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CHAPITRE. PREMIER

Quelle est la principale cause de mort au cours

des accidents de la grossesse extra-utérine ?

Quand on compulse les statistiques des interventions d'urgence pour les accidents de la grossesse extra-utérine : avortement tubaire, rupture tubaire, inondation péritonéale, on est frappé du pourcentage élevé de la léthalité que donnent les complications de cette maladie, et cela malgré les progrès de la technique opératoire :

a) Rapidité de l'intervention ;

b) Fermeture rapide de la paroi avec des fils métalliques en un seul plan ;

c) Anesthésie rachidienne ou générale à l’éther ou au mélange de Schleihr ;

d) Intervention sur place pour éviter le risque d’une nouvelle hémorragie.

Si on envisage d’autre part, au point de vue clinique, les

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sujets qu’on opère, on constate qu’il s’agit très souvent de malades jeunes, de 20 à 40 ans, donc ordinairement sans tares organiques ou viscérales, sans maladies intercurrentes susceptibles d’aggraver l'intervention chirurgicale : par ‘ conséquent ces malades devraient guérir. KE

Si l’on pratique systématiquement l’autopsie des malades qui ont succombé' à l'intervention, on trouve rarement des lésions de péritonite généralisée.

D'ailleurs, on peut constater que l’élévation thermique qui suit l'opération ne diffère guère de celle qui la précède: 38° à 38°5, sans frissons.

Sauf coïncidence d’infection par annexite antérieure, il s’agit vraisemblablement de fièvre de résorption de pigments sanguins, comme Tuffier l’avait établi à propos des hémothorax. FM

De même, l'examen bactériologique de la sérosité sanguinolente qu’on trouve au cours de l’intervention soit dans le pelvis, soit dans la trompe gravide, ne révèle en général aucun microbe dangereux pouvant déterminer une péritonite aiguë généralisée susceptible d’entraîner la mort.

. Des complications post-opératoires d'ordre mécanique, telles que l’occlusion intestinale, se produisent bien quelquefois mais sont, en somme, assez rares. |

Aussi, devant les constatations négatives de l’autopsie, est-on en droit de penser que la mort consécutive à l’intervention pour grossesse extra-utérine rompue ou compliquée n’est pas une mort chirurgicale par infection ou accidents post-opératoires, mais bien une mort médicale.

Elle survient d’ailleurs bien rarement au cours des 12 premières heures et par shock opératoire; ce qui ne nous étonne pas, puisque l'opération est simple, rapide, sans tiraillements des plexus nerveux pouvant déterminer par réflexe une inhibition fâcheuse sur le cœur, les vaisseaux ou le bulbe.

Le plus souvent la mort survient de 24 à 48 heures après l'intervention; elle se produit sans douleurs, sans vomisse-

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ments, après qu’il y a eu émission de gaz et évacuations fécales montrant l'intégrité fonctionnelle du péritoine.

1 Seulement on note jusqu’à la mort une teinte terreuse des téguments et une accélération progressive du pouls qui devient en même temps mou et irrégulier et dont la tension baïsse progressivement.

La décoloration de la peau et des muqueuses ne coïncide pas avec des sueurs, des lypothimies, ou cette agitation typique symptomatique d’une nouvelle hémorragie.

En résumé, l’observation clinique et les constatations anatomiques permettent d'établir que la mort est due à une anémie aiguë progressive comparable à une crise pernicieuse, qui s'accompagne d’une paralysie cardiaque et d’une insuffisance artérielle ne permettant pas au sérum injecté de relever la circulation et le tonus cardio-vasculaire.

En tenant compte du volume des caillots et du sang liquide qui baigne les anses intestinales et tous les recoins de l’abdomen jusqu’aux coupoles diaphragmatiques, ou en évacuant l’épanchement à la pompe aspiratrice chirurgicale, on peut évaluer de 1.800 à 2.500 grammes la quantité de sang sortie des vaisseaux.

Il en résulte que par rapport à la masse totale du sang, c’est-à-dire 5 litres environ chez la femme, un tiers ou plus du sang de l'individu se trouve épanché hors des vaisseaux, non pas probablement évacué en une seule fois, car alors la mort surviendrait immédiatement ou se ferait en quelques heures, comme cela se produit dans certaines inondations péritonéales, où la femme est saignée à blanc et meurt soit avant l’arrivée du chirurgien, soit au cours de l'opération. |

Le plus souvent le sang épanché s’est collecté en plusieurs fois grâce à deux ou trois hémorragies successives pouvant se produire à quelques heures ou quelques jours d’intervalle : d’où la variété des tableaux symptomatiques que

l’on observe.

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