L’ARGUMENT DE CALOT
Calot prétend ne recevoir confirmation de sa théorie que de l’unanimité des faits.
C’est pourquoi nous le voyons au Congrès de Chirurgie de 1922 défendre pied à pied ses idées en s’efforçant de démontrer que les hanches prétendues normales de Waldenstrôm. (Lyon Chirurgical, 1923), de Sorrel et de Calvé sont en réalité le siège d’une subluxation congénitale.
Les objections ne lui ont pas manqué et dernièrement encore Mouchet et Rœderer publiaient un cas d’ostéochondrite survenu sur une hanche normale; Delchef en avait publié un en janvier 1926. Calot les réfuta le second pour insuffisance d'examen, le premier en établissant sa comparaison habituelle avec
une hanche du même âge normale.
Ce dernier point est encore à noter.
Théorie de l’origine purement inflammatoire
Frœælich, en 1923, a publié dans la Revue de Chirurgie un intéressant et copieux mémoire dans lequel il groupe sous le nom de coxites de croissance un cer- {ain nombre d’observations cliniques et radioscopiques, où il est facile de reconnaître les mêmes faits dont Preiser, Jansen et Calot avaient voulu donner l'explication par la théorie mécanique. *
Ce qu’il y a de remarquable ici, c’est le petit nombre de faits sur lesquels la théorie est appuyée :
Le principal est sans doute celui de Vignard qui a
— Al ——
trouvé du staphylocoque dans des débris articulaires prélevés opératoirement.
Par contre Froælich cite lui-même des arguments contraires à sa théorie : Douleurs disparaissant après stabilisation d’une hanche subluxée.
Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de ce long mémoire. Notons seulement une conception toute particulière de la coxa valga et de la coxa vara, qui ne seraient qu’une forme d’épiphysite fémorale supérieure des enfants âgés.
Guillemin a suivi Frœlich dans cette conception. .
L’ostéochondrite est ainsi rapprochée de la coxa vara comme elle lavait été au début (Perthes). Frœlich en fait l’épiphysite fémorale supérieure des jeunes enfants.
Sans aller aussi loin dans leurs affirmations et surtout sans prétendre connaître le fond du débat, la plupart des auteurs paraissent croire à l’importance primordiale jouée par le facteur infectieux, auquel viendraient se surajouter toutes les causes générales ou locales pouvant diminuer à un moment donné la résistance des cellules aux germes en cause.
Le principal argument de ces autsurs, parmi lesquels sont les premiers qui ont mis en lumière les accidents douloureux non imputables à la tuberculose au niveau de la hanche, est le caractère cyclique de ces manifestations.
Waldenstrôm par exemple leur a décrit :
1° Une phase d'évolution durant 3 à 4 ans, avec un
premier stade consistant en décalcification fragmen-
La
taire de l’épiphyse, puis un deuxième stade se traduisant par la fragmentation de ce noyau.
2° Une phase de réparation durant 1 à 2 ans et pendant laquelle une recalcification ramène l’homogénéité dans ce noyau.
3° Une période d’accroissement qui dure jusqu’à la terminaison de l’ossification.
4 Un stade final sous lequel la coxa plana atteint sa forme définitive.
Cependant cet auteur ne conclut pas en faveur de la théorie inflammatoire lorsqu'il écrit :
« Le fait primaire est une prolifération des cellules cartilagineuses et osseuses de l’épiphyse et du col, accompagnée d’un ramollissement de la partie médiane de la tête du col. L’aplatissement serait le résultat de facteurs exclusivement mécaniques. »
Quelle est la cause sur laquelle Waldenstrôm ne se prononce pas et qui aboutit à la prolifération cellulaire ?
Waldenstrôm remarque ailleurs que les autres régions du squelette au niveau desquelles on peut retrouver des signes radiologiques communs : Tubérosité du Tibia (maladie de Schlatter), Apophyse du calcanéum, Os naviculaire (maladie de Kohler), SOU justement celles qui sont exposées aux lignes de force les plus puissantes.
Après avoir ainsi envisagé l’hypothèse du surmenage ostéo-articulaire, Wlerenstrôm envisage l’hypothèse de l’origine vasculaire des troubles, puis l’hypo-
thèse de la congénitalité à laquelle d’ailleurs il ne