OBSERVATION II
M": L.…., de Pont-de-Briques, est amenée d’urgence à ma clinique le 15 octobre 1926, pour accidents péritonéaux que son médecin rapporte très justement à une grossesse extrautérine.
Les antécédents de la malade sont les suivants Elle a eu un enfant à 20 ans; depuis, elle a été soignée pour de la métrite et a fait une fausse-couche.
Actuellement, elle est âgée de 38 ans. Depuis 3 mois, elle présente des règles irrégulières et incomplètes. De ses réponses imprécises, on peut tirer qu’elle a un vrai retard de 2 mois et qu’elle a, 3 jours auparavant, expulsé une caduque.
Elle a été prise la veille d’une vive douleur dans le ventre qu’elle a attribuée à une indigestion. La douleur remontait très haut, jusque sous les côtes, et la patiente a eu une sorte de faiblesse.
Néanmoins, quelques heures après, elle retournait travailler aux champs.
Le soir même, nouvelle crise et véritable syncope. La malade est transportée à la clinique.
Le tableau clinique est le suivant :
Facies plombé, plus que pâle; douleurs généralisées, défense
de la paroï ; utérus un peu gros ; colostrum dans les seins. Pouls à 130, petit, presque incomptable,
Chiffres de la pression artérielle :
Maxima : 6. — Minima : 3. — Ecart : 38.
L'opération a lieu vers 2 heures du matin, soit 12 heures après le début des accidents.
A l'ouverture de l’abdomen, un flot de sang sort de la boutonnière ; on trouve en tout 2 litres 4 de sang avec une trompe gravide éclatée.
Malgré tous les soins: sérum intra-veineux, toni-cardiaques, réchauffements, etc, la malade meurt 36 heures plus tard avec des signes d’anémie pernicieuse suraiguëé.
Ici encore, la recherche de la tension et de l’écart permit de porter un pronostic fatal malgré la rapidité et la bénignité de l’intervention proprement dite. |