‹ Contribution à l'étude des hémiptères aquatiquesChapitre 29 sur 42 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

L. Certaines espèces septentrionales d'Hémiptères aquatiques (L. odontogaster, A. vernicosa) ont pu s'acclimater et faire souche dans la région littorale normande. [1 en est de même en ce qui concerne des espèces considérées comme méridionales (N. maculata, L. costæ, N. maculatus, M. pygmea).

A. venusla, connue seulement jusqu’à ce jour d'Angleterre et du littoral méditerranéen français, existe aussi dans les eaux supralittorales du nord ouest de la France.

La majorité des espèces d'Hémiptères aquatiques est ubiquiste. Cependant, certaines espèces : À. lugubris, hieroglyphica, Striata, venusta, C. affinis, L. costæ, lacustris, argentata,

N. maculatus, N. viridis et glauca sont nettement euryhalines, tandis que d’autres : N. maculata, L. gibbifera, H. najas, V. currens, paraissent fuir les eaux saumâtres. Dans ce cas, la salure de l’eau semble surtout agir sur les larves (cas des Notonectes).

Il. Les Hémiptères sus-aquatiques, en règle générale, ne plongent pas. La température est un des facteurs prépondérants qui détermine le vol. Les Nèpes et N. cimicoides ne volent pas.

IT. Les Hémiptères aquatiques offrent de nombreux exemples de coaptations (pattes ravisseuses des Nèpes, Ranatres et Naucores ; boutons-pression des Notonectidæ, Nepidæ, Naucoride : appareils d'accrochage des ailes, ete.). Ces dispositifs se transmettent héréditairement. Le développement s'effectue chez l'embryon ou la larve sans aucun contact ni réaction mécanique possible des futures régions coaptantes.

IV. Les indications fournies par l'étude des pièces de l’armature génitale, et en particulier du squelette pénial, constituent, pour les différentes espèces étudiées, de bons caractères spécifiques. L’organe copulateur est un appendice généralement bien différencié, mais dont la complication de structure varie beaucoup suivant les espèces. Le eanal éjaculateur (pénis proprement dit) est parfois libre à l’intérieur d’un fourreau et dévaginable.

V. L’assise chitineuse tégumentaire est sécrétée par les cellules hypodermiques par l'intermédiaire d'une brosse très nette. Au moment de chaque mue il y a formation d'une couche de liquide intereutieulaire. L'assise hypodermique est le siège d'un remaniement profond vers la fin du dernier stade larvaire (rejet de boules d'épuration). Les petites glandes hypodermiques monocellulaires doivent vraisemblablement sécréter une substance hydrofuge, destinée à imprégner les fins poils chitineux qui recouvrent le corps de l’Insecte (cf. Porrier).

VI. Les glandes labiales et maxillaires des Hémiptères aquatiques sont avant tout des glandes venimeuses.

VII. L'activité des curieuses cellules connues sous le nom d’œnocytes, ne parait pas être la même chez tous les Hémiptères aquatiques. Cependant, chez ces Ptérygotes, les œnocytes peuvent être considérés, en général, comme des cellules régulatrices de l'organisme; elles contribuent à maintenir cons-

tantes les conditions physico chimiques du milieu intérieur dé l'Insecte.

Le sang des Gerridæ renferme de nombreux adipoleucocytes ainsi que des petits œnocytes leucocytoïdes ; ces derniers éléments prennent naissance par bourgeonnement des œnocytes au moment des mues. ”

Le tissu adipeux s’accroit d’une part, grâce à la multiphcation de ses éléments et, en outre, par l’apport d’adipoleucoeytes. La multiplication mitotique des noyaux a surtout lieu au moment des mues. Il n'existe pas de cellules à urates nettement différenciées.

VIT. L’épithélium de l'intestin moyen des Hémiptères aquatiques-vrais est beaucoup plus différencié que celui des susaquatiques. Tous les aquatiques-vrais possèdent une ampoule et une gouttière rectales. L’ampoule fait défaut chez tous les sus-aquatiques et la gouttière est assez mal différenciée chez ces derniers. La première région de l'intestin postérieur des aquatiques-vrais est riche en trachées intracellulaires, particulièrement abondantes dans de petites papilles rectales.

Les jeunes larves de Notonectes paraissent bien présenter une respiration rectale.

IX. L'accouplement, la ponte et l'éclosion, des Hémiptères aquatiques, sont intimement liés à la température. L'œuf des aquatiques-vrais est très pneumatisé et présente des appendices apicaux plus ou moins développés. Celui des sus-aquatiques présente une structure beaucoup plus simple et ne possède pas d’appendices. La région micropylaire est indépendante du dispositif pneumatique apical.

L'embryon des Gerridæ possède un appareil de rupture du chorion. Cet appareil manque chez les aquatiques vrais.

Le développement larvaire des Hémiptères aquatiques comporte 5 stades et les larves subissent 5 mues successives avant d'arriver au stade imago.

Page 1