ordinaires, pyramidon, aspirine, etc. Le premier phénomène objectif que l'on constate est un allongement de la dent; la dent réimplantée s’allonge, de 1 à 2 millimètres, le lendemain ou surlendemain de l'opération; la région gingivale est en général rouge, enflammée pendant quelques jours également.
Aussi a-t-on intérêt à faire, dès le début, de la révulsion sous forme de pointes de feu par exemple. Au bout du troisième jour,d’une façon générale, les phénomènes douloureux s'amendent considérablement et la dent donne déjà une impression de consolidation. Au bout de huit jours en moyenne la consolidation est suffisante pour supprimer tous les moyens de contention, mais le malade devra toujours éviter la masticationetles chocs surla dent réimplantée. A cette époque également, l'inflammation a presque disparu et la dent est remontée légèrement dans son alvéole, mais elle restera toujours un peu plus longue et devra même, dans quelques cas, être remise à la hauteur voulue par la. meule. La reprise définitive est obtenue dans un temps qui varie de trois semaines à un mois. Le malade peut alors manger sur sa dent