L'INFLUENCE DE LA STATIQUE DE LA HANCHE DU CÔTÉ OPPOSÉ
À priori, il pourrait sembler que cette statique n’influe que lorsqu'elle est profondément modifiée, dans le cas de luxation congénitale unilatérale.
En réalité, l’observation II nous montre que la désaxation s’accentue lorsqu'on a réduit la luxation.
M'e Le Scolan cite une observation analogue.
C’est réduire à néant l’opinion de ceux qui ne voient dans les malformations du côté dit sain d’une luxation unilatérale de la hanche, que des déformations secondaires au surmenage imposé à une articulation primitivement saine.
Il nous paraît au contraire que cette influence s'exerce favorablement en faisant de l’abduction du membre opposé à la luxation, et la fréquence des associations entre les désaxations congénitales et la luxation n’est que dans une identité d’origine
En fait, sur 50 luxations unilatérales, nous avons trouvé du côté opposé 30 désaxations congénitales.
Par contre, l’absence de luxation complète réalise au cas de désaxation uni ou bilatérale, la condition optima pour que celle-ci produise le maximum de troubles. (Obs. XII, XIII.)
Nous réservons pour le début de notre chapitre de
Thérapeutique ce que nous pensons de la guérison spontanée et des rapports qu’elle a avec la présence d’une luxation.
En résumé, il nous paraît que :
1° L'étiologie congénitale des désaxations de la hanche, de types déjà étudiés sous d’autres titres, ne peut être mise en doute.
20 Cette malformation congénitale, dont la nature nous échappe, se traduit par un arrêt dans le développement du bassin-et du fémur, qui restent mal orientés et insuffisamment modelés. (Théorie de Le Damany.)
3° C’est elle qui fait la désaxation et c’est cette désaxation qui entraîne, par le jeu des forces dont la hanche est le siège, d’une part un déplacement des surfaces articulaires, d’autre part une déformation de ces surfaces.
4° Déplacement et déformation suffisent à expliquer signes cliniques objectifs et fonctionnels; il est plus difficile, par contre, de saisir le mécanisme de leurs modalités d'évolution.
5° La luxation congénitale de la hanche ne crée pas de toutes pièces pour la hanche opposée une désaxation. Bien au contaire, quand cette désaxation existe, ce qui est très fréquent, elle a sur elle une influence correctrice.
Cette fréquence n’est pas la seule parenté étiologique de la désaxation et de la luxation, mais au contraire on peut dire qu’il n’y a pas une circonstance étiologique à envisager pour la luxation qu’on ne
puisse invoquer pour la désaxation. Cela revient à dire que leur origine est la même. |