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LES ÉLÉMENTS DU SANG

Le sang des insectes a été l’objet de nombreux travaux parmi lesquels je citerai ceux de Graper, de Carranes, de L. Cué- Not (1891-92-97), de S. Méraznikorr, de M. Kozzmanx (1908), de CH. HozrandE (1909-11), de A. Parzcor (1919, etc.), ete. Ces différents auteurs ne sont pas toujours d'accord sur les termes à employer pour désigner les éléments sanguins ; mais, n'avant pas en vue une étude approfondie du sang des Hémiptères aquatiques, je me contenterai seulement de signaler les principaux éléments qu'on y rencontre en me servant, pour leur nomenclature, des termes Les plus souvent employés.

Les éléments sanguins des Hémiptères aquatiques, tant par leur aspect général que par leur genèse au cours de la croissance, sont à peu près semblables chez tous les représentants du groupe. Je les étudierai, en particulier, chez L. gibhafera.

Afin de rendre les observations plus aisées, il est préférable de choisir des larves au voisinage de la dernière mue. C’est à ce stade, en effet, que le sang est Le plus abondant et le plus riche en éléments figurés. Les éléments figurés du sang sont les suivants : des proleucocytes, des leucocytes jeunes, des leucocytes âgés, des leucocytes à inclusions grasses, des leucocytes à granules, des œnocytes leucocytoïdes, des cellules séléniformes.

a. Proleucocytes (leucocytes de premier ordre de Mreraz- Nikore ; stade I de Korzmanx, micronucléocytes de PAILLOT, proleucocytes de HozLanpe). — Ge sont des cellules généralement arrondies, dont les plus petites mesurent 2 u de diamètre (fig. 14, pl. VI) et dont le noyau peut occuper presque tout le corps de la cellule. On les observe dans toutes les parties du corps ; mais, ils sont surtout abondants entre les lamelles de tissu adipeux et sous l’assise hypodermique abdominale, où ils se multiplient par mitose. Leur cytoplasme à une réaction basophile.

b. Leucocytes jeunes (stade IT de Kozzmann). — Ce sont des éléments amæboïdes, mesurant de 9 à 12 u, et dont la forme est très variable. Le noyau des leucocytes jeunes est très riche en chromatine (fig. 15, pl. VI), et leur cytoplasme est faiblement acidophile. Ces leucocytes renferment fréquemment une ou deux vacuoles; ce sont des éléments phagocytaires. Ils se multiplient activement par mitose.

c. Leucocyles dgés. — Ces éléments, nettement amæboïdes (fig. 16-17, pl. VI), s’observent entre les fibres musculaires, entre les lobes du tissu adipeux et, d’une manière générale, là où les autres types de leucocytes sont rares. Ils sont caractérisés par la présence d'inclusions très sidérophiles. Les leucocytes âgés ont un rôle phagocytaire important; au moment de la mue imaginale ils phagocytent, en particulier, les boules nucléaires et cytoplasmiques en dégénérescence, rejetées par Les cellules hypodermiques. Ils peuvent, en outre, se charger d'enclaves albuminoïdes ; dans ce cas ils atteignent, chez L. gibbifera, jusqu'à 25 x dans leur plus grande longueur (fig. 18, pl. VI). Le noyau des leucocytes âgés est fréquemment étiré sous forme de boudin (cf. Horranne chez Pyrrhocoris).

d. Leucocyles à inclusions grasses (adipoleucocytes de Ho.- LANDE). — [ls sont généralement un peu plus volumineux que les éléments précédents (fig. 19, pl. VD) ; ils présentent soit une

grande vacuole, soit plusieurs vacuoles de petite taille, dont le contenu noireit par l'acide osmique. Le cytoplasme se colore activement par l’éosine ou l’érythrosine, et la méthode de Mann permet d'y mettre en évidence des granulations d'un rouge vif. Ces leucocytes sont surtout abondants chez les larves âgées, où on les observe mêlés à de nombreuses cellules adipeuses libres. J'ai observé la transformation des leucocytes à inclusions grasses en adipocytes. Il est aisé de trouver tous Les types intermédiaires entre ces deux types cellulaires et, cela, particulièrement dans les muscles vibrateurs anormaux des Népides.

ce. Leucocytes à granules. — Ces leucocytes se montrent toujours fort peu nombreux, tant sur les frottis du sang que sur les coupes. Leur cytoplasme est bourré d'inelusions fortement sidérophiles (fig. 20-21, pl. VI). Ces éléments sont surtout abondants entre les fibres musculaires, au moment de la mue imaginale.

f. OŒnocytes leucocytoïdes (œnocytoïdes de Fozraxpe ?). — Ce sont les éléments que j'ai décrit avec les œnocytes. Ils sont abondants dans Le sang des larves âgées. Ils ne présentent pas de mouvements amœæboïdes et sont toujours régulièrement sphériques ; leur diamètre varie entre 7 et 11 1. Je n'ai pas observé leur multiplication par mitose. A. Parrot (1919) signale cependant avoir observé, chez une chenille de Piéride, un noyau d’« ænocytoïde » en état de mitose. Les œænocytes leucocytoïdes sont rares chez l’imago âgée des Hémiptères aquatiques et, en particulier, de Gerris.

g. Kléments séléniformes. — En plus des éléments précédemment décrits, on observe toujours dans le sang des larves des Hémiptères aquatiques, des cellules à caractères nettement ermbryonnaires et qui sont indiscutablement des histoblastes. Ces éléments sont appelés à disparaitre. Cependant, chez de jeunes imagos de Gerris, j'ai constaté l'existence de cellules allongées, parfois en forme de croissant, qui sont peut-être des histoblastes non utilisés et ayant persisté. Je rapproche ces éléments des celiules séléniformes observées par E. Poyarkorr chez la Galéruque de lOrme. Notons que, d'après HoLLaNDE (1911), les cellules séléniformes de la Galéruque seraient de

jeunes phagocytes.

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